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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Le temps de l'&#339;uvre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans &#171; la condition de l'homme moderne &#187;, un texte qui date de 1958, Hannah Arendt &#233;crit cette phrase qui r&#233;sonne aujourd'hui cruellement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; L'Homme moderne a perdu le monde pour le Moi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH86/arendt-70cce.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#171; la condition de l'homme moderne &#187;, un texte qui date de 1958, Hannah Arendt &#233;crit cette phrase qui r&#233;sonne aujourd'hui cruellement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; L'Homme moderne a perdu le monde pour le Moi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dire que ce n'est plus l'Homme, celui qui s'est cru cr&#233;&#233; par Dieu et &#224; ce titre au centre de l'univers, mais l'individu, ce chaque-un qui se pose au centre d'un monde progressivement dissous sous les assauts de sa suffisance. Chaque observateur critique le constate, notre actualit&#233; est essouffl&#233;e, prise dans une succession d'&#233;v&#232;nements qui sont sans pass&#233;, sans m&#233;moire, sans avenir. Et l'individu, monade esseul&#233;e, semble ne pas &#234;tre hors du temps, mais priv&#233; de temps, sans m&#233;moire. Pourtant na&#238;tre, appara&#238;tre dans le monde, c'est h&#233;riter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;duite &#224; l'imm&#233;diat, l'opinion dispers&#233;e ignore la loi commune pour ne reconna&#238;tre que la sienne, uniquement mienne, l&#233;gitime parce que mienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'&#233;motion devient &#233;motivit&#233; ou ressenti, s'&#233;tourdit de sa propre inflation, se blesse au moindre accident, revendiquant son allergie &#224; l'autre, victime d'une hypertrophie de la sensibilit&#233; d&#233;faite de toute pens&#233;e. Chacun devient l'agress&#233; de l'autre. Le ressenti, c'est l'imm&#233;diatet&#233; d'une &#233;motion sans transport, sans mouvement, sans &#233;preuve. La v&#233;rit&#233; s'en passe : ni &#233;preuve, ni preuve, elle s'est d&#233;tach&#233;e de l'&#233;preuve du monde pour se confiner dans cette fiction, Moi. Relatif sans doute, le sympt&#244;me est grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imm&#233;diatet&#233; est sans m&#233;moire, tout s'efface &#224; peine un &#233;v&#232;nement est-il apparu ; l'imm&#233;diatet&#233;, au sens propre, n'a pas le temps. Le pass&#233; est r&#233;duit &#224; des feuilles d'automne dispers&#233;es dans le vent. Sans m&#233;moire, le monde est sans &#233;paisseur, plat comme le dernier communiqu&#233;. Sans m&#233;moire, la politique peut mentir &#224; loisir. Le temps du tout se vaut a laiss&#233; la place au rien ne vaut, le temps o&#249; ce qui vaut &#224; midi ne vaut plus &#224; 16 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre monde, ce monde qui est n&#244;tre parce qu'il se partage, ce monde qui n'est pas mort encore, quoique malade, une place majeure est tenue par l'&#339;uvre, celle qui p&#233;rennise la vie. Elle est ce qui reste apr&#232;s la mort, modeste ou grandiose, elle survit. C'est tout aussi bien un ouvrage, le mot est moins intimidant, le fruit d'un travail humain destin&#233; &#224; l'usage et non &#224; la consommation. C'est par ces d&#233;p&#244;ts qui sont autant de traces que nous vivons dans le temps. Sans &#339;uvre, le temps se meurt ; il n'est plus que ce qui s&#233;pare la naissance de la mort. Le pass&#233; n'est plus seulement enfoui, il est sans existence. L'&#339;uvre est la m&#233;moire du monde, la m&#233;moire d'un monde n&#244;tre ; elle est du monde ce qui autorise, oblige et justifie le partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun, j'imagine (!), aura remarqu&#233; combien la culture ne fut pas un enjeu ni un d&#233;bat au cours des derni&#232;res &#233;lections municipales. Je crains que ce ne soit pas un simple oubli, mais un d&#233;ni. Comme si cette question &#233;tait superflue, tr&#232;s secondaire au regard des temps difficiles qui sont les n&#244;tres. Si la culture est r&#233;duite &#224; un loisir, alors en effet elle a quitt&#233; le champ politique. Or, sans culture et sans les &#339;uvres qui la rythme, la politique se corrompt &#224; l'imm&#233;diatet&#233;. Ce que nous cr&#233;ons, le &#339;uvres d'art ou les &#339;uvres d'usage, le tableau ou la table, sont ce qui situe chacun dans un temps long. Sans ces objets vivants, sans ces traces qui nous survivent, ne reste de la vie que sa bri&#232;vet&#233;, la promesse de la mort, le non-sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais aim&#233; l'expression &#171; politique culturelle &#187; lui pr&#233;f&#233;rant politique de la culture et culture de la politique. Ce n'est pas une simple diff&#233;rence s&#233;mantique. Il s'agit d'une responsabilit&#233; diff&#233;rente devant la cr&#233;ation, qui est aussi cr&#233;ation du temps. Souvenons-nous de ce qu'&#233;tait &#171; la belle mort &#187; chez les Grecs : la mort dont les temps &#224; venir se souviendront, la mort inoubliable. La mort qui affirme que le temps est un pass&#233; et un avenir, que le pr&#233;sent est le passage de l'un &#224; l'autre. Celui dont on dit qu'il a marqu&#233; son temps est cr&#233;ateur du temps. Il marque l'histoire, il en l&#232;gue la trace, il constitue la m&#233;moire sans laquelle l'humain n'est plus qu'un errant. C'est pourquoi, lorsque la politique r&#233;duit la culture &#224; un &#233;ph&#233;m&#232;re divertissement, elle se condamne en ruinant sa n&#233;cessit&#233; m&#234;me. Elle c&#232;de &#224; l'imm&#233;diat. On dira qu'elle est de courte vue pour ne pas dire qu'elle est aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de la culture n'a pas pour premi&#232;re t&#226;che de plaire ; elle doit &lt;i&gt;s'adresser,&lt;/i&gt; ce qui est tout autre chose. L'&#339;uvre est une offre, une offrande, une adresse patiente et disponible pour chacun qui veut s'en saisir. La politique, municipale entre autres, a pour responsabilit&#233; d'augmenter les conditions de possibilit&#233; de cette saisie. &#201;ducation, action culturelle, etc. C'est une lutte difficile. Il s'agit de faire entendre que ce qui se tient &#224; distance n'est pas inaccessible ou r&#233;serv&#233; &#224; une &#233;lite, ou une pr&#233;tention m&#233;prisante, mais le signe d'une pr&#233;caution due &#224; tout nouvel ami. La politique ne peut pas fuir cette difficult&#233; en se r&#233;fugiant dans la dispersion de l'imm&#233;diat sans se d&#233;faire de son origine premi&#232;re : &#233;laborer &lt;i&gt;la relation&lt;/i&gt; entre ses citoyens. Marie-Jos&#233; Mondzain remarquait que pour qu'il y ait partage, encore fallait-il cr&#233;er le lieu du partage. Quel plus beau, quel plus riche lieu que celui de l'art ? Cr&#233;er le lieu du partage est une responsabilit&#233; d&#233;mocratique initiale. Preuve par l'absurde : l'obstination que mettent les r&#233;gimes autoritaires ou dictatoriaux &#224; l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'art est une permanence. M&#234;me au th&#233;&#226;tre qui est &#233;ph&#233;m&#232;re dans sa pr&#233;sentation, il reste toujours l'hypoth&#232;se d'une permanence du souvenir, de l'&#233;motion r&#233;elle, celle qui transporte. Ce souvenir est une permanence dans le temps, une suspension de l'oubli, un ailleurs de l'usage. La diff&#233;rence la plus simple entre l'&#339;uvre d'art et le divertissement se tient l&#224;, au c&#339;ur de cet ailleurs qui &#233;chappe &#224; la simple n&#233;cessit&#233; de survie. L'&#339;uvre d'art est ainsi la source de l'aptitude humaine &#224; penser. Se cultiver permet &#224; chacun selon ses go&#251;ts et les diff&#233;rents moments de sa vie de se cr&#233;er l'immense bonheur de la rencontre, de voir un tableau en se rappelant un livre et d'&#233;clairer l'un par l'autre. Ce n'est qu'un exemple ! Cela dit pourtant combien le temps s'&#233;largit au cours de cette exp&#233;rience puisque le regard du moment plonge dans un autre temps de sa vie et voit au-del&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'identit&#233;, cette question manipul&#233;e, maltrait&#233;e, d&#233;form&#233;e, n'a pourtant de r&#233;alit&#233; que par ce que Paul Ric&#339;ur a nomm&#233; &lt;i&gt;l'identit&#233; narrative.&lt;/i&gt; Or, pour constituer le r&#233;cit de sa vie, aux diff&#233;rents moments de l'existence, pour constater sa variabilit&#233; et ses constantes, il est n&#233;cessaire de pouvoir &#171; lire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lire sa propre vie, en percevoir les temps lourds ou lumineux, l'interpr&#233;ter, &#233;tablit un Moi devenu Soi dans le temps. Hors ce temps long de la narration, &#171; je &#187; n'est qu'une identit&#233; grammaticale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, les partis ou les mouvements qui se revendiquent du peuple (c'est toujours une supercherie : quel peuple ?) devraient comprendre que ce qui peut faire identit&#233; est la culture, mais que celle-ci est nomade et qu'aucune culture n'est chimiquement pure. Aucune culture n'est identique &#224; elle-m&#234;me. Tout est emprunt. L'&#339;uvre en est la preuve. D'o&#249; la manipulation de ce que d'aucuns d&#233;noncent au nom de l'appropriation culturelle, cette expression malheureuse qui confond la spoliation des &#339;uvres avec l'emprunt et l'inspiration l&#233;gitime !