vendredi 1er juillet 2022

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La pluie d’été

Thibaud Yevnine

, Thibaud Yevnine

Quand j’ai fait cette série, j’ai eu besoin de trouver un contact direct avec les choses, d’avoir une prise sur le réel, les paysages, les marches dans les Cévennes ou les piments sur ma table en bois.

La photographie numérique ne m’a jamais donné la sensation d’avoir le contact. Elle m’a souvent donné la sensation de la vitesse, d’une certaine fulgurance et d’une grande facilité. Mais la photographie argentique, qui plus est avec un appareil grand format, me donne le sentiment de retrouver la présence des choses, de retrouver le contact. En ralentissant les différents flux autour de nous, on trouve la lenteur, la pensée lente, qui est la pensée analytique. On se pose, on se dépose.

Mes images représentent certainement, plus que des piments, des pierres ou des avancées de mer, tous les paysages intérieurs qui évoluent en moi depuis des années. Quand je dis paysages, je veux parler de la littérature, de la musique, de la danse et du cinéma. Je cherche moins à faire des images qu’à continuer tout ce que je ressens après un film ou une lecture. En continuant ce qu’on ressent, on se continue soi-même, on pose des balises dans l’existence. C’est une quête de sens bien sûr, mais plus encore, c’est un sens de la quête, une manière de garder l’équilibre et d’entrer en diapason avec d’autres œuvres, d’autres artistes et ceux et celles qui nous entourent.

Voir en ligne : www.thibaudyevnine.com

Les photographies que je présente ont été prises à la chambre 4x5 inch, entre 2016 et 2019. A partir des plans-films, des tirages au palladium ont été réalisés par le tireur Pascal Bonneau sur papier japonais. Ce sont des "tirages-contacts", c’est-à-dire qu’ils font la dimension exacte du négatif (du plan-film), soit 10x12 cm.