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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>La lic&#233;it&#233; de la repr&#233;sentation de la Vierge enceinte dans le catholicisme</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucienne Cordier</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le livre de Marc Lenot aux &#233;ditions Cinabre, &lt;i&gt;La micro-aventure de la Vierge enceinte,&lt;/i&gt; &#224; propos du devenir de la fresque &lt;i&gt;La Madonna del Parto&lt;/i&gt; de Piero della Francesca (vers 1420-1492), montre bien toute l'ambigu&#239;t&#233; de l'&#201;glise envers la repr&#233;sentation corporelle de la Madone enceinte. Ce texte a pour but d'&#233;clairer cette ambigu&#239;t&#233; d'un point de vue &#224; la fois historique et th&#233;ologique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH130/la-madonna-del-parto-di-piero-della-francesca-e911a.jpg?1775383487' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le livre de Marc Lenot aux &#233;ditions Cinabre, &lt;i&gt;La micro-aventure de la Vierge enceinte,&lt;/i&gt; &#224; propos du devenir de la fresque &lt;i&gt;La Madonna del Parto&lt;/i&gt; de Piero della Francesca (vers 1420-1492), montre bien toute l'ambigu&#239;t&#233; de l'&#201;glise envers la repr&#233;sentation corporelle de la Madone enceinte. Ce texte a pour but d'&#233;clairer cette ambigu&#239;t&#233; d'un point de vue &#224; la fois historique et th&#233;ologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moins depuis l'an mil, la Vierge Marie est la femme la plus v&#233;n&#233;r&#233;e au monde, la plus c&#233;l&#233;br&#233;e. Elle est celle qu'on salue, qu'on implore, celle qui interc&#232;de, celle pour laquelle on chante des psaumes et on r&#233;cite des litanies de pri&#232;res. Celle dont des millions de femmes portent le nom. Celle que les artistes ont tant de fois repr&#233;sent&#233;e. Certaines de ces images sont resplendissantes de beaut&#233; et d'autres sont de m&#233;diocres bondieuseries. Ses repr&#233;sentations sont souvent des symboles, des dogmes : Marie des Sept Douleurs (Mater Dolorosa), Marie &#233;crasant le serpent, Marie Reine du monde, Reine des cieux, en majest&#233;, la Madone de l'humilit&#233;, la Vierge consolatrice, m&#233;diatrice, de compassion, l'Immacul&#233;e Conception, et la Madone de la Mis&#233;ricorde. Et la plus fr&#233;quente, la Vierge &#224; l'Enfant, que ce soit une sc&#232;ne familiale intime, de jeu ou d'allaitement, ou que ce soit une repr&#233;sentation plus majestueuse avec saints, anges ou donateurs. Mais jamais, au grand jamais, la Vierge enceinte, image rarissime dans l'iconographie chr&#233;tienne, qui a &#233;t&#233; constamment occult&#233;e par l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en tant que femme et th&#233;ologienne, je veux affirmer haut et fort que Marie n'est pas un pur esprit, un mythe d&#233;sincarn&#233;, mais qu'elle est une femme, une femme avec un corps de femme : des seins, des fesses, des organes sexuels. Comme moi. Comme nous toutes, Marie a menstru&#233; tous les mois, et parfois c'&#233;tait douloureux. Elle a &#233;t&#233; une jeune fille comme toutes les jeunes filles. Belle, brune, les cheveux boucl&#233;s ; Palestinienne, donc sans doute plus basan&#233;e que ses repr&#233;sentations habituelles. Pauvre, digne, d'une famille ordinaire. Sans doute plus instruite que ses amies, gr&#226;ce aux le&#231;ons de son p&#232;re Joachim et de sa m&#232;re Anne, sachant lire et &#233;crire, et connaissant la Torah. Elle a &#233;t&#233; une adolescente comme toutes les adolescentes, avec des &#233;mois incompr&#233;hensibles et des peurs irraisonn&#233;es, des doutes et des esp&#233;rances. Comme ses amies, elle aimait les f&#234;tes, la danse et le chant, elle go&#251;tait les compliments quand elle &#233;trennait une nouvelle robe, et le regard des gar&#231;ons sur elle. Un jour, l'un d'eux, un charpentier nomm&#233; Joseph, lui a dit : &lt;i&gt;&#171; Marie, je t'aime &#187; &lt;/i&gt; et, frissonnante, elle lui a r&#233;pondu : &lt;i&gt;&#171; Moi aussi &#187;&lt;/i&gt;. Ils ont fait des plans, ils en ont parl&#233; &#224; leurs parents, et ils se sont fianc&#233;s. Et ils se sont peut-&#234;tre m&#234;me embrass&#233;s chastement, en attendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'archange Gabriel est arriv&#233;. Peut-&#234;tre ne l'a-t-elle pas cru tout de suite, mais elle a appris &#224; sa stupeur qu'elle &#233;tait choisie. &#192; quinze ans &#224; peine, elle est tomb&#233;e enceinte sans savoir comment, alors que, bien s&#251;r, elle n'ignorait pas le lien entre copulation et grossesse. Certains (dont les auteurs du Talmud et des Toledot Yeshu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ont pr&#233;tendu qu'elle avait &#233;t&#233; viol&#233;e par un l&#233;gionnaire romain du nom de Pantera. D'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giosu&#232; Calaciura, Je suis J&#233;sus, Lausanne, Noir sur Blanc, 2022, traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont racont&#233; que ses parents avaient voulu la faire avorter, pour pr&#233;server l'honneur de la famille ; elle aurait refus&#233;, elle se serait d&#233;battue, elle aurait cri&#233;, son p&#232;re aurait renonc&#233;. C'est en tout cas ce que l'on raconte dans des &#233;vangiles que l'&#201;glise qualifie d'apocryphes. Une grossesse embarrassante. Il fallut cacher sa grossesse sous des v&#234;tements amples et des mensonges. Comme on l'a cach&#233;e ensuite en peinture, ne la repr&#233;sentant presque jamais enceinte. C'est l'un des seuls moments de la &#171; vie &#187; de J&#233;sus qui n'a presque pas &#233;t&#233; peint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Visitation a &#233;t&#233; au contraire souvent montr&#233;e. C'est, dans toute la Bible, la seule conversation ayant lieu entre deux femmes, et, avec l'Annonciation, ce sont les deux seules sc&#232;nes bibliques montr&#233;es du seul point de vue d'une femme, sans mari et sans fils. Marie est donc partie trois mois chez sa cousine &#201;lisabeth, elle aussi enceinte malgr&#233; son grand &#226;ge. Leurs ventres tressaillaient et elles s'&#233;treignaient, &#233;merveill&#233;es devant le myst&#232;re de la naissance : c'&#233;tait pour Marie le noviciat d'une grossesse qui la d&#233;passait. Quand elle est revenue &#224; Nazareth, Joseph &#233;tait inquiet, il doutait. Le doute de Joseph est une sc&#232;ne que l'on repr&#233;sente peu, tr&#232;s peu de peintres ont abord&#233; ce th&#232;me. Or il existe au mus&#233;e de Cluny &#224; Paris un petit ivoire du XIV&#7497; si&#232;cle, carr&#233; de deux pouces de c&#244;t&#233; : Joseph appuie de biais sa main droite sur le ventre enceint de Marie, alors que Dieu le P&#232;re tend deux doigts protecteurs vers elle, pour dissiper les doutes de Joseph. Comme dans la fresque de Piero della Francesca, la robe de Marie semble fendue pour lib&#233;rer son ventre trop gros, et la main de Joseph se pose sur cette entaille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/joseph.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH626/joseph-07dcf.jpg?1772473975' width='500' height='626' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Anonyme, Le doute de Joseph
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;XIV&#7497; si&#232;cle, Mus&#233;e de Cluny, Paris.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marie a &#233;pous&#233; Joseph, confiant et rassur&#233; ; heureux pr&#232;s d'elle, il s'effor&#231;ait de satisfaire ses envies, de calmer ses angoisses, de soulager ses fatigues. Sentant les petits coups de poing ou de pied du f&#339;tus dans son ventre, elle disait : &lt;i&gt;&#171; Regarde, Joseph, il bouge &#187;&lt;/i&gt;, et il posait sa grosse main sur elle et &#233;tait ravi. Enceinte, elle a eu des naus&#233;es et des cernes sous les yeux ; les derniers mois, elle a &#233;t&#233; fatigu&#233;e. Elle a accouch&#233; dans la douleur avec l'aide des sage-femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les clercs pr&#233;tendent qu'elle n'a pas souffert et ont m&#234;me voulu interdire toute repr&#233;sentation de cette souffrance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Molanus, Trait&#233; des Saintes Images, Paris, Cerf, 1996 [traduction de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que savent-ils du corps des femmes ? Elle a souffert, comme moi, comme toutes les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Coran, sourate 19 (Maryam) verset 23 : &#171; Puis les douleurs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Souvenez-vous de son double dans l'&lt;i&gt;Apocalypse&lt;/i&gt; de Jean, qui &lt;i&gt;&#171; &#233;tait enceinte et criait, &#233;tant en travail d'enfant, souffrant les grandes douleurs de l'enfantement &#187;&lt;/i&gt;. Elle a d&#251; rester quelques jours au lit, elle aussi, et son corps a mis du temps avant de reprendre une forme plus svelte, m&#234;me si Brigitte de Su&#232;de dit avoir eu la r&#233;v&#233;lation qu'il avait repris sa forme originelle juste apr&#232;s l'accouchement (autre r&#233;v&#233;lation de Brigitte : la Vierge garda le cordon ombilical et l'offrit plus tard &#224; Marie-Madeleine). Son Fils est n&#233;, sale de son sang, visqueux de ses mucosit&#233;s, et criant. Comme mon fils. Comme tous les b&#233;b&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;158&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/boschtheepiphanytriptych.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH730/boschtheepiphanytriptych-e761c.jpg?1772473975' width='500' height='730' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Anonyme, &lt;i&gt;Marie lisant, Joseph s'occupant du b&#233;b&#233;,&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;miniature fran&#231;aise du d&#233;but du XV&#7497; si&#232;cle, Walters Art Museum, Baltimore (manuscrit 10 920, feuillet 69).