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se perd ici au nom de l'identit&#233;, c'est la singularit&#233;. Identit&#233; dit identique, du m&#234;me au m&#234;me, comme une mode totalitaire qui ne souffre aucun &#233;cart. L'art r&#233;pond &#224; cette manipulation. Au sein de cette culture m&#233;tiss&#233;e, l'art occupe la place f&#233;conde de ce qui d&#233;place ou transforme ; sa terre et sa langue ne sont pas des racines immobilis&#233;es comme ce que voudraient croire les extr&#234;mes droites, mais les moteurs de son nomadisme. Au fond, l'art est apatride ! Parce qu'il connait sa terre, il se moque des fronti&#232;res ! Ses circulations dans l'espace sont aussi l'invention du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie est une cr&#233;ation continue</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Gast</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s l'analyse, la po&#233;sie suit la philosophie. Comment ne pas &#233;crire des po&#232;mes pour Henri Bergson, qui insiste tant sur l'intuition et l'imm&#233;diat instant ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2785-42e65.jpg?1772186898' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'analyse, la po&#233;sie suit la philosophie. Comment ne pas &#233;crire des po&#232;mes pour Henri Bergson, cet homme qui insiste tant sur l'intuition et l'imm&#233;diat instant ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps I&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte du monde, Bergson est un phare&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; d&#233;chiffrer les myst&#232;res du temps et de la vie&lt;br class='autobr' /&gt;
Il invite, non seulement &#224; penser, mais &#224; percevoir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; naviguer entre langage et intuition&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots touchent surtout la surface&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#233;chouent &#224; cerner l'infini&lt;br class='autobr' /&gt;
Prisonniers d'une logique &#224; entraver l'&#226;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; m&#234;me du verbe&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art est un refuge de la v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instinct lutte avec l'intelligence&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'intuition figure le guide int&#233;rieur v&#233;ritable&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque instant dessine une transformation&lt;br class='autobr' /&gt;
Fleuve qui coule, &#233;ternel et inconstant&lt;br class='autobr' /&gt;
Le moi fondamental, enfoui sous les masques&lt;br class='autobr' /&gt;
Attend l'appel du chant pr&#233;sent&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;moire est un tissu de souvenirs&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; s'entrelacent les &#233;chos du pass&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit vibre par del&#224; la chimie&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau n'est pas ma&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais serviteur de l'existence&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers lui, l'&#234;tre apprend &#224; vivre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ressentir les nuances de l'inconnu&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition reconna&#238;t ce lien sacr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui unit &#224; la vie, &#224; l'autre, au divin&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition m&#232;ne au c&#339;ur de toute chose&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette danse &#233;ternelle : la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps II&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bergson est au c&#339;ur de l'instant qui s'&#233;chappe&lt;br class='autobr' /&gt;
Geste, h&#233;sitation d'une aventure fragment&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le langage est un filet trop l&#226;che pour capturer l'existant&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot se d&#233;bat, &#233;choue &#224; transmettre la pulsation du vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
Instinct et intelligence&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un danse, l'autre construit&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce bal, une tension&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui suis-je vraiment ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition surgit&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;n&#232;tre la mati&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Saisit l'indicible&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est une mer &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque vague, un instant&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ressac, la m&#233;moire qui joue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant souterrain&lt;br class='autobr' /&gt;
tactile et vibrant de souvenirs &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui flottent et s'entrem&#234;lent&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moins de l'existence &#233;coul&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la m&#233;moire&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jardin secret, anarchique&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; les impressions poussent&lt;br class='autobr' /&gt;
Fleurs &#233;ph&#233;m&#232;res dans la terre de l'inconscient&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas r&#233;duire, ne pas plier les dimensions de l'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Plut&#244;t explorer l'&#233;merveillement&lt;br class='autobr' /&gt;
Les profondeurs fluctuantes&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'&#226;me complexe o&#249; se d&#233;couvre un &#233;cho&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je suis, ce que je dois &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une mosa&#239;que de sensations&lt;br class='autobr' /&gt;
Acc&#233;der &#224; soi&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est s'aventurer dans l'inconnu&lt;br class='autobr' /&gt;
Se glisser entre les heures&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;treindre l'opacit&#233; du moment&lt;br class='autobr' /&gt;
Bergson ouvre les portes&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#224; pas, vers la part ignor&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la qu&#234;te inachev&#233;e de l'authenticit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps III&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je change donc sans cesse&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est un fluide qui fa&#231;onne l'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
Touchant l'essence du myst&#232;re vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les mots, en fiers b&#226;tisseurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;rigent des murs autour de l'&#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Au tr&#233;fonds se dessine le drame humain&lt;br class='autobr' /&gt;
Des fant&#244;mes d'images dansent au bord&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans l'ombre, &#233;clot l'intuition&lt;br class='autobr' /&gt;
Se glissant entre l'essence et l'instant&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans condition, l'intuition d&#233;voile le divin&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;veille l'&#226;me &#224; sa pr&#233;sence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est une &#233;toffe qui tisse les jours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Bergson murmure le secret du temps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://koleom.jimdofree.com" class="spip_out"&gt;Peter KOL&#233;OM&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : Peter KOL&#233;OM &#8211; Un jour d'audace (2025), Crayon noir (9 x 9 cm), Collection priv&#233;e &#169; Adagp&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@galerieintime&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/@galerieintime&lt;/a&gt; (La chaine de la Galerie Intime)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/bernardgast/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/bernardgast/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'intuition &#233;clairante</title>
		<link>http://www.tk-21.com/L-intuition-eclairante</link>
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		<dc:date>2025-12-28T16:51:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Gast</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Henri Bergson est un philosophe fran&#231;ais, n&#233; en 1859 et mort en 1941, dont la pens&#233;e a notablement influenc&#233; la philosophie et demeure d'actualit&#233;. Incompl&#232;te, comme toute synth&#232;se, cet &#233;crit tente un abr&#233;g&#233; de sa pens&#233;e et cherche &#224; l'ancrer dans le contexte contemporain.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L142xH150/arton2784-002c3.jpg?1772240717' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Henri Bergson est un philosophe fran&#231;ais, n&#233; en 1859 et mort en 1941, dont la pens&#233;e a notablement influenc&#233; la philosophie et demeure d'actualit&#233;. Incompl&#232;te, comme toute synth&#232;se, cet &#233;crit tente un abr&#233;g&#233; de sa pens&#233;e et cherche &#224; l'ancrer dans le contexte contemporain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vie est une cr&#233;ation continue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers une exploration de concepts-cl&#233;s tels que langage, instinct, intelligence, intuition, temps, m&#233;moire, et&#8230; spiritualit&#233;, Henri Bergson invite &#224; acc&#233;der au moi fondamental. Il commence par interroger le langage et ses limitations par rapport &#224; l'instinct et &#224; l'intuition. Mais les notions de mysticisme et d'&#233;nergie vitale s'y m&#234;lent aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, l'humain discerne rarement les faits tel quel. Il applique plut&#244;t des &#233;tiquettes sur le r&#233;el et l'autre. Et ce parce qu'il existe une &lt;i&gt;d&#233;ficience du langage.