jeudi 29 juillet 2021

Accueil > Les rubriques > Voir & écrire > Aller aux chars bons

Aller aux chars bons

, Elizabeth Prouvost et Jean-Paul Gavard-Perret

« C’est là, au seuil de la ville, immense, tentaculaire, de cette première nuit sans toi, que j’ai commencé à comprendre. Combien je t’aimais. » (Annie Cohen)

Place aux détails, aux émanations ou aux biffures. L’image liée au corps. Transporté d’extase, suçant à tes mamelles des images mères. Des images soudain nous reviennent (au sens gastrique du terme). Elles sont familières en une alliance inconnue. Elles reposent sur notre connivence tacite et secrète. Sur une complicité aussi. Non dans ce qui fut mais ce qui persiste et creuse. Nous décrire délivre du néant. Ne pas se livrer à la puissance nos images c’est préférer la douleur au plaisir de la pénétration.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Mouilleuse d’exception aux culottes buvards : jouer de mon biniou pour que tu accomplisses des tours de manège. Mais auparavant je lèche tes babines du bas au goût de revenez-y. Finis nos rapports platoniques qui se limitaient à quelques cunnilingus et un nombre restreint de sodomies. Et ce avant de finir par sympathiser en quatre jambonneaux et une saucisse.
 
Je bouffe tes aisselles, je te lèche partout, je suis sueur et voracité, je veux te voir gémir, gueuler, implorer. Mes yeux se plantent dans les tiens, ma bouche gobe tes seins, mes mains pétrissent ta croupe, tu me griffes le dos. Notre souffle dans sa course effrénée. Mon corps se fait lourd sur le tien. Tu veux me lécher mais cela viendra plus tard : pour l’heure ma verge entre en toi et te remplit de son sperme.

Je te prends de ma langue et de mon doigt. Ensuite je vais le lécher devant toi. Tu pisses dans mes mains pour que je badigeonne mon corps et je remets çà : je frotte ma queue à ta fente baveuse de chienne des rues. Jambes écartées tu hurles et mes fesses se contractent au rythme de tes hanches avant que tout finisse après nos insultes en un cri d’amour. Mon anaconda visite ta profondeur jusqu’au point de non-retour.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Jupe si courte qui ne pourrait cacher l’amorce de tes bas jarretières. Dans le train de nuit tu sors mon sexe fier et droit, tu commences à le branler avant de l’avaler. Les voyageurs qui assistent à notre scène se permettent aussi des attouchements. L’un sort sa courgette et la branle à deux mains au moment où t’ayant relevée je te pénètre. Devant nous une femme funiculaire funicula a relevé sa jupe pour que son voisin puisse lui bouffer la chatte. Ton désir grimpe encore d’un cran. Ton orgasme provoque celui de l’homme qui se branle. Et prenant la place du visiteur sous la jupe de la femme tu vas t’occuper d’elle. Tu sais qu’elle va jouir. Elle ferme les yeux sur un plaisir pour elle jusque là inconnu.

A cheval sur toi elle tourmente tes tétons noirs puis descend vers ton entrejambe. Elle retire le bas de ton maillot de bains. Elle enfonce dans ta petite chatte deux doigts manucurés. Langue lèche aussi. Ses gestes sont précis. Elle branle ton clitoris et tu attrapes ses cheveux pour accompagner le mouvement. Tes cuisses se referment brutalement sur son visage au point de l’étouffer. Ton bassin se soulève et dans une convulsion tu deviens femme fontaine dans sa gorge. Elle te boit en un lapement sonore gourmande de ta volupté.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

En glissant les doigts dans son sexe elle en ressort une boule de geisha qu’elle utilise n’importe où, avec n’importe qui. Dans le bus elle se donne ainsi du plaisir sans que les autres ne se doutent de rien. Elle est déjà toute mouillée tu n’as qu’à la finir, l’achever, dilatée avide de recevoir n’importe quoi dans son orifice.

Je t’attache et tu te laisses faire car fatiguée d’avoir déjà joui. Je te mets sur le ventre en écartant tes fesses et dilater ton trou en y mettant la langue. Je la fais aller et venir, l’enfonçant de temps à autre dans ton canal. J’y glisse un doigt, puis deux puis la main. Tu te cambres. Entravée et disloquée tu te fais enculer ici et maintenant en gémissant. Pour finir je claque tes fesses et te dis bonne nuit.

« Lèche ma poitrine commence par le sillon sous mes seins. Tu me burineras plus tard fumier ! Maintenant enlève ma culotte avec tes dents. Débrouille toi, allez allez ! Nettoie moi l’entrejambe avec ta langue. Passe là soigneusement entre mes petites lèvres.? Ton nettoyage me donne envie de pisser, suis-moi aux toilettes ». Pour finir les dernières gouttes je m’installerai carrément sur tes lèvres.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Nue devant toi je t’ordonne de ne pas bouger. Je croise et décroise les jambes pour t’exciter. Je t’interdis de te branler pendant que je me donne du plaisir avec la caissière du Super U venue me rejoindre pour me titiller. Toi tu ne passeras pas par où elle passe. Contente-toi de nous mater. Bonne fille ma compagne de temps en temps caresse tes joues avec la pointe de sa chaussure.

Tu as ouvert les lèvres pour l’enfourner dans ta bouche. Tu suces, mordilles, lèches. En m’aspirant tu fais remonter la vie dans ma verge. Tendue elle écarte ta bouche. Tu la suces lentement, je me mets à bouger m’enfoncer vers ta gorge. De ta main te l’enfermes laissant que le gland dans la bouche que ta langue enroule. Tu sens que je vais jouir, tu serres davantage, tes joues pompent. Je me répands, me déverse dans ta bouche. Apaisé mon sexe se rendort. Tu te blottis contre moi.