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De retour chez eux &#224; Nazareth, ils ont v&#233;cu modestement, simplement, dans une maison de briques de boue, basse et sans confort : ils &#233;taient un couple comme tous les couples. Elle savait filer, tisser, coudre, cuire le pain ; ses mains ont vite &#233;t&#233; abim&#233;es par le travail, ses ongles cass&#233;s. Parfois elle se reposait en lisant pendant que Joseph s'occupait du b&#233;b&#233; (&lt;i&gt;ci-dessus)&lt;/i&gt; ou lavait et s&#233;chait ses langes (&lt;i&gt;ci-dessous&lt;/i&gt;). Comme toutes les femmes du peuple, elle a eu des soucis de sant&#233; et d'argent, elle a &#233;t&#233; pr&#233;occup&#233;e quand les clients de Joseph se faisaient rares, les habits qu'elle cousait et vendait rapportaient peu d'argent en compl&#233;ment. Comme toutes les &#233;pouses, elle a eu des disputes avec son mari trop taciturne que, parfois, elle ne comprenait plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/hieronymus_bosch_-_st_peter_with_the_donor__detail__-_wga2616.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH610/hieronymus_bosch_-_st_peter_with_the_donor__detail__-_wga2616-0ae73.jpg?1772473975' width='500' height='610' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Bosch, L'&#201;piphanie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;1495, Mus&#233;e du Prado, d&#233;tail du panneau de gauche.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme toutes les m&#232;res, elle a aim&#233; son Fils. Par moments la tentation &#233;tait si forte qu'elle oubliait qu'il &#233;tait Dieu. Elle le serrait dans ses bras et lui disait : &lt;i&gt;&#171; Mon petit &#187;&lt;/i&gt;. Aucune femme n'a eu de la sorte son Dieu pour elle seule, un Dieu tout petit que l'on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu'on peut toucher et qui rit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Bariona ou le Fils du tonnerre (&#233;ditions Marescot, 1967), le Jeu de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et comme toutes les m&#232;res, elle a tent&#233; de l'&#233;duquer au mieux, et peut-&#234;tre m&#234;me lui a-t-elle parfois donn&#233; une fess&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Ernst, La Vierge corrigeant l'enfant J&#233;sus devant trois t&#233;moins : Andr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, car il &#233;tait un enfant comme tous les autres, faisant des b&#234;tises ordinaires, d&#233;robant une friandise ou lan&#231;ant des pierres sur un chien de passage. Et elle a surveill&#233;, inqui&#232;te et pleine d'espoir, les tumultes de son adolescence. Jusqu'au jour o&#249; il est parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise catholique n'aime gu&#232;re ce genre de discours, elle n'appr&#233;cie pas que l'on &#233;voque l'humanit&#233;, la f&#233;minit&#233; de Marie, et encore moins qu'on la c&#233;l&#232;bre. Elle a r&#233;duit la Vierge au silence, en a fait une figure d'abn&#233;gation et de passivit&#233;, une femme soumise, effac&#233;e, qui ne pouvait exister que par son Fils. Marie est un des caract&#232;res les moins connus de la Bible, celui sur qui presque rien n'est dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le Coran lui consacre toute la sourate 19, Maryam.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle est, avec Sara, la seule femme dont la Bible ne donne pas la g&#233;n&#233;alogie. Saint Paul ne la nomme m&#234;me pas dans ses &lt;i&gt;&#201;pitres&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#171; son Fils, n&#233; d'une femme &#187;&lt;/i&gt; est sa seule mention d'elle). Dans tout le Nouveau Testament, son nom n'est cit&#233; qu'une vingtaine de fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont 16 dans l'&#201;vangile de Luc, 5 dans celui de Mathieu, 1 dans celui de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans l'&#201;vangile, non seulement elle n'apparait jamais seule, mais ils ne la laissent parler que quatre fois : lors de l'Annonciation quand elle ose questionner Gabriel (&lt;i&gt;&#171; Comment cela se fera-t-il puisque je n'ai pas eu de relations conjugales ? &#187;&lt;/i&gt;), chantant le &lt;i&gt;Magnificat&lt;/i&gt; devant &#201;lisabeth, quand J&#233;sus va seul au Temple &#224; douze ans (&lt;i&gt;&#171; Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton p&#232;re et moi, nous te cherchions tout angoiss&#233;s &#187;&lt;/i&gt;), et aux Noces de Cana quand elle prend l'initiative et incite J&#233;sus &#224; agir et, en agissant, &#224; se r&#233;v&#233;ler (&lt;i&gt;&#171; Fils, ils n'ont pas de vin &#187;&lt;/i&gt;). Et, lors de ces deux derniers &#233;changes, son Fils la rabroue et l'appelle &#171; femme &#187; et non &#171; m&#232;re &#187;. Comme Lui, ils ont fait taire sa voix. Serait-ce que les paroles du &lt;i&gt;Magnificat&lt;/i&gt; les faisaient trembler : &lt;i&gt;&#171; Le Seigneur a jet&#233; les puissants &#224; bas de leurs tr&#244;nes et il a &#233;lev&#233; les humbles. Il a combl&#233; de biens les affam&#233;s et il a renvoy&#233; les riches les mains vides &#187;&lt;/i&gt;. Est-ce cette voix-l&#224; qu'ils ont voulu nier ? Ou simplement la voix d'une femme, la voix de toutes les femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiquement tous les peintres ont repr&#233;sent&#233; Marie avec un m&#233;pris certain du corps des femmes, sans aucun attribut f&#233;minin, ni hanches, ni fesses. La mamelle allaitante qu'ils ont peinte dans les Vierges du Lait ressemble plus souvent &#224; une gourde ou &#224; un go&#238;tre plut&#244;t qu'&#224; un sein, &#224; de rares exceptions comme chez Jean Fouquet. Les peintres ne montrent que son visage, ses mains et, parfois, le bout de ses pieds ; ils nient son corps, son sexe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26941 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;109&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/jean_fouquet_005.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH565/jean_fouquet_005-6ebc6.jpg?1772473975' width='500' height='565' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean Fouquet, &lt;i&gt;Vierge &#224; l'enfant&lt;/i&gt; (du Diptyque de Melun,)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;vers 1452/1458, Mus&#233;e Royal des Beaux-arts, Anvers.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les peintres, elle n'a jamais &#233;t&#233; une femme aux formes habit&#233;es par un enfant. Elle ne pouvait &#234;tre montr&#233;e que comme un tabernacle, une ic&#244;ne froide et d&#233;sincarn&#233;e. Nul ne s'est &#233;tonn&#233; de cette occultation picturale de neuf mois de sa vie, nul n'a questionn&#233; cette interdiction. Les tr&#232;s rares repr&#233;sentations d'elle enceinte sont contourn&#233;es, trop symboliques, trop pudiques, si loin de ce qu'est vraiment le corps et l'esprit d'une femme portant un enfant. En quoi un corps de femme enceinte serait-il ind&#233;cent ? Pour nous, femmes, que nous soyons vierges ou mari&#233;es, m&#232;res ou non, la grossesse est un &#233;tat de perfection, une expression de notre f&#233;minit&#233;, pas la soumission &#224; une contrainte. Ne dit-on pas, dans l'Ave Maria, &lt;i&gt;&#171; le fruit de ses entrailles &#187;&lt;/i&gt; ? Et dans le Credo &lt;i&gt;&#171; Il a pris chair de la Vierge Marie &#187;&lt;/i&gt;. Entrailles, chair : pourquoi occulter cette r&#233;alit&#233; physique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Piero della Francesca (peut-&#234;tre parce que, pr&#233;destin&#233;, il portait un nom de femme) a &#233;t&#233; le seul &#224; avoir eu l'audace et le courage de peindre la Vierge comme une vraie femme enceinte, le premier &#224; avoir ainsi rendu hommage &#224; la femme Marie. Il a os&#233; repr&#233;senter sa grossesse de mani&#232;re digne, r&#233;elle, parfaite, pour en montrer &#224; la fois le myst&#232;re et la simplicit&#233;, pour t&#233;moigner en m&#234;me temps du respect et de la proximit&#233; envers elle, et pour r&#233;pondre &#224; l'attente des femmes d&#233;sireuses d'une reconnaissance de la f&#233;minit&#233; de la Madone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques d&#233;cennies, des th&#233;ologiennes catholiques et protestantes s'insurgent contre cette occultation de Marie en tant que femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut citer, entre autres, France Qu&#233;r&#233; et Sally Cunneen.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est r&#233;v&#233;lateur que, en 1991, le magazine am&#233;ricain &lt;i&gt;Time&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Couverture de Time Magazine, 30 d&#233;cembre 1991.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'ait mise en couverture, se demandant si elle avait &#233;t&#233; la premi&#232;re f&#233;ministe. Pendant des si&#232;cles, l'&#201;glise a ni&#233; et opprim&#233; le corps de Marie et le corps de la femme. Le combat des femmes pour la ma&#238;trise de leur corps, pour le droit &#224; la contraception et &#224; l'avortement, tout comme leur combat pour acc&#233;der &#224; des postes de responsabilit&#233; dans l'&#201;glise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme, par exemple, au sein de l'association Magdala (ex-Comit&#233; de la Jupe)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont aujourd'hui, d'une certaine mani&#232;re, de lointains h&#233;ritages de l'audace de Piero della Francesca. Le livre de Marc Lenot, ancr&#233; dans le pass&#233;, nous aide aussi &#224; confronter ces probl&#233;matiques d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple &lt;a href=&#034;https://jewishchristianlit.com/toledoth/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jewishchristianlit.com/toledoth/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giosu&#232; Calaciura, &lt;i&gt;Je suis J&#233;sus,&lt;/i&gt; Lausanne, Noir sur Blanc, 2022, traduit de l'italien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Molanus, &lt;i&gt;Trait&#233; des Saintes Images,&lt;/i&gt; Paris, Cerf, 1996 [traduction de l'original de 1570-1594], chapitre 27 &#171; Qu'il ne faut pas repr&#233;senter alit&#233;e et souffrante la bienheureuse Vierge en couches &#187;, p. 196-200. Johannes Molanus, un th&#233;ologien flamand de Leuven, est le principal ex&#233;g&#232;te des directives du Concile de Trente sur l'art religieux en 1563.