&lt;/i&gt; Bien qu'&#233;tant l'outil de l'intelligence, le langage est malhabile, voire incomp&#233;tent, pour transposer le savoir intuitif. Bergson met en &#233;vidence la difficult&#233; de parler de soi-m&#234;me et de sa personnalit&#233; lorsqu'il s'agit d'&#234;tre fid&#232;le &#224; la r&#233;alit&#233;. Le mot est si petit pour parvenir &#224; dire le r&#233;el tellement plus riche et nuanc&#233; que la langue. Seule la dimension artistique esquisse un possible chemin d'exploration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art devient une ressource qui manifeste cette connaissance intuitive. Quelle est la finalit&#233; de l'art ? &#212;ter le voile qui s'intercale entre la nature et la conscience. Ce voile est imp&#233;n&#233;trable pour l'homme ordinaire, mais translucide &#224; certains artistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'insuffisance du langage conduit en effet &#224; clarifier ses perceptions, &#224; les simplifier, n&#233;gligeant ainsi la richesse de ces exp&#233;riences int&#233;rieures. Dans le monde contemporain, o&#249; la rationalit&#233; domine aussi, cette vraie qu&#234;te mystique &#8212; au moyen, par exemple, de la pri&#232;re et/ou de la m&#233;ditation &#8212; pourrait-elle enrichir et aider l'individu &#224; trouver un sens plus profond &#224; son existence ? Voire lui offrir une exp&#233;rience fondamentale qui transcende les limites de son intellect ? Qu'il s'agisse de mystique ou d'art, quelle consid&#233;rable diff&#233;rence entre s'assimiler intellectuellement un v&#233;cu spirituel ou artistique et se figurer avec finesse, le myst&#233;rieux de ces myst&#232;res...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe diff&#233;rencie &lt;i&gt;l'intelligence de l'instinct.&lt;/i&gt; L'intelligence, souvent quasi-m&#233;canique, se caract&#233;rise par un &lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt; de l'id&#233;e et vise d'abord &#224; fabriquer. L'esprit acquiert en effet, toute une mani&#232;re habituelle de penser sous l'influence du r&#233;el. Et ces habitudes de penser ont pour but de satisfaire &#224; ce qu'impose l'action. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'intelligence manque parfois de la compr&#233;hension organique que fournit l'instinct&#8230; Henri Bergson critique une approche m&#233;caniste de l'exp&#233;rience humaine. La spiritualit&#233; authentique doit coexister avec des avanc&#233;es rationnelles. Sa notion de vitalisme ne se limite pas &#224; la mati&#232;re ; mais se relie avec la spiritualit&#233; dans la mesure o&#249; cette &#233;nergie s'augmente d'une dimension sup&#233;rieure. L'&#233;nergie vitale n'anime pas seulement l'existence mat&#233;rielle. Elle se lie &#224; quelque chose de plus grand, une sorte de force cr&#233;atrice qui peut s'interpr&#233;ter comme l'essence de Dieu. Cette relation entre l'Homme et l'essence divine est une qu&#234;te constante, reflet du d&#233;sir humain de comprendre l'Univers et sa place en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La co&#239;ncidence avec l'objet correspond &#224; l'intuition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce qui oppose l'intelligence et l'intuition ? L'intelligence comprend la r&#233;alit&#233;, pendant que l'intuition co&#239;ncide instantan&#233;ment avec les choses ext&#233;rieures et donne un acc&#232;s direct au r&#233;el. Ce sont les deux r&#244;les de l'intellect &#8212; intuition et analyse &#8212; oppos&#233;s l'un de l'autre ; mais &#233;galement compl&#233;mentaires. En effet, Bergson situe ces deux facult&#233;s dans les fonctions intellectuelles. L'analyse voit deux, distingue et compare alors que l'intuition voit un, correspond et relie. Ainsi, quand l'intuition s'unit &#224; l'objet ; l'analyse diff&#233;rencie entre les objets. Pour parvenir &#224; l'intuition, il s'agit de s'&#233;carter des mani&#232;res intellectuelles habituelles de penser. L'intuition saisit les choses du dedans. Contrairement &#224; l'intelligence qui compare, l'intuition per&#231;oit un tout et rassemble les &#233;l&#233;ments de l'exp&#233;rience et offre une connaissance plus profonde que celle fournie par l'analyse. Ainsi, l'intuition &#8212; suffisamment cultiv&#233;e avec m&#233;thode et attention particuli&#232;re &#8212; se d&#233;veloppe et devient une voie d'acc&#232;s &#224; une dimension sup&#233;rieure, essentielle pour appr&#233;hender l'exp&#233;rience humaine dans toute sa profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment donc &lt;i&gt;acc&#233;der au moi fondamental ?&lt;/i&gt; Comment depuis une intuition qui saisit les choses du dedans, la vie psychologique du moi se confronte-t-elle au temps pour arriver au moi profond ? Le philosophe conseille une introspection profonde par l'intelligence intuitive de l'existence. Cette compr&#233;hension de soi peut &#234;tre vue comme un chemin vers une connaissance du divin : la recherche d'une dimension plus intense avec l'univers et d'une &#233;nergie cr&#233;atrice qu'il identifie souvent &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, cette soif spirituelle est intrins&#232;que &#224; la condition humaine. L'humain s'invente, sans toujours le savoir, de fausses personnalit&#233;s. Pourquoi ? Pour affronter et &#233;viter les pressions de tous ordres : politiques, sociales et familiales&#8230; Il se construit artificiellement ces personnalit&#233;s, parfois m&#234;me &#224; son propre insu. Ces personnages factices, cr&#233;&#233;s consciemment ou inconsciemment, figurent des mois superficiels. L'Homme est pourtant bien davantage que ces superficialit&#233;s ; il est &#233;galement un&#8230; moi profond. Et se r&#233;sumer &#224; ces mois superficiels, qui sont des carapaces, nuit &#224; l'accueil de la &#171; douce m&#233;lodie &#187; du moi fondamental. Cette musique int&#233;rieure est difficile &#224; reconna&#238;tre, d'autant qu'au quotidien de la vie, l'&#234;tre humain entrem&#234;le son moi profond avec les mois pu&#233;rils et de surface qui l'ali&#232;nent. Les tracas de la r&#233;alit&#233; l'emp&#234;chent donc, d'affermir, voire de confier son moi fondamental. L'approche intuitive rapproche d'une connaissance de l'&#233;nergie cr&#233;atrice, souvent identifi&#233;e &#224; Dieu. Un retour &#224; l'intuition relie l'humain &#224; sa dimension spirituelle offerte par son essence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#234;tre se comprend difficilement lui-m&#234;me : d'abord parce qu'il &#233;volue, ce qui l'encha&#238;ne au temps et, selon les soci&#233;t&#233;s o&#249; il vit. En fait, petite ou grande, la soci&#233;t&#233; blesse l'Homme &#8212; tout en &#233;tant elle-m&#234;me aussi souvent bless&#233;e &#8212; elle le contraint &#224; se prot&#233;ger dans un cocon superficiel plus ou moins transparent, plus ou moins vivable, plus ou moins ali&#233;nant. L'autre cause de sa difficult&#233; &#224; saisir sa personnalit&#233; provient de son moi qui se transforme en permanence. Et oui, l'Homme est dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/bg_dloklj.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH581/bg_dloklj-39f3c.jpg?1772192451' width='500' height='581' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Peter KOL&#233;OM &#8211; Par dela&#768; le verbe (2025)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Crayon noir' (9 x 9 cm), Collection priv&#233;e &#169; Adagp
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma pratique artistique avec les films exprime picturalement la m&#234;me id&#233;e : si je regarde 24 images cons&#233;cutives (1 seconde) d'une bande de films 35 mm du Cin&#233;ma, leurs d&#233;licates variations d'une image &#224; l'autre sont presque toujours invisibles, sauf si j'y pr&#234;te attention et que je souligne ces changements. Or, la tendance ordinaire est d'ignorer ces variations continues. Bergson conclut que la vie psychologique est intrins&#232;quement li&#233;e au temps et que toute tentative de la repr&#233;senter de mani&#232;re statique ne rend pas justice &#224; sa nature dynamique. Chaque instant de conscience, bien qu'il semble fixe, est en r&#233;alit&#233; en perp&#233;tuelle transformation. La m&#233;moire joue un r&#244;le crucial dans ce mouvement, reliant pass&#233; et pr&#233;sent. Cette perception du temps rappelle, par exemple, la recherche contemporaine de pleine conscience, encourageant une exp&#233;rience authentique de l'ici et maintenant. Le pass&#233; fa&#231;onne le pr&#233;sent et influe sur l'avenir. La personnalit&#233; d&#233;coule d'une accumulation d'exp&#233;riences v&#233;cues qui influencent d&#233;sirs et actions. Chaque exp&#233;rience se r&#233;v&#232;le nouvelle et impr&#233;visible, m&#234;me si les circonstances semblent identiques. Chaque souvenir contribue &#224; sa croissance et &#224; sa compr&#233;hension du monde. La dur&#233;e est un processus continu de transformation, o&#249; chaque exp&#233;rience enrichit l'&#234;tre et le pousse vers l'impr&#233;visible. Certes, cette belle invitation &#224; appr&#233;cier le pr&#233;sent tout en reconnaissant la richesse du pass&#233; est un acc&#232;s au moi fondamental. Mais, acc&#233;der &#224; son moi profond ouvre non seulement &#224; sa propre v&#233;rit&#233; int&#233;rieure, mais aussi &#224; la compr&#233;hension de sa relation &#224; ce qui est divin, renfor&#231;ant l'id&#233;e que l'Homme recherche un sens qui d&#233;passe son existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, Bergson distingue entre une dur&#233;e homog&#232;ne, simplifi&#233;e, et une dur&#233;e h&#233;t&#233;rog&#232;ne, complexe, o&#249; les moments de conscience se m&#233;langent. Pour retrouver le moi fondamental, l'humain doit &#233;carter les sch&#233;mas artificiels qu'il interpose entre la r&#233;alit&#233; et lui-m&#234;me. Ce chemin demande un effort vigoureux d'analyse et seule une introspection profonde permet de dissocier les exp&#233;riences internes de leur repr&#233;sentation ext&#233;rieure. En faisant cela, l'humain prend le risque de d&#233;couvrir une complexit&#233; de son identit&#233;, qui d&#233;passe les st&#233;r&#233;otypes, et les &#233;tiquettes que la soci&#233;t&#233; et autres emp&#234;chements int&#233;rieurs lui imposent&#8230; Comme le moi est profond&#233;ment associ&#233; avec le temps, ce que chacun est aujourd'hui est bien le r&#233;sultat de tout ce qu'il a v&#233;cu. La personnalit&#233; est indissociablement li&#233;e avec l'histoire personnelle parce qu'elle est form&#233;e par les souvenirs et les exp&#233;riences pass&#233;es accumul&#233;es au fil du temps. &lt;strong&gt;Le moi est donc m&#233;moire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bergson distingue entre une m&#233;moire d'habitude, qui s'installe par la r&#233;p&#233;tition, et la m&#233;moire pure, construite de souvenirs d'&#233;v&#232;nements uniques et dat&#233;s. Ces derniers, riches en &#233;motions, dessinent le pass&#233; avec une couleur et une profondeur qui s'implantent dans la conscience et alimentent l'intuition. La double nature de la m&#233;moire r&#233;v&#232;le &#224; l'Homme son aptitude &#224; se souvenir, mais aussi &#224; vivre et &#224; cr&#233;er. Le pass&#233; surgit alors en &lt;i&gt;&#171; images-souvenirs &#187; depuis l'inconscient.&lt;/i&gt; Ce sont des souvenirs enfouis qui persistent ind&#233;finiment au fond de soi. Derri&#232;re ceux qui surgissent &#224; l'&#233;tat de veille, se cachent de nombreuses images, des fant&#244;mes qui se manifestent si l'&#234;tre leur accorde attention. Ces fant&#244;mes peuvent surgir &#224; l'&#233;tat de veille, lorsque l'Homme prend le temps de s'&#233;loigner de sa r&#233;alit&#233; pr&#233;sente ; mais ils n&#233;cessitent une introspection pour &#234;tre pleinement int&#233;gr&#233;s &#224; la conscience. Il se r&#233;v&#232;le essentiel de se relier &#224; ces souvenirs pour acc&#233;der &#224; une compr&#233;hension plus compl&#232;te de soi-m&#234;me. Cela illustre la puissance de l'inconscient dans la formation de l'identit&#233; et la qu&#234;te d'un sens plus vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette danse &#171; macabre &#187; dans l'inconscient pousse Bergson &#224; distinguer la pens&#233;e du cerveau. Le cerveau mime l'activit&#233; de l'esprit, mais ne produit pas la pens&#233;e. Ce scepticisme quant &#224; la r&#233;duction des exp&#233;riences mentales &#224; des processus m&#233;caniques est particuli&#232;rement pertinent dans le d&#233;bat scientifique contemporain sur le cerveau, que ce soit dans les neurosciences ou les recherches sur l'intelligence artificielle. Bergson appelle &#224; reconna&#238;tre que l'esprit et la pens&#233;e sont ind&#233;pendants tout en &#233;tant en interaction avec l'exp&#233;rience de la r&#233;alit&#233;. Ce philosophe aboutit donc &#224; une &lt;i&gt;approche novatrice des relations entre la pens&#233;e et le cerveau.&lt;/i&gt; M&#234;me en imaginant observer l'activit&#233; des atomes &#224; l'int&#233;rieur du cerveau, ne se comprend qu'une petite partie de la vie int&#233;rieure de l'esprit. &#171; Le cerveau est l'organe de l'attention &#224; la vie &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.bernardgast.com" class="spip_out"&gt;www.bernardgast.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : Bernard Gast &#8211; L'intuition du temps (2025) &#224; Bergson, &#034;Peinture avec le cin&#233;ma&#034; (1,32 m x 1,40 m) &#169; Adagp (&lt;a href=&#034;https://koleom.jimdofree.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://koleom.jimdofree.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/hlqwqv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/hlqwqv.jpg' width=&#034;558&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet article est une exclusivit&#233; pour &lt;strong&gt; &lt;i&gt;TK-21 Larevue.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; Il existe aussi un essai plus &#233;toff&#233;, de &#171; L'intuition &#233;clairante&#8230; &#187; chez Henri Bergson &#233;dit&#233; par I Gallery Editions sous le m&#234;me titre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/dp/2958564266&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amazon.fr/dp/2958564266&lt;/a&gt; ou sur igalleryeditions@free.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Foucault 2025</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Foucault-2025</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tk-21.com/Foucault-2025</guid>
		<dc:date>2025-11-30T18:17:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cori Shim</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La vid&#233;o &#171; Foucault 2025 &#187; est &#233;labor&#233;e &#224; partir d'une vid&#233;o d'archives d'INA de l'interview men&#233;e par Pierre Dumayet avec Michel Foucault, &#224; l'occasion de la publication de &#171; Les Mots et les Choses &#187; en 1966. Cet entretien film&#233; o&#249; le philosophe d&#233;veloppe sa pens&#233;e par l'extraordinaire vivacit&#233; de l'expression physique et gestuelle. Je dirais m&#234;me que c'est un langage augment&#233; qui accompagne ces moments pr&#233;cis de sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH120/arton2763-30634.jpg?1772186898' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vid&#233;o &#171; Foucault 2025 &#187; est &#233;labor&#233;e &#224; partir d'une vid&#233;o d'archives INA de l'interview men&#233;e par Pierre Dumayet avec Michel Foucault, &#224; l'occasion de la publication de &#171; Les Mots et les Choses &#187; en 1966. Un entretien film&#233; o&#249; le philosophe d&#233;veloppe sa pens&#233;e par l'extraordinaire vivacit&#233; de l'expression physique et gestuelle. Je dirais m&#234;me que c'est un langage augment&#233; qui accompagne ces moments pr&#233;cis de sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Penser est un proc&#233;d&#233; invisible, voire myst&#233;rieux, qui devient une manifestation s'extrayant de l'int&#233;rieur du corps (cerveau) &#224; l'ext&#233;rieur par l'&#233;nonciation. Ce processus est la source de mon questionnement : &lt;br class='autobr' /&gt;
comment, en tant que public, peut-on le percevoir dans le langage global ? Qu'est-ce qui est per&#231;u et comment peut-on l'interpr&#233;ter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme corporelle de l'&#233;nonciation, &#224; savoir le volume, le timbre et le poids g&#233;n&#233;r&#233;s gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie, cr&#233;e une synergie avec son contenu, qui permet de capter ces moments &lt;i&gt;in situ.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; va et vient &#187; entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur du corps est une ritournelle d'un mouvement entre le visible et l'invisible. En sch&#233;matique, on pourrait aussi les appeler la forme et le contenu. Le spectateur de la vid&#233;o est t&#233;moin d'exp&#233;riences visuelles parall&#232;lement &#224; l'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon travail consiste alors &#224; exacerber le visible afin d'&#233;voquer justement l'invisible. Cela passe par manipulation de la vid&#233;o, tout en gardant le contenu de l'audio intact, qui est le discours du philosophe. Ce sont des transformations de mani&#232;re plastique telles que le chevauchement, le changement de couleur, le changement de cadre et le changement de rythmes, y compris des arr&#234;ts volontaires sur l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite ainsi susciter un r&#244;le actif du public d'aujourd'hui. Ce dernier peut observer le corps du philosophe qui r&#233;fl&#233;chit, segmente et souligne le contenu des pens&#233;es qui v&#233;hiculent. Il choisit des vocabulaires ad&#233;quats, tout en s'effor&#231;ant d'optimiser la communication avec son interlocuteur. Les signes physiques du philosophe participent au renforcement de l'effet de ses propos par &lt;i&gt;intrication&lt;/i&gt; avec le langage contenant de ses pens&#233;es. Cette cr&#233;ation vid&#233;o se veut t&#233;moin de la corr&#233;lation entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1135675944?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Cori Shim, Foucault 2025&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Foucault 2025 &#187;, Vid&#233;o, HD, 5 min environ. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;a href='http://www.tk-21.com/Sol-Mur-Temps-Intrication-2023' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sol Mur Temps/Intrication 2025&lt;/u&gt; est un projet curatorial de &lt;u&gt;Chong Jae Kyoo&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Illimitation</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Illimitation</link>