Une musique rock nous réveille. Une vieille entraîne une fille sur la piste. Nue, elle danse, provocante - tremblement de ses fesses, ventre rasé qu’elle tend vers l’avant. Une autre fille arrive : toi. Tes seins frottent contre ceux de la première. Des couples se reforment. Ma langue s’empare de ton trou noir. Tu gémis de tant de douceur. Elle poursuit sa route, s’introduit, humidifie, puis un doigt, puis mon membre. Il ramone ton anneau serré. Tu me demandes de ne plus bouger : tu t’enfonces sur la verge et mes doigts branlent ton clitoris.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Je me masturbe. Et toi aussi. Tu as passé tes doigts sur tes tétons, puis tu as glissé les doigts dans ton sexe. Tu m’entends gémir et je gémis aussi. Tu reçois mon sperme sur tes seins.

Appuyée sur une chaise, jambes droites, croupe offerte. Ta respiration saccadée. Ma main s’abat sur une de tes fesses puis sur l’autre. J’entame des tapes violentes et régulières. Ton cul insolent me fascine. Tu mouilles, ma main glisse entre tes cuisses. D’un coup sec je te pénètre et je t’entends crier.

Ma chambre puante, mes draps tachés. Je te pisse sur les doigts et ensuite ils me branlent. Les draps collent aux fesses mais ton huître ouverte brille. Mes doigts la trifouillent et je l’ai déjà huilée du sperme qui a coulé par ta branlette.

Je bats tes fesses, je te pénètre, je t’enfile. Puis je garde ta culotte trempée sous mon oreiller.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Une vieille vient quand tu me suces car elle veut recueillir mon foutre dans ta bouche. Tu l’embrasses pendant que tu le transvases et quand elle écarte les cuisses ma langue s’enfonce dans son vieux sexe dégoulinant. Puis tes doigts caramélisés de merde battent son cul. Elle caresse tes cuisses puis te mitraille de ses doigts dans ta chatte avant de quitter la chambre où je finis par te violer. Tu dois alors pisser comme pour te vidanger.

« Touche moi, griffe moi » dit-elle en t’offrant deux seins que tu ne penses qu’à malaxer, à maltraiter. Ils sont beaux sous tes ongles. Les tétons rougissent. Une perle de sang. Vous aimez cela, vous respirez le frôlement. Elle jouit de tes sévices et toi tu t’en régales. Tu la sais chienne aboyante et chaque fois elle urine après l’amour.

Plus tard vous riez, vous bouffez la joie, vous mordez vos cris. Elle écarte tes cuisses et te branle. Tu sens les picotements dans tes poils pubiens, tu sens des chatouillis dans ton utérus. Tu recommences à gémir. Elle enfonce ses doigts. Tu poses tes mains sur ton ventre. Tu transpires le plaisir. Cigale tu en fourmilles.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Ne se contentant pas de m’avoir sucé, tu lèches ma queue luisante de sperme et encore mielleuse de nos jus d’amour. Pourtant tu fais la tête en ramassant ton sac et ta culotte déchirée. Soudain tu éclates : « je t’avais demandé d’être violent, de me gifler, de me faire mal. Mais même une bonne sœur ne se serait pas sentie violée, même une pucelle n’y aurait pas cru ». Pour ce soir je ne pourrai plus se branler entre tes seins. Tu as rabattu sa jupe, fini pour moi les gourmandises. En gourgandine file au hammam pour trouver de ballantes mamelles et saisir entre tes cuisses ouvertes celle contre laquelle elle fait patiner son clitoris. Tu soupèses les seins, les presse, les écrase, agace la pointe dressée de chaque téton et mord les cheveux lissés qui glissent entre ses dents comme un filet d’eau.

Tu prends ma place dans la partie basse de la vieille, jambes ouvertes. Tu lèche son sexe et je verse un peu de champagne dessus. Les bulles éclatent entre ses poils et le liquide coule le long de la fente. Tu as trouvé l’entrée de sa cavité large, dilatée, accueillante. Une largesse de vieille qui n’a rien à voir avec ton étroitesse excitante. Tes doigts dansent, tournent, retournent massent la chair intérieure. Ayant joui elle te redresse pour envahir ta bouche de sa langue. Et je caresse ton petit trou avec mon zob.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve

Tu es lumineuses dans la pénombre. Dehors la nature devient mystérieuse presque incompréhensible. Et seul le lit reste havre de paix. Soudain l’audace ailée des migrateurs n’est plus utile. La sérénité possède la voix sourde du végétal. La lumière se noue sur ton mince triangle. Il laisse espérer l’étreinte. Il prend appui sur l’instant, au creuset de l’été.

La souffrance est là. Mais l’angoisse se métamorphose en une expérience intérieure, mystique et quotidienne qui pousse à la vie et sa reconquête. Un souffle effleure l’orchidée, si bien même séparés de nous-mêmes la route reste ouverte quand je t’assois sur moi en face à face et cuisses ouvertes. L’imagination reconstruit, remonte et met en correspondance ce qu’elle contemple. Ce n’est pas une peau, une pellicule, un écran. C’est un bain capable de ramollir la peau de l’inconscient et de l’atteindre. Symbiose à mesure que tu fais durcir mon sexe. Volupté criminelle non du réel mais son déplacement vers l’intérieur. En ce sens elle nous regarde tout autant que nous la regardons. En faire un arrachement non une virginité.

Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve
Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve
Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve
Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve
Elizabeth Prouvost — Désordrebouillonnement jaunâtre égout et fleuve