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le Coran, sourate 19 (Maryam) verset 23 : &lt;i&gt;&#171; Puis les douleurs de l'enfantement l'amen&#232;rent au tronc du palmier, et elle dit : &#8220;Malheur &#224; moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubli&#233;e !&#8220; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;i&gt;Bariona ou le Fils du tonnerre&lt;/i&gt; (&#233;ditions Marescot, 1967), le Jeu de No&#235;l que Jean-Paul Sartre, pourtant ath&#233;e, &#233;crivit en 1940 au stalag XII.D pr&#232;s de Tr&#232;ves, o&#249; il fut prisonnier de guerre de juin 1940 &#224; mars 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Max Ernst, &lt;i&gt;La Vierge corrigeant l'enfant J&#233;sus devant trois t&#233;moins : Andr&#233; Breton, Paul &#201;luard et le peintre&lt;/i&gt;, 1926, Mus&#233;e Ludwig, Cologne. &lt;a href=&#034;https://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-tracesdusacre/popup10.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-tracesdusacre/popup10.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que le Coran lui consacre toute la sourate 19, Maryam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont 16 dans l'&#201;vangile de Luc, 5 dans celui de Mathieu, 1 dans celui de Marc, 0 dans celui de Jean, et 1 dans les Actes des Ap&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut citer, entre autres, France Qu&#233;r&#233; et Sally Cunneen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Couverture de Time Magazine, 30 d&#233;cembre 1991. &lt;a href=&#034;https://content.time.com/time/covers/0,16641,19911230,00.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://content.time.com/time/covers/0,16641,19911230,00.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme, par exemple, au sein de l'association Magdala (ex-Comit&#233; de la Jupe) &lt;a href=&#034;https://magdala-feministes.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://magdala-feministes.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Piero della Francesca, La Madonna del Parto, mus&#233;e de Monterchi en Toscane (Italie), 1459, Fresque de 260 &#215; 203 cm.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/la_micro-aventure_de_la_vierge_enceinte.jpg' width=&#034;195&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;strong&gt;La Micro-Aventure de la Vierge enceinte. Un Piero della Francesca ind&#233;pla&#231;able,&lt;/strong&gt; Marc Lenot, aux &#233;ditions Cinabre, avril 2026. &lt;a href=&#034;https://www.cinabre-editions.com/la-micro-aventure-de-la-vierge-enceinte-un-piero-della-francesca-indeplacable&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cinabre-editions.com/la-micro-aventure-de-la-vierge-enceinte-un-piero-della-francesca-indeplacable&lt;/a&gt; &lt;/big&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Magie du temps presque arr&#234;t&#233;</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Magie-du-temps-presque-arrete</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tk-21.com/Magie-du-temps-presque-arrete</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:53:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/vasapolli-81444.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Alessandro Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les portraits d'Alessandro Vasapolli, le sujet n'est jamais donn&#233; frontalement ; il advient dans une vibration, une diffraction, une tension chromatique. Ce qui frappe d'abord, c'est la mat&#233;rialit&#233; de ses photographies. Il ne d&#233;l&#232;gue rien au hasard ni aux automatismes num&#233;riques. Il con&#231;oit ses propres filtres, &#233;labore des syst&#232;mes chromatiques sp&#233;cifiques, contr&#244;le le tirage comme un laboratoire intime.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce refus de la post-production corrective n'est pas un purisme : c'est une position th&#233;orique. L'image doit na&#238;tre de la lumi&#232;re elle-m&#234;me, et non d'un artifice ult&#233;rieur. Elle est le r&#233;sultat d'un dispositif pens&#233;, presque architectural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines s&#233;ries, le mouvement &#8212; notamment celui du corps &#8212; devient un terrain d'analyse du temps. La figure ne danse pas pour &#234;tre repr&#233;sent&#233;e ; elle sert &#224; d&#233;composer l'espace, &#224; fragmenter la continuit&#233; visuelle. Ailleurs, les silhouettes f&#233;minines apparaissent comme des pr&#233;sences &#224; la fois r&#233;v&#233;l&#233;es et soustraites : le regard cherche un visage, une identit&#233;, mais se heurte &#224; une forme d'&#233;clipse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque est constitutif de l'&#339;uvre. Il oblige le spectateur &#224; compl&#233;ter, &#224; projeter, &#224; douter. En ce sens, Vasapolli appartient &#224; cette g&#233;n&#233;ration d'artistes qui consid&#232;rent la photographie comme un m&#233;dium conceptuel sans renoncer &#224; sa sensualit&#233;. La couleur, chez lui, n'est jamais illustrative : elle agit comme une &#233;nergie. Elle perturbe la lecture imm&#233;diate, introduit un trouble, parfois une forme de vertige optique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrir Alessandro Vasapolli, c'est accepter de ralentir. C'est consentir &#224; ce que l'image r&#233;siste. Et dans cette r&#233;sistance m&#234;me, quelque chose se r&#233;v&#232;le : une photographie qui ne montre pas le monde, mais qui nous apprend &#224; le percevoir autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses souvenirs d'enfance les plus vifs provient des films Super 8 de son p&#232;re. Jeune, il avait voyag&#233; avec ses parents dans certains des endroits les plus recul&#233;s et aventureux, immortalisant tout avec une petite cam&#233;ra. Certains soirs, quand il &#233;tait enfant, il sortait le projecteur et projetait ces films sur un grand drap blanc. Il &#233;tait fascin&#233; par tout le rituel : le bruit des bobines, le l&#233;ger fr&#233;missement des images. Il voyait quelque chose de r&#233;el, mais transform&#233; : ces sc&#232;nes appartenaient &#224; l'histoire de sa famille, mais &#224; l'&#233;cran, elles semblaient venir d'un autre monde entre m&#233;moire et fiction. Cette ambigu&#239;t&#233; l'a profond&#233;ment marqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il utilise une large gamme d'appareils, du moyen et grand format argentique &#224; un reflex num&#233;rique haute r&#233;solution. Son projet actuel implique un appareil 4&#215;5 sur mesure &#233;quip&#233; d'un dos num&#233;rique, un outil hybride qui lui permet de travailler avec la pr&#233;cision et l'intentionnalit&#233; du grand format tout en profitant des possibilit&#233;s de la technologie contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de Robert Capa, des artistes comme Alfred Stieglitz, Hugo Henneberg et Edward J. Steichen ont ouvert son imagination &#224; l'id&#233;e que la photographie peut r&#233;v&#233;ler des r&#233;alit&#233;s juste au-del&#224; de la perception ordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, il trouve une grande inspiration chez des peintres comme Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard et &#201;douard Vuillard pour leur utilisation de la couleur. Il admire aussi Zao Wou-Ki pour le lyrisme de son abstraction, ainsi que des mouvements comme l'orphisme, qui explorent la lumi&#232;re, le rythme et la couleur d'une mani&#232;re tr&#232;s proche de sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de faire mieux &#224; chaque fois est ce qui le pousse en avant. Et pour lui, la toute premi&#232;re photo &lt;i&gt;Point de vue du Gras&lt;/i&gt; de Joseph Nic&#233;phore Ni&#233;pce, reste l'image fragile et granuleuse qui a marqu&#233; la naissance d'un nouveau m&#233;dium. D&#232;s ce moment, notre mani&#232;re d'enregistrer, de m&#233;moriser et de comprendre le monde a &#233;t&#233; transform&#233;e &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si pendant des si&#232;cles, les outils photographiques ont &#233;volu&#233; pour reproduire la vision humaine le plus fid&#232;lement, Alessandro Vasapolli va dans la direction oppos&#233;e : modifier la cam&#233;ra pour qu'elle enregistre une r&#233;alit&#233; selon une logique perceptuelle diff&#233;rente. Ce n'est pas manipuler, mais au contraire, cr&#233;er une photographie directe, non alt&#233;r&#233;e, r&#233;v&#233;lant le monde autrement. Allant bien au-del&#224; de la repr&#233;sentation de l'espace, il explore des structures de l'exp&#233;rience comme le temps, la perception et la continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le noir et blanc interpr&#232;te la r&#233;alit&#233;, la couleur peut devenir interpr&#233;tative selon une logique perceptuelle non humaine, comme il l'exp&#233;rimente dans son travail. Pour lui, la technique est fondamentale, mais elle doit toujours servir le contenu et l'impact esth&#233;tique. Elle permet de d&#233;passer les limites de notre perception biologique, mais elle n'est jamais un objectif en soi. Pour chaque photo, il contr&#244;le tout pour cr&#233;er le cadre id&#233;al, puis laisse la magie se produire spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/b_invito_slipstream-1-scaled.jpg' width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alessandro Vasapolli, &#171; Slipstream &#187;, Solo Show &#224; la Fondazione Natale Capellaro, Turin (Italie), s'est termin&#233; le 28 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; des m&#232;res</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Au-dela-des-meres</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tk-21.com/Au-dela-des-meres</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:51:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/couv_retourner_le_regard_copie-01b42.