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		<dc:date>2025-03-31T08:34:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Reprise de la libre lecture du &#171; Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Flahault avec quelques &#233;chos musicaux du &#171; Prometeo. Tragedia dell'ascolto &#187; de Luigi Nono&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Mythologie" rel="tag"&gt;Mythologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH85/arton2652-467c4.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Reprise de la libre lecture du &#171; Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Flahault avec quelques &#233;chos musicaux du &#171; Prometeo. Tragedia dell'ascolto &#187; de Luigi Nono&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si l'ultralib&#233;ralisme puise dans les ressources que lui offre la plan&#232;te au risque de d&#233;grader le milieu de vie que celle-ci constitue, il puise &#233;galement dans le capital social et civilisationnelle des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles il se d&#233;ploie au risque de d&#233;t&#233;riorer les liens non marchands qui soutiennent l'existence humaine. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Gaia d'abord enfanta Ouranos &#233;toil&#233; elle enfanta les hautes montagnes aussi la mer st&#233;rile qui bout puis unie &#224; Ouranos Ok&#233;anos tourbillons profonds Koios et Krios et Hyp&#233;rion et Iap&#233;tos et Theia et Themis et Mnemosyne et Phoibe... &#233;coute... l'aimable T&#233;thys...le dernier qu'elle enfanta fut le subtil Kronos plus terrible des enfants... Iap&#233;tos &#233;pousa... l'Ok&#233;naide aux belles chevilles Klim&#233;n&#232;... elle enfanta... M&#233;noitios Epim&#233;theus Prometheus subtil alerte Ithax... &#233;coute... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luigi Nono, &#171; Prometeo &#187;, (extrait du prologue)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#339;uvre largement inspir&#233;e de la &#171; Th&#233;ogonie &#187; d'H&#233;siode &#8211; Ch&#339;ur et voix parl&#233;es.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L478xH570/photo02-72d46.jpg?1742661868' width='478' height='570' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Page d'un carnet de travail de Luigi Nono relative au prologue de son &#171; Prometeo &#187;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; les hommes &#233;ph&#233;m&#232;res... des larves de r&#234;ve... habitaient sous terre comme des fourmis... jusqu'&#224; ce que moi je leur montre l'aurore et le cr&#233;puscule &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; toi &#224; cette falaise immobile... tu fl&#233;triras dans les ardeurs du soleil... es-tu comme un nouveau seigneur envieux et impr&#233;visible... Prometheus cette esp&#233;rance se lib&#233;rer du dieu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[...] crois-tu ton feu tout puissant ? nommes-tu v&#233;rit&#233; cette &#233;troite clairi&#232;re ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de la premi&#232;re &#238;le du Prometeo inspir&#233; du &#171; Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e se pr&#233;occupe des hommes, c'est entendu... Il leur apporte le feu, donc les &#171; Arts &#187; au sens large que les Grecs anciens donnaient &#224; ce terme, c'est une certitude ! Mais ce feu suffit-il &#224; lui seul &#224; faire civilisation, et plus simplement soci&#233;t&#233; ? Le dieu du Christianisme, lui, donne aux hommes &lt;i&gt;&#171; une &#226;me raisonnable et immortelle &#187;&lt;/i&gt; et puis les hommes, pour des &#171; raisons &#187; pratiques, s'organisent en soci&#233;t&#233;, et &#231;a ce n'est pas vrai du tout parce que des formes de soci&#233;t&#233;s ont exist&#233; bien avant que les hommes soient compl&#232;tement des hommes, bien avant que le processus d'hominisation soit achev&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'homme est un animal social &#187;&lt;/i&gt;, enfin c'est ce qui a &#233;t&#233; dit, mais la soci&#233;t&#233; est-elle une fin en soi pour tous les hommes et... pour toutes les femmes ? &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; n'existe pas &#187;&lt;/i&gt; dira beaucoup beaucoup plus tard Margaret Thatcher, en embo&#238;tant gaillardement le pas &#224; Ayn Rand, l'id&#233;ologue en chef des ultralib&#233;raux &#233;tats-uniens. Toujours est-il qu'au Moyen &#194;ge tardif puis &#224; la premi&#232;re Renaissance certains, philosophes et th&#233;ologiens, consid&#233;raient que la d&#233;ch&#233;ance qui faisait suite au p&#233;ch&#233; originel, avait constitu&#233; une r&#233;elle opportunit&#233; de progr&#232;s et de connaissance et avait permis de reconsid&#233;rer le r&#244;le de Dieu, de le recr&#233;er en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant, Lucr&#232;ce revisitant les th&#232;ses d'&#201;picure, prolongateur des Atomistes, allait encore plus loin en prescrivant la qu&#234;te de savoir pour se d&#233;barrasser des mythes et de la superstition religieuse (4). Mais dans le polyth&#233;isme grec il n'y a pas de cr&#233;ateur. Ga&#239;a, la d&#233;esse m&#232;re de tous les immortels, jaillit de Chaos ou Faille, ab&#238;me certes mais aussi principe primordial. Du reste pour les philosophes grecs, enfin ceux qui se sont livr&#233;s &#224; ces superbes sp&#233;culations cosmologiques, je veux dire les Atomistes d&#233;j&#224; cit&#233;s, les Mil&#233;siens et surtout le sublime Anaxagore et son No&#251;s, principe premier de l'Univers ou intelligence universelle, l'inspirateur de Teilhard de Chardin pour sa noosph&#232;re, il n'est absolument pas question des dieux et donc pas de Prom&#233;th&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Atomistes : Leucippe et D&#233;mocrite (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re). Mil&#233;siens : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Chr&#233;tiens Dieu est le cr&#233;ateur de toutes les choses, donc de la chose humaine, et pourtant pur esprit il lui a donn&#233; sa propre image &#224; lui, l'homme. Les philosophes et les th&#233;ologiens chr&#233;tiens, sujets pensants par excellence, abandonnent &#224; la masse des fid&#232;les la croyance en la vie &#233;ternelle, dans l'au-del&#224;, ainsi qu'en la Providence divine, r&#233;confort et protection si besoin est, et pour eux il va s'agir d'accro&#238;tre leur &lt;i&gt;&#171; parent&#233; avec Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Il ne s'agit plus de vie &#233;ternelle mais de &lt;i&gt;&#171; conna&#238;tre ce que Dieu connait &#187;&lt;/i&gt; et partant de se conna&#238;tre &#224; travers lui. &lt;i&gt;&#171; L'homme [monoth&#233;iste]&lt;/i&gt;, dit Fran&#231;ois Flahault, g&lt;i&gt;r&#226;ce au privil&#232;ge de la pens&#233;e qui l'apparente &#224; Dieu, a le pouvoir de retrouver ce que Dieu a pens&#233;. &#187;&lt;/i&gt; De fait, l'Homme a la volont&#233; d'acqu&#233;rir lui-m&#234;me une sorte de transcendance par rapport au Monde, en p&#233;n&#233;trant les lois de la Nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; d&#233;j&#224; l'entreb&#226;illement d'une porte vers l'Illimitation, avant la r&#233;surgence du mythe de Prom&#233;th&#233;e li&#233;e &#224; la red&#233;couverte des textes anciens, grecs et latins, avec la Renaissance. Ainsi, Henri Estienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Estienne (1531-1598).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, imprimeur, humaniste et polyglotte, traducteur d'Eschyle, fait r&#233;solument de Prom&#233;th&#233;e le cr&#233;ateur d'Adam, et affirme que le feu qu'il a d&#233;rob&#233; au ciel n'est pas destin&#233; &#224; donner vie &#224; ce dernier &#8212; ou plut&#244;t &#224; ce premier, mais bien &#224; lui apporter toutes les techniques dont il pourra avoir besoin. Le feu est bien la pomme de la Connaissance. Reconna&#238;tre dans le condamn&#233; le bienfaiteur supr&#234;me, le r&#233;dempteur, c'est faire justice. Et les astronomes, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de se lancer dans la compr&#233;hension, par l'observation et les calculs, cette fois-ci, de la m&#233;canique c&#233;leste &#8212; Tycho Brahe et son g&#233;o-h&#233;liocentrisme, puis Copernic et Kepler avec leur h&#233;liocentrisme, enfin Galil&#233;e avec son &lt;i&gt;&#171; &#233;criture math&#233;matique du livre de l'univers &#187; &lt;/i&gt; comme il disait. Les math&#233;matiques r&#233;v&#232;lent des causalit&#233;s qu'on ne soup&#231;onnait pas. Il y a un profond d&#233;sir de comprendre les choses c&#233;lestes mais probablement pas de prom&#233;th&#233;isme en t&#234;te ni d'hubris, &#224; l'instar des Grecs anciens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est remis en question ce n'est pas la transcendance mais le dogme &#171; cosmologique &#187; que repr&#233;sentent Aristote et Ptol&#233;m&#233;e, parce que davantage qu'insuffisant il est totalement erron&#233;, et c'est l&#224; une d&#233;marche passablement dangereuse face &#224; la broyeuse inquisitoriale. Toujours est-il, accro&#238;tre sa connaissance, d&#233;couvrir, c'est repousser les limites impos&#233;es par la Nature et la religion, compl&#233;ter et parfaire la construction du Soi.