lundi 25 février 2019

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Dans Un Grain V

Épisode 5. Crashed Cars.

, Guillaume Dimanche

Dans Un Grain est un récit photographique en diptyque, un collage. Une série dont chaque épisode porte un regard sur une particularité majeure, ou parfois moins visible du pays. En tentant de rester en dehors des clichés, des « révélations » transmises par les réseaux d’information traditionnels, des a priori historiques post-coloniaux à tendances nationalistes, les angles abordés veulent montrer une culture en pleine croissance, en écriture, donc inconnue.

Par son approche artistique, Dans Un Grain est un regard plus loin, pas seulement documentaire, un chant, un champ poétique, un jeu de dominos.
La plupart des clichés a été faite depuis l’intérieur d’une automobile, en conduisant.

Au Moyen-Orient l’intimité est particulièrement protégée, une partie de la vie publique, plus que partout, s’exprime alors par l’automobile. L’outil est absolument nécessaire à tous, puisque les services de transport de personne, publics ou privés, sont quasi inexistants, parfois dangereux et comportent toujours de grandes contraintes. Le véhicule privé, particulièrement dans ce pays-village ou l’habit est national autant que social, représente un positionnement individuel indispensable de sa situation par rapport à l’autre, aux autres, famille, amis, communautés. C’est aussi un melting-pot sans presque aucune référence externe, pour personne. Un pays où le concept même de route n’est pas encore complètement intégré par tous - ce qui permet une liberté inattendue -, la signalétique une contrainte, voire un jeu et les codes de conduite aussi variés que l’ensemble des cultures de chaque coin des quatre continents habités. Ajoutons des échanges financiers qui permettent à certains d’accéder à des véhicules hauts de gamme, voire de luxe, en tous cas souvent très puissants, aussi facilement que n’importe lequel de nos objets quotidiens, un jouet, pour la plupart d’entre nous.

L’épisode 5 nous emmène dans les déchets de la route. Il n’y a pas de petits « pocs » sur ces autoroutes urbaines. Le véhicule abîmé est rarement seul. On trouve alors de véritables panoramiques, deux clichés pris à la suite, dans ma même seconde. Il y aussi certaines images construites autour d’un même véhicule sur plusieurs semaines, ou encore un même bord de carrefour, deux mêmes plans enregistrés avec un écart de six mois.
Un parcours à travers la ville, le pays, depuis les centres financiers, diplomatiques, commerciaux, jusqu’au cœur du désert, en passant par zones résidentielles ou industrielles. Tous les jours on peut croiser des épaves, fraîches ou abandonnées depuis des années.