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le retrait reste la qualit&#233; premi&#232;re de ce travail qui distribue les signes presque imperceptibles de changements d'&#233;poque, de temps. L'artiste nous redonne un sens auroral qui se perd de plus en plus. Sans que les choses apparaissent avec clart&#233; on vient rechercher ici, dans la retraite et son recul, une autre, plus vivace et originaire de ce que nous m&#234;mes avons connu et &#233;prouv&#233; dans nos &#233;tranges et provisoires &#233;piphanies matricielles voire marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soustrait aux prises habituelles, en recul, priv&#233; de relief ou simplement de l'&#233;vidence allant de soi le long des jours, le paysage chez Liron est donc soumis &#224; une &#233;trange &#233;rosion et &#233;rection. La terre tend aimant&#233;e vers la m&#232;re voir la mer de celle-l&#224; et ses ou nos souvenirs une fois de plus semblent eux aussi se perdre en elle. Le paysage change mais en restant le m&#234;me. C'est (aussi) une mani&#232;re de retrouver une forme d'extase ou de ne pas la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, noter, dessiner, peindre, garder trace de tous ces moments o&#249; le temps est soudain suspendu deviennent un jeu d'&#233;chos &#8212; voire de conjurer la m&#233;lancolie. Preuve que le cr&#233;ateur n'est pas de ceux qui se contentent d'errer dans les paysages qui le pr&#233;c&#232;dent. Par ses toiles, photographies, sculptures et vid&#233;os, il aborde par exemple le paysage baln&#233;aire &#224; travers une exp&#233;rience commune. Qui ne se souvient pas de vacances aussi familiales que maritimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains elles &#233;taient le signe d'une joie d&#233;bordante, pour d'autres d'une sorte d'anxi&#233;t&#233;. L'un et l'autre de ces sentiments font porter une attention particuli&#232;re au paysage d'emprunt. Mais l'auteur est sensible &#224; des &#171; pans &#187; que nous ignorions face &#224; ceux que nous fr&#233;quentons au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un d&#233;part ponctuel, le cr&#233;ateur g&#233;n&#232;re toujours un processus tr&#232;s particulier. Des &#233;l&#233;ments architecturaux font ainsi irruption dans des paysages o&#249; la v&#233;g&#233;tation veut garder le premier plan. J&#233;r&#233;my Liron peint aussi des villas rectilignes, anguleuses, mais il sait porter son regard sur des d&#233;tails qui sont autant d'intrusions, d'accidents de parcours. Tout est l&#224; mais vacille, comme affaibli, sans fermet&#233;, soudain distant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ses &#339;uvres comme dans ses textes Liron touche &#224; l'essence-m&#234;me de la critique d'art. Car en cette posture instinctive pour lui, il met en sc&#232;ne un regard qui cherche &#224; n'en plus finir, au point de parvenir &#224; une sorte d'&#233;lucidation extr&#234;me. &lt;i&gt;&#171; S'il se sert du m&#233;dium de l'&#233;criture, c'est qu'il est seul capable, comme un hydrolat, de s'impr&#233;gner d'une mati&#232;re premi&#232;re per&#231;ue et assimil&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit L&#233;a Bismuth la pr&#233;faci&#232;re du livre. Ici Liron devient le v&#233;ritable critique d'art qui retourne le regard, d&#233;passe le &#171; go&#251;t &#187; pour atteindre, une subjectivit&#233; partageable, &lt;i&gt;&#171; une forme paradoxale d'objectivit&#233; intime &#187;&lt;/i&gt; ajoute la pr&#233;faci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste l'a d'ailleurs lui m&#234;me bien compris lorsqu'il affirme : &lt;i&gt;&#171; Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps &#224; inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse continuellement de nous &#233;chapper ? &#187;&lt;/i&gt;. Le cr&#233;ateur en inventant ou en devenant critique de son travail les retient : mais de mani&#232;re distanci&#233;e, &#224; travers l'&#233;pure mais aussi par effet de vitre de son livre. Elle laisse passer la lumi&#232;re et tient lieu aussi d'&#233;cran pour un tel artiste et &#233;crivain dont le regard n'est jamais inerte. Il fonce toujours au-del&#224; de ses propres &#171; m&#232;res &#187; (primitives ou plus retard&#233;es) qui le porte vers les lointains non d'en face mais dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/11-33.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#233;my Liron, &#171; Retourner le regard &#187;, L'Atelier contemporain, 2026, 424 p., 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chimic</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Chimic</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tk-21.com/Chimic</guid>
		<dc:date>2026-03-01T18:21:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Monteaux</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>Photo exp&#233;rimentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des n&#233;gatifs de films instantan&#233;s p&#233;rim&#233;s, dess&#233;ch&#233;s, expos&#233;s &#224; la lumi&#232;re ; les produits chimiques peinent &#224; imprimer la r&#233;alit&#233; physique et dessinent un paysage int&#233;rieur o&#249; se d&#233;lite la photographie pour nous montrer un peu de ce qui nous est invisible, ce qui pr&#233;c&#232;de l'image.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH124/arton2814-82529.jpg?1772389529' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des n&#233;gatifs de films instantan&#233;s p&#233;rim&#233;s, dess&#233;ch&#233;s, expos&#233;s &#224; la lumi&#232;re ; les produits chimiques peinent &#224; imprimer la r&#233;alit&#233; physique et dessinent un paysage int&#233;rieur o&#249; se d&#233;lite la photographie, pour nous montrer un peu de ce qui nous est invisible, ce qui pr&#233;c&#232;de l'image.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes aveugles dans l'obscurit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; Par absence de lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt; Comme nous sommes aveugl&#233;s par la lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt; Par absence de nuance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Hassan Wabhi, &lt;i&gt;Carnet d'un regard&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_4_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH615/chimic_4_-7c3d3.jpg?1772389529' width='500' height='615' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la partition pour la musique ou l'&#233;quation pour les math&#233;matiques, la pellicule est l'&#233;criture d'un langage. Ce langage visuel t&#233;moigne de l'existence d'une r&#233;alit&#233;, de ma pr&#233;sence physique &#224; cette r&#233;alit&#233;, de mes &#233;motions, de ma perception des liens qui r&#233;gissent la mati&#232;re. Je pratique la photographie pour explorer et traduire ce sentiment d'appartenance et de permanence.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_16_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH637/chimic_16_-c5bca.jpg?1771961097' width='500' height='637' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup de confr&#232;res, j'ai utilis&#233; au fil des ann&#233;es de multiples supports et fa&#231;ons de photographier. Progressivement s'est impos&#233;e l'id&#233;e que l' &#171; extraordinarit&#233; &#187; de la photographie argentique n'est pas tant qu'elle soit capable de fixer &#171; l'instant d&#233;cisif &#187;, d'immortaliser un moment (le monde est fait d'&#233;v&#232;nements, pas de choses), de d&#233;crire ou montrer en soit, mais qu'elle contienne, incarne, mat&#233;rialise, transcende la Mati&#232;re, le Temps m&#234;me. &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_26_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH673/chimic_26_-55b02.jpg?1772389529' width='500' height='673' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une exp&#233;rience de six ann&#233;es aupr&#232;s des cultures des Indiens Pueblo et Navajo au Nouveau-Mexique a profond&#233;ment impr&#233;gn&#233; ma perception de la nature et du monde, dont les &#233;l&#233;ments, en permanence interconnect&#233;s et interd&#233;pendants, &#233;voluent &#224; des rythmes diff&#233;rents et forment ainsi un flux &#233;nerg&#233;tique ininterrompu.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_28_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH647/chimic_28_-81dc0.jpg?1772389530' width='500' height='647' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde du vivant, par un lien &#233;troit entre le sujet et son support, les interactions entre les esp&#232;ces tissent la mati&#232;re qui nous constitue et nous relie. L'argentique est un de ces tissus. La nature de cette mati&#232;re contient une part d'impr&#233;visible, de myst&#232;re, un sens du pr&#233;cieux, une &#233;motion, induits par sa chimie, et surtout le temps de latence qu'elle exige. Tout comme la mousse sur la roche, une photographie a besoin de temps pour exister.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_30_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH650/chimic_30_-17320.jpg?1772389530' width='500' height='650' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;CHIMIC se rapproche des formes et des textures que l'on d&#233;couvre dans l'Univers aujourd'hui ainsi que du foisonnement de la vie microscopique de la nature qui nous h&#233;berge. Une par&#233;idolie de paysages, de formes, de couleurs et de textures, apparaissent, interpr&#233;t&#233;es par une vision en qu&#234;te de sens, comme s'il fallait nous rappeler sans cesse que nous faisons partie de ce processus, d'un &#233;quilibre, qu'il convient de respecter.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_33_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/chimic_33_-46d5e.jpg?1772389530' width='500' height='589' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/chimic_37_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH645/chimic_37_-1ba16.jpg?1772389530' width='500' height='645' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hauts voltages / hautes voltiges</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Hauts-voltages-hautes-voltiges</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tk-21.com/Hauts-voltages-hautes-voltiges</guid>