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L308xH238/photo03-08f57.jpg?1742661868' width='308' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ptol&#233;m&#233;e, G&#233;ocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L305xH244/photo04-93188.jpg?1742661868' width='305' height='244' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tycho Brahe, G&#233;o-h&#233;liocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22263 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L304xH254/photo05-6c316.jpg?1742661868' width='304' height='254' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Copernic et Kepler, H&#233;liocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault d&#233;cerne &#224; la Science un r&#233;el pouvoir &#233;mancipateur par rapport &#224; la transcendance, mais le terme est peut-&#234;tre excessif pour l'&#233;poque, la Renaissance. Toujours est-il, au-del&#224; de la christianisation du mythe op&#233;r&#233;e par les philosophes et les th&#233;ologiens qui conduit &#224; reconsid&#233;rer la relation &#224; Dieu, en quelque sorte &#224; refa&#231;onner son image, &#224; le recr&#233;er, c'est le c&#244;t&#233; transgressif de Prom&#233;th&#233;e qui va en fasciner beaucoup, les Lumi&#232;res, les r&#233;volutionnaires, puis les Romantiques, puis les scientistes, puis les id&#233;ologues, puis les dictateurs, puis les &#233;conomistes, jusqu'aux affairistes et politiciens contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Romantiques r&#233;habiliteront les r&#233;prouv&#233;s, les d&#233;chus, Adam, Ca&#239;n, Lucifer, le porteur de lumi&#232;re que certains d'entre eux assimileront &#224; Prom&#233;th&#233;e. Ils esth&#233;tiseront le Prom&#233;th&#233;isme mais au fil du temps on glissera de ce prom&#233;th&#233;isme po&#233;tique, vers un prom&#233;th&#233;isme doctrinal pour lequel la soif de Justice et les aspirations artistiques ne seront plus du tout le moteur et ceci au profit de l'exigence d'Illimitation de l'homme m&#233;ritant, &#171; l'homme d'exception &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault &#233;tablit une g&#233;n&#233;alogie d&#233;taill&#233;e et une analyse &#233;rudite de ce qu'il appelle &lt;i&gt;&#171; l'id&#233;al prom&#233;th&#233;en &#187;&lt;/i&gt;, puis il &#233;voquera le Robinson Cruso&#233; de Daniel Defoe et surtout il analysera l'&#339;uvre de Jules Verne dans laquelle les &#171; hommes d'exception &#187; pulluleront, N&#233;mo, Robur, Lidenbrock, Hatteras et quelques autres, tous personnages de d&#233;mesure baignant dans une &#233;paisse soupe scientiste. Enfin, il va s'attaquer au lib&#233;ralisme qui constamment dans la d&#233;mesure va rapidement devenir ultra, l'ultralib&#233;ralisme donc, accompagn&#233; dans sa soif de conqu&#234;te du Monde par un courant &#171; philosophique &#187;, l'objectivisme, qu'on finira par appeler libertarianisme, m&#234;me si ce qualificatif ne plait pas &#224; certains tenants dudit objectivisme. Il y est question de r&#233;alit&#233;, de raison et d'individualisme forcen&#233;. Et cette philosophie, c'est Ayn Rand, nom que s'est donn&#233; la fille d'un pharmacien de Saint-P&#233;tersbourg apr&#232;s s'&#234;tre r&#233;fugi&#233;e tr&#232;s jeune aux &#201;tats-Unis et qui, malgr&#233; une assez faible culture philosophique, l'a bricol&#233;e plus ou moins &#224; partir d'Aristote et largement propag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayn Rand &#233;tait passionn&#233;e de cin&#233;ma et dans un premier temps elle a &#233;crit des sc&#233;narios pour Hollywood. Puis viendront des romans dont deux seront rapidement des bestsellers aux &#201;tats-Unis, des compl&#233;ments de la Bible dit-on : &#171; Atlas Shruggled &#187;,(Atlas leva les &#233;paules) qu'elle appellera plus tard &#171; La gr&#232;ve &#187;, et surtout &#171; The Fountainhead &#187;, la source vive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport peut entretenir Ayn Rand avec Prom&#233;th&#233;e ? Qu'est-ce qui peut bien rattacher sa &#171; philosophie &#187; au Prom&#233;th&#233;isme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que d'origine juive, Alissa Rosenbaum, Ayn Rand, est profond&#233;ment ath&#233;e. La question de la toute-puissance de Dieu ne se pose donc pas pour elle. Il n'y a pas de transcendance &#224; contester ni &#224; renverser. En cela, elle se d&#233;marque de l'une de ses sources d'inspiration, Ralph Waldo Emerson, le p&#232;re du transcendantalisme am&#233;ricain, qui affirmait que l'individu cr&#233;ateur &lt;i&gt;&#171; partage l'existence autonome de la d&#233;it&#233; &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le transcendantisme, mouvement litt&#233;raire et philosophique, reprenant en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle fait dire &#224; Howard Roark, son h&#233;ros de &#171; The Fountainhead &#187; : &lt;i&gt;&#171; Le cr&#233;ateur ne sert rien ni personne. Il ne vit que pour lui-m&#234;me. Et c'est en vivant pour lui-m&#234;me que l'homme est capable de r&#233;aliser les &#339;uvres qui sont l'honneur de l'humanit&#233;... Le cr&#233;ateur vit pour son &#339;uvre... Son v&#233;ritable but est en lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le cr&#233;ateur c'est Roark pas Dieu. Roark est l'homme prom&#233;th&#233;en, il cr&#233;e, mais c'est un Prom&#233;th&#233;e &#233;go&#239;ste, il ne cr&#233;&#233; que pour lui et si les autres s'&#233;merveillent de cette cr&#233;ation tant mieux mais ce n'est pas l'objectif. Comme l'indique Fran&#231;ois Flahault &lt;i&gt;&#171; il y a un droit naturel et souverain de l'individu &#187;&lt;/i&gt; et il ajoute &#224; propos de Roark que c'est le &lt;i&gt;&#171; type de g&#233;nie romantique, de l'artiste qui tire son &#339;uvre de son propre fond... se place au-dessus du commun des mortels &#187;&lt;/i&gt;. Prom&#233;th&#233;e qui n'est plus dieu demeure le mod&#232;le de l'homme d'exception, en l'occurrence l'architecte prodige Howard Roark, un rebelle, un insurg&#233; envers la soci&#233;t&#233;... L'homme prom&#233;th&#233;en !
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L466xH284/photo06-0a024.jpg?1742661868' width='466' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gary Cooper dans &#171; Le rebelle &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;version cin&#233;matographique de &#171; The Fountainhead &#187;.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ayn Rand ne connaissait rien &#224; l'Art en g&#233;n&#233;ral et &#224; l'architecture en particulier, m&#234;me si certains avancent qu'elle aurait pu &#234;tre influenc&#233;e par la grande figure de Frank Lloyd Wright, mais elle a fait de son h&#233;ros un &#171; artiste romantique &#187; &#224; la virilit&#233; extr&#234;me et &#224; la sexualit&#233; violente qui rejette, voire m&#234;me cherche &#224; d&#233;truire, l'architecture europ&#233;enne car bourr&#233;e de fioritures classiques selon lui. Il veut r&#233;aliser &lt;i&gt;&#171; des buildings audacieux, modernes, am&#233;ricains &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aborder l'univers d'Ayn Rand, c'est plonger dans l'&#226;me noire de l'Am&#233;rique, ou plus pr&#233;cis&#233;ment des &#201;tats-Unis, c'est c&#244;toyer ses d&#233;mons. Et du point de vue d&#233;moniaque Roark, qui n'accepte aucune limite, va tr&#232;s loin. Il dynamite un immeuble qui vient d'&#234;tre achev&#233; parce qu'il estime qu'on a d&#233;tourn&#233; son projet, qu'on l'a d&#233;natur&#233; pour l'adapter au go&#251;t du public. Il lancera au tribunal pour sa d&#233;fense que &lt;i&gt;&#171; Les grands cr&#233;ateurs, les penseurs, les artiste, les savants, les inventeurs, se sont toujours dress&#233;s, solitaires, contre les hommes de leur temps &#187;&lt;/i&gt;. Il sera acquitt&#233; tout en ayant affich&#233; son m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de ceux qui ne sont pas des hommes d'exception, les gens ordinaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques ann&#233;es sur une sc&#232;ne en Avignon, Ivo van Hove a donn&#233; une adaptation tr&#232;s fid&#232;le, dans ses outrances et sa crudit&#233;, de &#171; The Fountainhead &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence gentiment, rien de tonitruant, si ce n'est qu'on y &#233;voque un acte sexuel vif et forc&#233;, c'est dans le texte de Rand et pas dans le film de King Vidor, mais il y a de tr&#232;s belles d&#233;clarations au sujet de la libert&#233; auxquelles tout le monde ne peut que souscrire. On continue en durcissant progressivement le propos, le tout entrecoup&#233; de l'effeuillage d'une femme superbe, pour en finir avec un cr&#233;do libertarien tr&#232;s long et totalement insupportable dont les moments forts, hurlements du d&#233;sir &#171; d'exister librement &#187; sans aucune entrave ni contrainte pour l'homme d'exception, sont soulign&#233;s par les applaudissements des deux premiers rangs, les autres restant parfaitement silencieux car sous le choc de l'inacceptable. Tout le monde sort de la repr&#233;sentation les nerfs &#224; vif, sauf les deux premiers rangs, sans m&#234;me avoir salu&#233; les com&#233;diens, ni m&#234;me la femme superbe ce qui est terriblement injuste. &#171; The Fountainhead &#187; est de la pure propagande, nocive, o&#249; l'on proc&#232;de par glissement progressif du raisonnement (8). &lt;i&gt;&#171; Le prom&#233;th&#233;isme d'Ayn Rand donne tous les droits aux individus d'exception &#187; &lt;/i&gt; r&#233;sume Fran&#231;ois Flahault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'&#233;conomistes &#233;tats-uniens, conduits par Ludwig von Mises et son &#233;l&#232;ve Friedrich von Hayek, ont reconnu tr&#232;s t&#244;t Ayn Rand et sa philosophie objectiviste en ce qu'elle &#233;tait porteuse des m&#234;mes valeurs que celles qu'ils d&#233;fendaient &#224; savoir &lt;i&gt;&#171; le droit naturel et souverain de l'individu &#187; &lt;/i&gt; face au collectif, la libert&#233; d'entreprendre et le mot d'ordre &lt;i&gt;&#171; laissez faire &#187;&lt;/i&gt;. Seul l'individu est r&#233;el et rationnel. Il se doit d'&#234;tre &#233;go&#239;ste, on parlera&lt;i&gt; &#171; d'&#233;go&#239;sme rationnel &#187;&lt;/i&gt; et les relations humaines doivent &#234;tre rationnelles. Les hommes doivent traiter les uns avec les autres &lt;i&gt;&#171; sur la base d'un &#233;change librement consenti &#187;&lt;/i&gt; mais contractuel et &lt;i&gt;&#171; un minimum d'&#201;tat reste n&#233;cessaire pour garantir les droits individuels &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire pour donner un cadre juridique au contrat mais pas plus. Fran&#231;ois Flahault rappelle que pour Rand et Hayek &lt;i&gt;&#171; toute forme de politique sociale [est] le cheval de Troie du collectivisme &#187;&lt;/i&gt;, et que &lt;i&gt;&#171; les pr&#233;l&#232;vements fiscaux constituent un abus de pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. Toute contrainte, de quelque nature qu'elle soit est contreproductive. Laissez faire ! Ce qu'il faut c'est une &#233;conomie libre qui repose sur la libre collaboration des individus. &lt;i&gt;&#171; C'est de la rencontre des &#233;go&#239;smes et de leur harmonisation naturelle par la main invisible du march&#233; que nait la richesse g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y a surgissement d'une nouvelle transcendance, le march&#233;, pour laquelle la &#171; main invisible &#187; serait l'&#233;quivalent de la providence divine. La main invisible du march&#233; est une formule qu'a utilis&#233;e l'&#233;conomiste classique Adam Smith notamment dans son &#339;uvre majeure &#171; Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations &#187; et qui d&#233;signe les m&#233;canismes par lesquelles le march&#233; s'auto-r&#233;gule. On parle aussi d'un &lt;i&gt;&#171; jeu naturel des causes &#187;&lt;/i&gt; mais qui repose aussi sur la raison. Pour Hayek les acteurs &#233;conomiques sont toujours rationnels ce que les faits, les paniques boursi&#232;res par exemple, d&#233;mentent absolument. Tout ce que fait l'&lt;i&gt;homo oeconomicus&lt;/i&gt;, l'une des formes du &#171; sujet connaissant &#187; et de l'homme prom&#233;th&#233;en, s'inscrit dans des processus rationnels. Chasser une transcendance c'est cr&#233;er un vide et la nature humaine a horreur du vide d'o&#249; les cultes &#233;ph&#233;m&#232;res rendus &#224; la D&#233;esse raison et &#224; l'&#202;tre supr&#234;me, dans d'autres circonstances et &#224; une autre &#233;poque.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L438xH628/photo08-35652.jpg?1742661868' width='438' height='628' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Le prom&#233;th&#233;isme ultralib&#233;ral et libertarien repose sur quatre piliers qui constituent pour Fran&#231;ois Flahault quatre &lt;i&gt;&#171; erreurs fondamentales &#187;&lt;/i&gt; et qu'il s'emploiera &#224; d&#233;monter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#234;tre humain se con&#231;oit en dehors de la nature ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le discours sur la rationalit&#233; ne fait que masquer la propension de l'Homme &#224; l'Illimitation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le d&#233;ni de l'interd&#233;pendance humaine en op&#233;rant la distinction entre l'Homme et la soci&#233;t&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'affirmation de soi inconditionnelle et absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve Mises et Hayek en Suisse au mont P&#232;lerin o&#249; ils fonderont avec d'autres, dont le tristement c&#233;l&#232;bre Milton Friedman, p&#232;re de la th&#233;orie mon&#233;tariste et ma&#238;tre &#224; penser des Chicago Boys qui ont fait du Chili de Pinochet un laboratoire, un groupe de r&#233;flexion dit la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin. Cette &#171; soci&#233;t&#233; &#187; est en fait la m&#232;re de tous les &#171; think tanks &#187;, organisations &#171; priv&#233;es &#187; et ultralib&#233;rales qui abreuvent de leurs conseils, aujourd'hui-m&#234;me, tous les d&#233;cideurs du Monde. Il s'agissait alors de cr&#233;er la bible, encore une, de l'&#233;conomie dite de march&#233; et de la pens&#233;e lib&#233;rale et de rejeter le keyn&#233;sianisme, &#224; l'instar de Ayn Rand qui l'assimilait, ainsi que le New Deal de Roosevelt, au communisme. De nombreux membres de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin ont re&#231;u le prix de la Banque de Su&#232;de, le Nobel d'&#233;conomie sur lequel les &#201;tats-Unis exercent un quasi-monopole.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/photo10-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH249/photo10-2-c6759.jpg?1772213244' width='500' height='249' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hayek pr&#233;sidant une s&#233;ance de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Je ne sais plus qui a dit que le lib&#233;ral, et &#224; fortiori l'ultralib&#233;ral, est un &#171; religieux &#187; qui pousse la logique de son &#233;glise au paroxysme en v&#233;n&#233;rant non seulement l'&#233;conomie de march&#233; et l'entreprise priv&#233;e, mais aussi en pr&#244;nant la suppression des libert&#233;s individuelles pour le commun, la cessation de toute r&#233;gulation &#233;tatique et le &#171; laissez-faire &#187; int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prom&#233;th&#233;isme de Ayn Rand a impr&#233;gn&#233;, et impr&#232;gne toujours, la vie &#171; intellectuelle &#187; et politique des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et contamine particuli&#232;rement les R&#233;publicains, malgr&#233; son ath&#233;isme, mais on peut dire aussi, aujourd'hui, une grande partie du camp d&#233;mocrate, gens de Wall Street et de la Silicon Valley, du monde de l'Art et du spectacle etc... &lt;i&gt;&#171; Les &#201;tats-Unis furent [sont] la premi&#232;re soci&#233;t&#233; morale de l'histoire &#187;&lt;/i&gt;, proclamait-elle en oubliant l'esclavage suivi par la s&#233;gr&#233;gation raciale et le massacre des &#171; Natives &#187;, premier g&#233;nocide de l'histoire moderne. Cette id&#233;ologie contamine les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique donc mais pas seulement, toute l'Europe et le Monde entier aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dystopie globale !
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;122&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L426xH270/photo09-a7325.jpg?1742661951' width='426' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ayn Rand t&#233;moignant devant la commission des activit&#233;s anti-am&#233;ricaines institu&#233;e par le Maccarthysme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;le 20 octobre 1947
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ils tombent les hommes souffrants aveugl&#233;ment comme l'eau de falaise en falaise vers l'incertain en bas... dans l'incertain en bas... fr&#232;res malheureux du dieu du dieu fr&#232;res malheureux. &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de la deuxi&#232;me &#238;le du Prometeo inspir&#233; de &#171; Hyp&#233;rion &#187; d'H&#246;lderlin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre et octobre 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#339;uvre largement inspir&#233;e de la &#171; Th&#233;ogonie &#187; d'H&#233;siode &#8211; Ch&#339;ur et voix parl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de la premi&#232;re &#238;le du Prometeo inspir&#233; du &#171; Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233; d'Eschyle &#187;. Selon Nono, le dialogue entre Hepha&#239;stos et Prom&#233;th&#233;e ne doit pas &#234;tre dit mais ressenti &#224; partir des quatre groupes orchestraux et des solos de cordes, avec intervention de Mythologie dont le texte s'entend.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Atomistes : Leucippe et D&#233;mocrite (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mil&#233;siens : Thales, Anaximandre et Anaxim&#232;ne (6&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Anaxagore (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Noosph&#232;re : sph&#232;re de la pens&#233;e humaine qui enveloppe la Terre, au-dessus de l'atmosph&#232;re, dans laquelle certains voient l'annonce d'Internet. Concept cr&#233;&#233; par Vladimir Vernadski (1863-1945) et d&#233;velopp&#233; par Pierre Theilhard de Chardin (1881-1955).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Estienne (1531-1598).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le transcendantisme, mouvement litt&#233;raire et philosophique, reprenant en gros la th&#232;se de Rousseau : &#171; L'Homme est n&#233; bon, c'est la soci&#233;t&#233; qui le corrompt et le rend mis&#233;rable &#187;. Il pr&#244;ne le respect de l'Homme &#224; l'&#233;gard de la nature. Grands noms : Emerson (&#171; Nature &#187;, 1836) et Thoreau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de la deuxi&#232;me &#238;le du Prometeo inspir&#233; de &#171; Hyp&#233;rion &#187; d'H&#246;lderlin avec transformation &#233;lectronique des voix chant&#233;es et parl&#233;es ce qui donne un sentiment d'instabilit&#233; et de chute.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Membres de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin lors de sa premi&#232;re rencontre en 1947.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Miguel Abensour et Levinas</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Giorgio-Agamben-et-Levinas</link>