		<dc:date>2026-03-01T12:16:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton2813-7cd00.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ici, il ne s'agit pas de &lt;i&gt;L'Ecriture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot. Les mots avancent l&#224; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'alfa b&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et la syntaxe se d&#233;multiplie, sous pr&#233;texte de classements, pour d&#233;sorganiser l'apparent logos, avec gourmandise et goinfrerie, de ses ordres admis. Face &#224; la cupidit&#233; lib&#233;rale, la litt&#233;rature offre un retour d'ombre, en prouvant combien tout logos peut s'enrayer lorsque les c&#244;tes du non-sens montent mais pour le redresser.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici les &lt;i&gt;&#171; courants &#187;&lt;/i&gt; de Philippe Jaffeux ont pris la forme d'un processus s&#233;riel, r&#233;p&#233;titif et minimal ; dans ses carr&#233;s parfaits de 26 affirmations en 26 lignes, un d&#233;chiffrement de notre conscience, quitte &#224; nous donner du plomb dans l'aile. Il poursuit ainsi sa campagne de fouilles selon la potence et le ciel o&#249; il &lt;i&gt;&#171; explore l'insouciance d'une hasar&#171; t &#187; qui observe l'&#233;tude d'une ignorance &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; ses incisions sont fines par la lame des lignes (et leur &#226;me). Elles reconstituent notre savoir o&#249; parfois des r&#233;p&#233;tions semblent se r&#233;gler sur un tel &lt;i&gt;&#171; abus &#187;&lt;/i&gt; (dit l'auteur) mais sans exc&#232;s et, sauf son respect pour, s'ajuster &#224; la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre juste, dans ce qui devient une sorte de br&#233;viaire dont la racine est carr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles aventures (si l'on peut dire) de la r&#233;flexion la plus profonde cr&#233;ent notre joie par une telle lecture puisque ses tablettes et tablatures tentent d'intercepter un chaos &lt;i&gt;&#171; impassible &#187;&lt;/i&gt;. Existent l&#224; des m&#233;t&#233;orites lan&#231;ant des pierres sur nos incertitudes gr&#226;ce &#224; de telles &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur s'arrime en son logos plus ou moins alpha b&#233;tique &#224; nous sortir de notre animalit&#233; dans son savoir &#224; flux et &#224; sens dont ici aucun n'est interdit. Bref ce que l'on n'apprend ne pas savoir permet de comprendre que la puissance des ab&#238;mes est dans le cerveau d'un tel h&#233;ros. Il est entre Ulysse et cas l'ipso dans son don et son odyss&#233;e. Et contre ceux qui la ferme, il l'ouvre dans ses joyaux et diamants dont la sophistique se divise du poulpe par la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel ouvrage devient une p&#233;pite incandescente, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la traduire en mots, pour mieux la canaliser, l'approcher, l'apprivoiser. Car la premi&#232;re &#233;motion (ou la r&#233;flexion derni&#232;re) ouvre, emporte, fige, t&#233;tanise entre invocation c&#233;leste et imminence du danger d'&#234;tre refa&#231;onn&#233;s par des affirmations parfois compliqu&#233;es pour les raisonneurs. Mais les sentences de l'auteur, elles, ne sont jamais bancales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existe l&#224; une forme d' &lt;i&gt;&#171; orph&#233;lisme &#187;&lt;/i&gt; d'un genre particulier, g&#233;om&#233;trique et &#171; cadr&#233;e &#187;. Jaffeux renonce aux d&#233;combres et ruines des penseurs et les d&#233;passe par un autre p&#244;le : &#224; savoir, celui des naissances et l'&#233;preuve d'accouchements de la pens&#233;e en des constellations &#233;lectives au moment o&#249; l'habitus et la norme n'ont pas encore droit de cit&#233; &#8212; et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux, &lt;i&gt;Courants fous&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les M&#233;t&#233;ores, 2026, 80 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'amour alcool de mante</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir (ou sa confusion ), reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir &#8212; ou sa confusion &#8212;, reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour elle, l'amour ne r&#233;pond de rien. Mais demande tout : &lt;i&gt;&#171; J'ai pass&#233; des semaines avec lui, les plus d&#233;cisives &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-elle. Mais quand il est absent, l'auteure &#233;crit. C'est la maladie de la mort, maladie de la vie. C'est un but. Une course.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus, car chez Duras les amants sont coup&#233;s du monde et ils r&#234;vent &#8212; le mot est important &#8212; m&#234;me s'il y a loin chez eux la coupe aux l&#232;vres. Ils r&#234;vent de vivre comme le reste d'une peuplade perdue dans le temps lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien plus encore. Car dans cet espace, les amants durassiens sont &#233;pris, d&#233;sempar&#233;s et achev&#233;s. Il leur faut &#8212; faudrait &#8212; ainsi sortir de l'histoire et de l'Histoire, afin d'atteindre un &#171; temps pur &#187; qui n'appartiendrait qu'&#224; eux. Un temps sans conscience, un temps des premiers &#234;tres. L'amour devient non seulement le philtre myst&#233;rieux qui unit et s&#233;pare mais le filtre contre la r&#233;ceptivit&#233; organis&#233;e, &#224; l'hospitalit&#233; sociale exogame, s&#233;lective, qui ne cesse de trier et ne peut accepter la passion, par nature obsessionnelle, qui d&#233;range son ordre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez elle, l'amour est aussi la chair qui se manifeste. Ses h&#233;ro&#239;nes tentent de sortir du jeu d'inhibition psychique et de la stupeur sexuelle organis&#233;es. Toutefois, un tel luxe la soci&#233;t&#233; ne peut se l'offrir tant elle aime risquer de faire capoter la passion dans quelque chose de mystique que toute sexualit&#233; entrave. Mais chez Duras, m&#234;me si la cr&#233;atrice ne l'exhibe pas, la chair n'est plus un &#233;cran. Elle est au centre du dispositif romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci permet d'entendre ce qui n'a pas de nom, de s'approcher de soi en s'approchant de l'autre. L'&#233;treinte ouvre le refoul&#233;, &#224; savoir ce qu'on a repouss&#233; dans la solitude qu'aucun ne m&#233;rite. Et donc en cons&#233;quence ses h&#233;ro&#239;nes deviennent des menteuses &#224; force d'&#234;tre sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne peuvent contenir la fi&#232;vre, ils la biaisent, en font (presque) un usage pervers. Comme si le langage lui-m&#234;me (parce qu'il est social) aime &#8212; ne l'aimant pas &#8212; contredire la passion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'amour ne sera qu'un temps non partag&#233;, non v&#233;cu ensemble, si ce n'est que par bouff&#233;es d'autant plus immenses qu'elles sont &#224; la base m&#234;me r&#233;duites &#224; leur plus simple expression &#224; l'&#233;chelle du temps humain. Toutefois, en d&#233;pit de l'&#233;chec &#171; programm&#233; &#187;, les amants d&#233;couvrent que leur corps parle, peut parler une langue &#233;trang&#232;re, extraordinairement mutique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas neuf, cela pourrait sembler &#171; fleur bleue &#187;. Mais l'auteure donne &#224; cet &#233;tat une dimension tragique neuve. On n'est pas &#224; V&#233;rone, mais &#224; Venise, Calcutta, Paris. Trouville enfin. Et si, &#224; mesure que la passion semble apprendre les rudiments du langage et de la peau, les mots s'effondrent en phrases spasmes ? D&#232;s lors, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. En culpabilit&#233; ou en omission.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence l'&#234;tre ne peut se d&#233;nuder que dans le langage. Il devient le seul recours. Mais si &#8212; et comme l'&#233;crit Pascal Quignard &lt;i&gt;&#171; Entre les jambes de la premi&#232;re femme le premier ermite montra d&#233;j&#224; son visage &#187; &lt;/i&gt; &#8212; &#224; travers son &#339;uvre, Duras nous rend plus perspicaces ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la question du sexe hante l'&#233;criture de Marguerite dans la mesure o&#249; s'y rencontre l'inad&#233;quation fondamentale de la langue aux choses, de la femme et de l'homme. Mais pour n'&#234;tre pas le pauvre jouet du m&#226;le et comme ses h&#233;ro&#239;nes, Duras se veut magique en &#233;crivant l'amour : la raison courte d'haleine, silencieuse d&#233;pose et range son fouet par ses phrases, ses lacunes. Dans ses foudroyantes joie et douleur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus Marguerite Duras divulgue des noces &#233;rotiques pour remettre en jeu le d&#233;sir. L'&#201;poux s'adresse &#224; elle, elle s'adresse &#224; l'amant. Ravie en esprit, ravie physiquement, souffrant le Calvaire, revivant la Passion, mourant &#224; elle le transport amoureux la p&#233;n&#232;tre comme elle fut p&#233;n&#233;tr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;crire, dit-elle. L'&#233;criture ne se quitte pas. C'est une maladie, une addiction, un alcoolisme. &#201;crire ce qu'on ne sait pas. Ou plus. Ou trop bien. &#201;crire ne sauve rien. &#201;crire sauve &#171; la Petite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/png/11.png' width=&#034;277&#034; height=&#034;445&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Marguerite Duras, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Amant et autres &#233;crits, &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pl&#233;iade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard 2026, 992 p. &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
64,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Ce qui tue</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Ce-qui-tue</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187; nous vivons dans un autre monde que r&#233;el, constamment immerg&#233;s et en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue. Sa pens&#233;e miroite dans une &#233;nergie o&#249; les mots ne sont pas les choses mais la pens&#233;e s'entend par l'incarnation qu'ils lui donnent. Et &#224; travers cette langue et son exp&#233;rience, Alain Marc donne l'id&#233;e que la pens&#233;e est une course de haie au sein d'une richesse phonique, sa danse et son mouvement sourd. Il continue &#224; travailler &#224; l'aveugle, sachant que l'&#233;criture en sait plus que lui au nom d'une r&#233;v&#233;lation, d'une m&#233;tamorphose, d'une transfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La chair de l'homme &#187; (pour reprendre un titre de Novarina) repr&#233;sente le trou o&#249; se d&#233;verse ou plut&#244;t se r&#233;vulse une histoire qui nous bouleverse &#224; coup de r&#233;p&#233;titions, d'ictus &#8212; chaque fragment d'un texte refl&#233;tant son ensemble en perp&#233;tuel mouvement. Tout fonctionne au nom de la variation l&#224; o&#249; la mati&#232;re redevient poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque mot comme chaque image n'est donc que ce qu'en disait d&#233;j&#224; Diderot lorsqu'il &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; dans mon imagination, elle n'est qu'une ombre passag&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette ombre poss&#232;de la capacit&#233; &#224; devenir un lieu, une impersonnelle et inqui&#233;tante zone du vivant l&#224; o&#249; le sens bascule. L'auteur &#233;vide les espaces sens&#233;s. Il nous d&#233;place de ses lieux d'absence o&#249; tout d&#233;sir de voir le place.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte n'est ni le propre ni le figur&#233;, ni le pur ou le r&#233;alis&#233;, mais une zone o&#249; nous perdons notre capacit&#233; de penser seulement avec lucidit&#233;. L'&#339;uvre nous permet ainsi de nous perdre et de nous retrouver, tant elle souligne le fait que, comme le signalait Giacometti, &lt;i&gt;&#171; j'ai toujours eu l'impression d'&#234;tre un personnage vague, un peu flou, mal situ&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre reste ainsi rarissime, o&#249; le corps ne dispara&#238;t pas et o&#249; le monde des apparences est exclu. Il y a soudainement une place pour quelque chose d'autre, qui est bien plus que la figuration d'une ombre &#171; port&#233;e &#187;. Ici, les rep&#232;res s'effacent pour laisser appara&#238;tre l'humain. Nous ne sommes m&#234;me plus dans le peu de choses mais dans l'air du lieu et dans l'aire d'un jeu qui nous absorbe et nous dig&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187;, nous vivons dans un autre monde, non r&#233;el, constamment immerg&#233;s en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &lt;i&gt;&#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;&lt;/i&gt;. L'enfance &#233;tait pour lui une mauvaise donne. Dans ces moment-l&#224;, c'&#233;tait toujours son regard qui &lt;i&gt;&#171; s'arr&#234;tait de Vivre en Premier &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdre la m&#233;moire permet de &lt;i&gt;&#171; ne pas / Continuer &#224; Sur Vivre / Mais bien un jour se d&#233;cider / DE VIVRE &#187;&lt;/i&gt;. C'est l&#224; devenir qui on est dans le territoire du seul. L&#224; o&#249; les po&#232;mes de Marc s'amenuisent mais en tout l'inverse d'un &#233;tiolement. A chaque espace d'un instant la r&#232;gle est : &lt;i&gt;&#171; Debout /Rester la / T&#234;te Droite &#187;&lt;/i&gt; et r&#233;parer les Bleus de l'&#226;me pour avoir &lt;i&gt;&#171; le courage de dire JE &#187;&lt;/i&gt;. Car c'est bien la premi&#232;re Victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la salle de jeu &#224; vivre est toujours l&#224;, o&#249; &lt;i&gt;&#171; m&#234;me les choses ont une M&#233;moire &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur, ici, est le t&#233;moin aujourd'hui sans objet d'un pass&#233; que l'on n'oublie jamais l&#224; o&#249; la soci&#233;t&#233; exclut les fous. Et ce parce que personne ne supporte et &lt;i&gt;&#171; a peur pour lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; de r&#233;aliser qui nous sommes, dans la soci&#233;t&#233; des animaux, m&#234;me quand le jugement s'an&#233;antit. C'est l&#224; alors que l'on se trouve au bord de la mort mais au d&#233;bordement de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;615&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Alain Marc, &#171; le Choix de la folie, le Grand cycle de la vie ou l'odyss&#233;e humaine #2 &#187;, Co&#233;ditions Douro et Z4 Editions, 2026, 164 p., 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait du photographe en &#171; road runner &#187;</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Portrait-du-photographe-en-road</link>
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		<dc:date>2025-12-28T15:45:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maciej Markowicz ne prend pas des photographies, il les re&#231;oit : &#171; prendre &#187; implique le contr&#244;le, la possession, l'extraction. &#171; Recevoir &#187; suppose la collaboration, l'humilit&#233;, la pr&#233;sence. Sa routine est un rituel de pr&#233;sence : il entre dans la Camera Obscura plong&#233;e dans le noir et dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient o&#249; le noir r&#233;v&#232;le au lieu de dissimuler.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2778-af446.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Maciej Markowicz ne prend pas des photographies, il les re&#231;oit : &#171; prendre &#187; implique le contr&#244;le, la possession, l'extraction. &#171; Recevoir &#187; suppose la collaboration, l'humilit&#233;, la pr&#233;sence. Sa routine est un rituel de pr&#233;sence : il entre dans la Camera Obscura plong&#233;e dans le noir et dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient o&#249; le noir r&#233;v&#232;le au lieu de dissimuler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il accroche le papier photographique dans l'obscurit&#233; totale &#8212; c'est une sorte de danse, guid&#233;e par la m&#233;moire et le toucher plut&#244;t que par la vue. La performance qui se joue &#224; l'int&#233;rieur de la Camera Obscura n'est pas destin&#233;e &#224; un public. Selon lui, &lt;i&gt;&#171; c'est une relation de parent&#233; avec la lumi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. &#192; ce titre, Maciej Markowicz compte huit secondes &#8212; ni sept, ni neuf. Huit secondes sont son portail personnel vers le moment pr&#233;sent. &lt;i&gt;&#171; Parce que savoir que je pourrais ne plus &#234;tre l&#224; demain, rend chaque tranche de huit secondes sacr&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces huit secondes, le cr&#233;ateur devient immobile. Il respire, il sent le mouvement. Il devient une partie de la Camera Obscura en mouvement, une partie du lieu, une partie du voyage de la lumi&#232;re depuis le Soleil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis le papier est d&#233;velopp&#233; et l'autobiographie de la lumi&#232;re se r&#233;v&#232;le. L'auteur ne la manipule pas, ne la &#171; corrige &#187; pas dans Photoshop, n'essaie pas d'am&#233;liorer ce que la lumi&#232;re a &#233;crit. &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; s'est pass&#233;. Le temps a coul&#233;, la lumi&#232;re a dans&#233;, et j'&#233;tais pr&#233;sent pour en &#234;tre le t&#233;moin. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-il&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce but l'artiste demande &#224; la nouvelle g&#233;n&#233;ration de photographes exp&#233;rimentaux de cesser de s'int&#233;resser &#224; la photographie. L'objectif est de s'int&#233;resser &#224; ce qu'ils veulent r&#233;v&#233;ler. Une fois qu'ils auront explor&#233; en profondeur votre engagement envers votre sujet, leurs outils deviendront secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, son but reste de faire une chose avec une telle d&#233;votion qu'elle en r&#233;v&#232;le l'infini.&lt;i&gt; &#171; Ma grand-m&#232;re m'appelait roadrunner. Puis j'ai failli manquer de temps &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-il. Mais cette prise de conscience a tout chang&#233;. Elle a rendu chaque instant pr&#233;cieux. Chaque photo est sacr&#233;e. Chaque tranche de huit secondes est un cadeau. La th&#233;rapie r&#233;side dans la pratique, non dans la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roadrunner a donc d&#233;couvert que, pour rattraper le temps, il faut d'abord cesser de courir. La Camera Obscura apprend que huit secondes d'attention totale ne donnent pas moins et donnent tout. Elles offrent une fen&#234;tre infinie &#224; l'int&#233;rieur de chaque moment ordinaire. Il faut se consacrer &#224; le r&#233;v&#233;ler, et pas seulement &#224; le photographier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maciej Markowicz : &#171; Above the River and Under the Sky, &#187; galerie Innsitu, Innsbruck, &#224; partir de janvier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les &#339;ufs durent</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Les-oeufs-durent</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH137/arton2777-24234.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son essence provient de l'enfance o&#249; tout part, tout revient mais o&#249; la vie d'adulte s'exerce &#224; un apprentissage de la distance. Mais si la col&#232;re reste la musique de ses aubes, en naissent de volutes noy&#233;es loin d'un laiteux effet-m&#232;re que Juliette Brevilliero &#8212; &#224; moiti&#233; qui elle est et qui elle fut &#8212; ne se contente pas d'errer mais trouve par ses po&#232;mes (plus que des pare-fum&#233;e) existence et sa v&#233;rit&#233; loin de l'insouciance, du calme et de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que l'&#339;uvre de Juliette Brevilliero renverse les principes trop placides de la po&#233;sie souvent riv&#233;e au culte de l'occident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une telle auteure, trouver le chemin de l'esp&#233;rance et de la d&#233;sesp&#233;rance, &#233;crire est une affaire complexe, exp&#233;rimentale, &#233;volutive. Et dans ce livre, le sourire au monde n'est pas simple mais &#8212; paradoxalement &#8212; l'onde de la col&#232;re est une gr&#226;ce. Son irruption fait parfois qu'on ne sait que penser. Mais, avec le temps, une telle femme est r&#233;gulatrice en passant du chemin des hommes et des femmes avec parfois une once de gaiet&#233;, m&#234;me si &#224; qui elle s'adresse, re&#231;ut la nostalgie en h&#233;ritage. Pour le meilleur et pour le pire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pleuvent ici des souvenirs f&#234;l&#233;s sur ce livre de chair, d'&#226;me et de papier l&#224; o&#249; les ponts de Paris ne suffisent pas pour celle dont son errance et son enqu&#234;te fil&#233;e se h&#226;te vers elle mais qui par ses allit&#233;rations, sa pulsion &#233;crit des textes tr&#232;s noirs sur page blanche mais pour &#8212; inconsciemment peut-&#234;tre &#8212; renverser la donne.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici ses po&#232;mes s'imbriquent, se t&#233;lescopent, se d&#233;coupent, se malaxent, dans une chirurgie de l'existence. Preuve que sa po&#233;sie reste bien au-del&#224; de la d&#233;su&#233;tude et ses pr&#233;suppos&#233;s. Elle incarne la col&#232;re qui pourrait gueuler vers un possible appel &#224; la libert&#233; d'&#234;tre parmi des al&#233;as existentiels. De la vie, le ciel se fait &#226;pre car elle reste farouchement d&#233;faite mais ici en fa&#231;on d'&#233;veiller, au sein d'une &#233;pop&#233;e, l'auteure cavale et se d&#233;cha&#238;ne en de tels po&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Se retrouvent col&#232;re, n&#233;gociation, pulsions en un tel assemblage de vers et de proses po&#233;tiques jusqu'&#224; un &#171; insens&#233; mirage &#187; face &#224; la r&#233;alit&#233;. De fait existe une sorte d'Odyss&#233;e face &#224; des espaces satur&#233;s, l&#224; o&#249; les mots ne sont pas que des baumes ou des cataplasmes mais des accouchements progressifs face &#224; ce qui fut et ce qui arrive. Mais dans un tel cas les &#339;ufs durent.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste chez Juliette Brevilliero une ivresse du langage. Elle en n'est pas m&#233;galomaniaque mais reste juste face &#224; tout ce qui la et nous matraque. Elle se d&#233;robe &#224; la nuit et devient pour nous une guide. Louons donc sa sorte d'avidit&#233; scripturale par laquelle elle nous secourt au sein d'une spectaculaire alt&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes la col&#232;re est gla&#231;ante, parfois sans queue ni t&#234;te ou mouroir aux alouettes. Mais l'auteure poursuit son &#171; pas au-del&#224; &#187; cher &#224; Blanchot o&#249; parfois se touche le fond. Car la col&#232;re enfantine fait toucher un n&#233;ant sans fond, mais ici elle devient bien arm&#233;e (comme Mallarm&#233;) contre la r&#233;alit&#233; mais pour la v&#233;rit&#233;. P&#233;n&#233;tr&#233;e parfois de la sagesse de l'Inde, l'auteure se d&#233;gage de la rage des chiens en des sortes de valses d&#233;licates qui frisent parfois l'insouciance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La verve de la cr&#233;atrice permet que la pens&#233;e par de tels mots provoque l'inconscient. C'est une mani&#232;re de faire fuser ce qui normalement et ailleurs se refuse tant l'infusion demeure nocturne. Et dans ses scansions (en partie de ses textes de prose po&#233;tiques) le noir de nuit perdure mais l'aube supplie de d&#233;gager les couleurs pass&#233;es et de s'&#233;treindre d'elle-m&#234;me loin de la nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De chair et de chant, un tel livre devient une fontaine &#171; ub&#233;rale &#187; l&#224; o&#249; l'ineffable a bien des choses &#224; dire et &#224; monter. De plus l'auteure en transforme leurs paradoxes en explorant sa face cach&#233;e &#8212; &#226;me comprise. Sa col&#232;re est une facette avec laquelle il faut n&#233;gocier mais en devenant dupe de rien, &lt;i&gt;&#171; entre onirisme, r&#233;alit&#233; et surr&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; comme l'auteure &#233;crivait lors d'une de ses interviews. Un tel &#171; &#233;tat des lieux &#187; fait grincer avec une sensorialit&#233; musicale et intelligente des promesses d'enchantements. Mais seront-elles toujours tenues ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/colere-juliette-brevilliero_livre.jpg' width=&#034;402&#034; height=&#034;640&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Juliette Brevilliero &#171; Col&#232;re &#187;, coll. Po&#233;sie, &#201;ditions Ma&#239;a, 2025, 124 p., 20,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Contresionisme</title>
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		<dc:date>2025-12-28T15:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Basquin</dc:creator>


		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>jud&#233;it&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voici un livre dont on peut &#234;tre s&#251;r, vu la terreur s&#233;mantique qui r&#232;gne, sur beaucoup de sujets d'ailleurs (politique officielle Covid, histoire de la Terre et de son climat, g&#233;opolitique, et j'en passe), qu'on en parlera tr&#232;s peu &#8211; voire pas du tout (raison de plus pour en parler).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH111/arton2788-cf252.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici un livre dont on peut &#234;tre s&#251;r, vu la terreur s&#233;mantique qui r&#232;gne, sur beaucoup de sujets d'ailleurs (politique officielle Covid, histoire de la Terre et de son climat, g&#233;opolitique, et j'en passe), qu'on en parlera tr&#232;s peu &#8211; voire pas du tout (raison de plus pour en parler).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s son &#171; avant-dire &#187;, l'auteur nous avertit de ce terrorisme s&#233;mantique nouveau qui s'est aggrav&#233; avec les ann&#233;es : &#171; Le 16 juillet 2017, en ce jour de la comm&#233;moration du 75&#7497; anniversaire de la rafle du Vel' d'hiv', le nouveau chef de l'&#233;tat, Emmanuel Macron, termina son discours par une profession de foi enflamm&#233;e : &#8220;Nous ne c&#233;derons rien &#224; l'antisionisme, car il est la forme r&#233;invent&#233;e de l'antis&#233;mitisme.&#8221; &#187; Bigre ! Voici que notre Grand Timonier, comme l'indique aussit&#244;t apr&#232;s Santacreu, veut criminaliser le d&#233;lit d'opinion, puisque si &#171; l'antis&#233;mitisme est un d&#233;lit, l'antisionisme est une opinion, et, en les confondant, on vise &#224; interdire toute critique de la politique d'Isra&#235;l &#187;. Deleuze, Godard, Sanbar, au cachot !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons tout de suite que ce livre tr&#232;s inform&#233;, super &#233;rudit et ultra-complexe d'Alain Santacreu arrive juste apr&#232;s un texte assez important sur ce sujet qui divise le monde (et les Fran&#231;ais) de l'un des derniers Grands de la philosophie encore vivants, Giorgio Agamben, &lt;i&gt;La fin du juda&#239;sme,&lt;/i&gt; d'abord publi&#233; sur le site de son &#233;diteur italien, &lt;i&gt;Quodlibet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;,&lt;/i&gt; puis assez vite traduit en fran&#231;ais sur le site &lt;i&gt;Ent&#234;tement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. En voici l'argument principal : &#171; On ne peut comprendre le sens de ce qui se passe aujourd'hui en Isra&#235;l si l'on ne comprend pas que le sionisme constitue une double n&#233;gation de la r&#233;alit&#233; historique du juda&#239;sme. Non seulement en ce qu'il transf&#232;re l'&#201;tat-nation des chr&#233;tiens aux juifs, le sionisme repr&#233;sente l'aboutissement de ce processus d'assimilation qui, depuis la fin du XVIII&#7497; si&#232;cle, a progressivement effac&#233; l'identit&#233; juive. &#187; Et puis, un peu plus loin : &#171; L'exil est la forme m&#234;me de l'existence juive sur terre, et toute la tradition juive, de la Mishna au Talmud, de l'architecture de la synagogue &#224; la m&#233;moire des &#233;v&#233;nements bibliques, a &#233;t&#233; con&#231;ue et v&#233;cue dans la perspective de l'exil. &#187; D'o&#249; il d&#233;coule logiquement cela : &#171; En niant la racine de l'exil et de la diaspora au nom d'un &#201;tat-nation, le sionisme a donc trahi l'essence m&#234;me du juda&#239;sme. Il n'est donc pas &#233;tonnant que cet &#233;loignement ait produit un autre exil, celui des Palestiniens, et qu'il ait conduit l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#224; s'identifier aux formes les plus extr&#234;mes et les plus impitoyables de l'&#201;tat-nation moderne. &#187; Tous les mots de ce texte sont extr&#234;mement importants. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#171; cette acceptation sans r&#233;serve de l'exil, avec le rejet qu'il entra&#238;ne de toutes les formes actuelles d'&#201;tat &#187; qui fondait &#171; la sup&#233;riorit&#233; des Juifs sur les religions et les peuples qui se sont compromis avec l'&#201;tat &#187;. Les Juifs &#233;taient, &#171; avec les Tsiganes, les seuls &#224; avoir rejet&#233; la forme &#233;tatique, &#224; ne pas avoir fait la guerre et &#224; ne pas s'&#234;tre souill&#233;s du sang d'autres peuples &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrelitt&#233;rature et Contresionisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s important de souligner maintenant qu'Alain Santacreu est le fondateur d'un concept et d'une revue qui s'appellent &lt;i&gt;Contrelitt&#233;rature ;&lt;/i&gt; c'est seulement &#224; cette aune qu'on pourra saisir toute la subtilit&#233; de son titre : la contrelitt&#233;rature n'est pas une litt&#233;rature contraire (&#224; la litt&#233;rature commerciale contemporaine), elle en est &lt;i&gt;le contraire,&lt;/i&gt; et permettra seule son r&#233;tablissement. &#171; Une oreille circoncise entendra le &#8220;contre&#8221; de contresionisme au sens musical, comme une &#233;l&#233;vation d'octave de la note qui se place au-dessus de la port&#233;e. &#187; C'est l'oubli de l'&#202;tre qui a sali irr&#233;m&#233;diablement la Litt&#233;rature ; il en aura &#233;t&#233; de m&#234;me avec le sionisme religieux fanatique. Mais la r&#233;demption sera toujours possible, car &#171; les gens de l'&#202;tre &lt;i&gt;[et donc les Juifs]&lt;/i&gt; sont les sujets du Verbe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que la contrelitt&#233;rature ? &#187;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : &lt;i&gt;&#171; Brereschit bara Elohim&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au commencement Elohim cr&#233;a &#187;, Gen&#232;se 1.1.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les derniers cours &#224; Vincennes de Gilles Deleuze r&#233;cemment publi&#233;s chez Minuit, &lt;i&gt;Sur l'appareil d'&#201;tat et la machine de guerre,&lt;/i&gt; on lit ceci, qui renforce les id&#233;es d'Agamben : &#171; C'est dans la mesure o&#249; elles sont d'abord dirig&#233;es contre un &#201;tat pr&#233;alable (encore faut-il qu'il y ait un &#233;tat pr&#233;alable) que par voie de cons&#233;quence les machines de guerre peuvent s'int&#233;grer dans un &#201;tat. &#187; La cr&#233;ation de l'&#233;tat d'Isra&#235;l contenait donc &lt;i&gt;per se&lt;/i&gt; le d&#233;veloppement de toute une machinerie de guerre, Tsahal, puisque ces machines de guerre &#171; pr&#233;supposent que vous deveniez d'abord un &#201;tat &#187;. Arm&#233;e &#171; la plus morale du monde &#187; selon Claude Lanzmann&#8230; Heu&#8230; m&#234;me &#224; Gaza, en 2023-24-25 ? Hum&#8230; &#171; L'appareil d'&#201;tat est un appareil de capture. &#199;a capture les hommes. &#187; Et les terres d'autrui, parfois, dans toutes les aventures coloniales&#8230; &#171; Peut-&#234;tre que les soci&#233;t&#233;s sans &#201;tat &lt;i&gt;[le peuple juif, avant 1948]&lt;/i&gt; proc&#232;dent autrement. &#187; Est ici r&#233;sum&#233; dans ces pages magistrales de Deleuze tout le propos liminaire du livre de Santacreu : &#171; Le contresionisme n'est pas un antisionisme : il est le contraire du sionisme. &#187; Et ceci, afin de faire un pas de c&#244;t&#233; et de s'extraire de la meute des meurtriers, comme le recommandait Kafka dans son &lt;i&gt;Journal.&lt;/i&gt; Ne devrait-ce pas &#234;tre la mission de tout &#233;crivain un peu cons&#233;quent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contresionisme&lt;/i&gt; de Santacreu est un livre diff&#233;rent et contraire &#224; tous les autres contre le sionisme. Et d'abord parce que l'auteur est extr&#234;mement &#233;rudit et inform&#233; sur son sujet, et qu'il manie la Torah, le Talmud et la Bible avec une grande agilit&#233;, et m&#234;me l'h&#233;breu. Tout son livre part d'une grande empathie affective pour le peuple juif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons ici &#224; toutes fins utiles que l'auteur a publiquement d&#233;clar&#233; qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont il &#233;crit qu'il est &#224; l'origine m&#234;me de la Litt&#233;rature, avec la Torah, ou Tanakh (rappelons ici qu'il s'agit des cinq premiers livres de la Bible) ; et c'est ainsi qu'en d&#233;finitive &lt;i&gt;Contresionisme&lt;/i&gt; se retrouve tout contre le sionisme : qui aime bien ch&#226;tie bien : &#171; Pourquoi le sionisme a-t-il commis un g&#233;nocide &#224; Gaza&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je sais que tout le monde ne s'accorde pas sur ce terme pour qualifier les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions d'Agamben et de Santacreu sont tr&#232;s proches, et pourtant se compl&#232;tent : &#171; Pour un juif orthodoxe, les juifs vivant dans l'&#201;tat d'Isra&#235;l sont &#233;galement en exil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fin du juda&#239;sme, art. cit.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; &#171; Dans le juda&#239;sme authentique, l'exil n'est pas la condition des seuls juifs mais de tous les hommes. L'exil se rapporte &#224; une absence fondamentale : il d&#233;signe la conscience de l'imperfection du monde et contient l'espoir de sa transformation. Nous sommes tous en exil de notre humanit&#233;,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contresionisme, &#201;d. Contrelitt&#233;rature, 2025.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Deleuze, capitalisme et machines de guerre sont &#233;troitement li&#233;s ; et c'est &#171; quand la guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se souvient d'un fameux dialogue entre Gilles Deleuze et Elias Sanbar, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devient totale &#187; que &#171; l'objectif de la guerre devient illimit&#233; &#187;, comme on l'a vu &#224; Gaza pendant presque deux ann&#233;es o&#249; tout fut aveugl&#233;ment d&#233;truit, h&#244;pitaux, lieux de culte et &#233;coles compris. Raison pour laquelle Santacreu est violemment oppos&#233; &#224; toute forme de nationalisme : &#171; Le nationalisme est indissolublement li&#233; au concept d'&#201;tat. Le sionisme a introduit le nationalisme dans le juda&#239;sme, alors que cette id&#233;ologie raciale, &#233;labor&#233;e dans l'Europe du 19&#7497; si&#232;cle, &#233;tait contraire &#224; l'esprit s&#233;mite des rabbins. C'est dans son principe m&#234;me que le sionisme doit &#234;tre rejet&#233; car il porte en lui tous les crimes qui se sont perp&#233;tu&#233;s jusqu'&#224; nos jours. &#187; L'&#233;crivain va jusqu'&#224; penser et donc &#233;crire que les crimes de guerre de l'arm&#233;e isra&#233;lienne constituent un crime incestueux, dont le premier mod&#232;le fut le meurtre d'Abel par Ca&#239;n, puisque les peuples autochtones sont &#171; les p&#232;res ancestraux des territoires usurp&#233;s &#187; : &#171; L'extermination des Indiens par les colons am&#233;ricains est une image r&#233;fl&#233;chissante de l'an&#233;antissement des Palestiniens par les colonisateurs sionistes : destruction g&#233;nocidaire des peuples autochtones. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions d'Agamben et de Santacreu, compl&#233;mentaires, se rejoignent : &#171; le sionisme est la phase finale du capitalisme globalis&#233; &#187; (Santacreu) ; &#171; cela signifie peut-&#234;tre que le juda&#239;sme, qui n'est pas mort &#224; Auschwitz, conna&#238;t aujourd'hui sa fin &#187; (Agamben). Cependant, Alain Santacreu est plus optimiste : &#171; Comment un mouvement social alternatif pourrait-il parvenir &#224; reconstituer le peuple sous la forme d'une &#8220;communaut&#233; par le retrait&#8221;, aux temps de la technoscience et de l'ing&#233;nierie sociale mondialis&#233;e ? &#187; On reconna&#238;t l&#224; &#171; l'ind&#233;crottable &#187; &#233;crivain anti-autoritaire et fanatique des mouvements syndicalo-anarchistes de la Guerre d'Espagne du &lt;i&gt;Roman retrouv&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le roman retrouv&#233;, &#201;d. Tinbad, 2024.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; L'&#233;tat sioniste ne sera d&#233;truit que par &lt;i&gt;le faire peuple&lt;/i&gt; d'Isra&#235;l. C'est &#224; ce prix que la paix pourra revenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi sera-t-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.quodlibet.it/giorgio-agamben-la-fine-del-giudaismo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.quodlibet.it/giorgio-agamben-la-fine-del-giudaismo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://entetement.com/la-fin-du-judaisme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entetement.com/la-fin-du-judaisme/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'est-ce que la contrelitt&#233;rature ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Au commencement Elohim cr&#233;a &#187;, Gen&#232;se 1.1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons ici &#224; toutes fins utiles que l'auteur a publiquement d&#233;clar&#233; qu'il pensait, vu son patronyme et ses ascendances directes (son p&#232;re fut un anarchiste catalan), &#234;tre probablement un descendant de juifs s&#233;farades ayant pris ce nom de &#171; Sainte Croix &#187; pour &#233;chapper aux pers&#233;cutions de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je sais que tout le monde ne s'accorde pas sur ce terme pour qualifier les innombrables massacres et destructions commis par Tsahal dans la bande de Gaza en 2023-24-25 ; &#224; tout le moins peut-on parler de crimes de guerre disproportionn&#233;s par rapport &#224; l'attaque initiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fin du juda&#239;sme, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contresionisme, &#201;d. Contrelitt&#233;rature, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se souvient d'un fameux dialogue entre Gilles Deleuze et Elias Sanbar, &lt;i&gt;Les Indiens de Palestine,&lt;/i&gt; publi&#233; dans le journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 8-9 mai 1982, et r&#233;cemment repris dans &lt;i&gt;Les Cahiers de Tinbad&lt;/i&gt; N&#176;19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le roman retrouv&#233;, &#201;d. Tinbad, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/couv_contresionisme.jpg' width=&#034;366&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contrelitterature.com/archive/2025/09/07/vient-de-paraitre-contresionisme-essai-d-alain-santacreu-6561802.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le site de l'&#233;diteur : &#034;Contrelitt&#233;rature&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Contresionisme&#034; d'Alain Santacreu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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