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		<dc:date>2025-03-31T08:10:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Miguel Abensour fait figure de philosophe politique majeur des temps contemporains. Retour sur une &#339;uvre o&#249; l'ordre politique est r&#233;inscrit dans l'&#233;paisseur historique de ses origines th&#233;ologiques, et o&#249; les notions de &#171; &lt;i&gt;dispositif&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;commandement&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;destitution&lt;/i&gt; &#187;, infusent largement pens&#233;es et pratiques politiques radicales contemporaines.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH94/arton2641-6f91d.jpg?1772269676' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Miguel Abensour fait figure de philosophe politique majeur des temps contemporains. Retour sur une &#339;uvre o&#249; l'ordre politique est r&#233;inscrit dans l'&#233;paisseur historique de ses origines th&#233;ologiques, et o&#249; les notions de &#171; &lt;i&gt;dispositif&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;commandement&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;destitution&lt;/i&gt; &#187;, infusent largement pens&#233;es et pratiques politiques radicales contemporaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ses &#233;crits offrent deux versants : d'une part un opus majeur, &#171; &lt;i&gt;Homo Sacer&lt;/i&gt; &#187;, dont l'int&#233;grale a &#233;t&#233; r&#233;cemment publi&#233;e sous la forme d'un imposant volume de plus de mille trois cents pages. Mais d'autre part, une multiplicit&#233; d'opus mineurs s'attache &#224; un point, une question, une notion, textes dont la vertu singuli&#232;re est souvent de donner &#224; l'apparence du d&#233;tail la forme du tout. Entre autre et par exemple sur Emmanuel Levinas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce der&#173;nier livre pr&#233;vu par l'auteur qui voyait son &#233;tat de sant&#233; d&#233;cli&#173;ner juste avant sa mort, montre l'importance qu'Emmanuel Levi&#173;nas avait prise dans sa phi&#173;lo&#173;so&#173;phie. Le som&#173;maire, consti&#173;tu&#233; de textes &#8220;bruts&#8221; ou sans ambages, montre par&#173;fai&#173;te&#173;ment les mul&#173;ti&#173;tudes d'angles que cette pen&#173;s&#233;e ins&#173;pi&#173;rait &#224; Miguel Aben&#173;sour. Une pen&#173;s&#233;e qu'il ima&#173;gi&#173;nait comme l'une des plus libres qui soient, y com&#173;pris sur des ques&#173;tions aussi d&#233;li&#173;cates qu'inextricables qui se posaient en son temps et se posent tou&#173;jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Levinas, l'auteur prouve que pen&#173;ser l'utopie tient d'une &#171; &lt;i&gt;hypo&#173;th&#232;se d'un mal &#233;l&#233;&#173;men&#173;tal&lt;/i&gt; &#187;. Existe l&#224; une &#171; &lt;i&gt;an-archie entre m&#233;ta&#173;po&#173;li&#173;tique et poli&#173;tique&lt;/i&gt; &#187;. Le pari est fait que le temps est venu de pro&#173;po&#173;ser une lec&#173;ture qui se tienne &#224; l'&#233;cart des id&#233;o&#173;lo&#173;gies du jaco&#173;bi&#173;nisme et du l&#233;ni&#173;nisme. L'auteur ; en confron&#173;tant le pro&#173;jet jaco&#173;bin &#224; Spi&#173;noza, d&#233;voile une nou&#173;velle constel&#173;la&#173;tion dans laquelle le recours &#224; la crainte le c&#232;de &#224; l'espoir.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte d'Abensour a donc pour ambi&#173;tion de r&#233;v&#233;&#173;ler L&#233;vi&#173;nas capable de s'expliquer avec Saint-Just en fai&#173;sant de la ques&#173;tion poli&#173;tique le lieu cri&#173;tique par excel&#173;lence. Son inten&#173;tion &#233;tait d'aboutir &#224; la mise en lumi&#232;re de ce qu'il appelle &#171; &lt;i&gt;l'aporie de l'h&#233;ro&#239;sme&lt;/i&gt; &#187;. Et l'essayiste d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;L'action poli&#173;tique ne peut pas se pas&#173;ser du cou&#173;rage, voire de l'h&#233;ro&#239;sme, mais la forme h&#233;ro&#239;que, l'intrigue de l'h&#233;ro&#239;sme ne conduisent-elles pas sou&#173;vent &#224; une sor&#173;tie du poli&#173;tique, &#224; la d&#233;n&#233;&#173;ga&#173;tion de la logique qui lui est propre ?&lt;/i&gt; &#187;. &#192; r&#233;fl&#233;chir.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L375xH500/9782845342934-475x500-1-7cb4f.jpg?1742749303' width='375' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Miguel Aben&#173;sour, Levi&#173;nas, Sens et Tonka, coll. Sciences sociales, 2023, 352 p., 35,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mesure</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Demesure</link>
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		<dc:date>2025-03-02T10:08:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au fil des si&#232;cles le mythe de Prom&#233;th&#233;e pos&#233; par H&#233;siode, ce berger auquel les muses de l'H&#233;licon si bien dansantes et si bien chantantes ont donn&#233; un b&#226;ton de bel olivier et inspir&#233; le &#171; chant mystique &#187;, ce mythe essentiel a donc a subi quelques mutations cons&#233;quentes.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH134/arton2629-74602.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au fil des si&#232;cles le mythe de Prom&#233;th&#233;e pos&#233; par H&#233;siode, ce berger auquel les muses de l'H&#233;licon si bien dansantes et si bien chantantes ont donn&#233; un b&#226;ton de bel olivier et inspir&#233; le &#171; chant mystique &#187;, ce mythe essentiel a donc a subi quelques mutations cons&#233;quentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;151&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L363xH476/promethee_1-818bf.jpg?1739713470' width='363' height='476' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Statue de Prom&#233;th&#233;e brandissant la foudre devant la centrale nucl&#233;aire de Tchernobyl.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#171; Les dieux sont morts, car la foudre est &#224; moi. &#187; **
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Prom&#233;th&#233;e, ayant form&#233; les hommes avec de la terre et de l'eau, leur donna le feu &#224; l'insu de Jupiter, l'ayant d&#233;rob&#233; dans une fine tige de f&#233;rule. Jupiter s'en &#233;tant aper&#231;u, ordonna &#224; Vulcain de le clouer sur le Caucase, qui est une montagne de Scythie. [...] il fut d&#233;livr&#233; par Hercule &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Pseudo-Apollodore (Ier ou IIe si&#232;cle) - Biblioth&#232;que - Livre I - Chapitre VII.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est Apollodore le Mythographe qui raconte cette histoire, mais il la tient d'autres c'est s&#251;r, peut-&#234;tre bien de Ph&#233;r&#233;cyde d'Ath&#232;nes, un mythographe lui aussi mais beaucoup, beaucoup plus ancien et dont il ne reste traces d'aucun &#233;crit, si ce n'est quelques feuillets possiblement dissimul&#233;s derri&#232;re l'iconostase d'un monast&#232;re du mont Athos o&#249; on les y aurait oubli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Prom&#233;th&#233;e ne se cantonnerait pas au r&#244;le d'apporteur de civilisation mais il aurait cr&#233;&#233; l'homme... l'homme mais pas la femme puisque celle-ci fut fa&#231;onn&#233;e par H&#233;pha&#239;stos, le Vulcain des Latins, sur ordre de Zeus, le Jupiter des Latins, pour r&#233;compenser &#201;pim&#233;th&#233;e, le &lt;i&gt;&#171; nigaud &#187;&lt;/i&gt; selon H&#233;siode, et surtout pour nuire aux hommes, car divinement belle certes mais bien trop curieuse, Pandora, la premi&#232;re femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;siode (VIIe si&#232;cle avant notre &#232;re) &#8211; Les Travaux et les Jours.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les hommes seraient faits d'argile et d'eau, recette d&#233;j&#224; test&#233;e par les dieux Maya en qu&#234;te d'adoration mais qui n'a pas fonctionn&#233; du tout chez eux. &lt;i&gt;&#171; Au premier vent tout se dispersait, &#224; la premi&#232;re pluie tout fondait, et puis &#224; chaque instant tout se ramollissait et s'effondrait... humanit&#233; molle... &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chapitre traitant du Popol Vuh (Le livre du Conseil) dans mon texte le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le climat de la Gr&#232;ce devait &#234;tre bien moins humide et venteux que celui du Guatemala en cette &#233;poque de gen&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, l'argile et l'eau ne pouvaient suffire &#224; elles seules, &#233;videmment, et il fallait encore le souffle de vie, conf&#233;r&#233; par Minerve, plus ou moins l'Ath&#233;na des Grecs, ainsi qu'un &#233;l&#233;ment pour la maintenir cette vie, le feu de la Connaissance d&#233;rob&#233; par Prom&#233;th&#233;e, soit dans la forge de Vulcain soit au char du soleil, les avis divergeant sur ce point.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apollodore rappelle aussi qu'H&#233;siode &#233;voquait un autre motif de la col&#232;re de Zeus &#224; l'&#233;gard de Prom&#233;th&#233;e. Il y aurait eu tromperie sur la mati&#232;re des sacrifices, des os couverts de graisse au lieu de chair et de tripaille. Et puis il rapporte aussi que Douris de Samos parlait de l'amour que ressentait fortement Prom&#233;th&#233;e &#224; l'&#233;gard de Minerve, ce que faisait plus que condamner le &#171; p&#232;re &#187; de celle-ci, Jupiter. Beaucoup de litiges et de griefs en fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boccace dans &#171; Genealogium deorum gentilium &#187;, sa g&#233;n&#233;alogie des dieux pa&#239;ens, analyse le Mythe et fait une distinction franche entre deux Prom&#233;th&#233;e, le cr&#233;ateur du premier homme et le transmetteur de la civilisation, donc de la culture. Ces deux dieux &#171; fabriquent &#187; deux types d'hommes, l'homme de la cr&#233;ation, &#171; l'homme &#224; l'&#233;tat de nature &#187;, pur mais aussi ignorant et faible, donc sujet au p&#233;ch&#233; originel, et l'homme rachet&#233; par le don du feu, l'homme en voie de connaissance puis connaissant, l'homme &#224; l'&#233;tat de civilisation, mais attachant au mot &#171; civilisation &#187; plus de largeur et surtout de hauteur, on pr&#233;f&#232;rera &#224; ce stade &#171; l'homme &#224; l'&#233;tat de soci&#233;t&#233; &#187;. Partant de l&#224;, tout coupable qu'il est, Prom&#233;th&#233;e le cr&#233;ateur d'homme est un bienfaiteur ce qui est un gage d'innocence et m&#234;me d'un peu plus. Comme le souligne Fran&#231;ois Flahault, il y a l&#224; t&#233;moignage d'une &#171; christianisation &#187; du mythe de Prom&#233;th&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Piero di Cosimo, le d&#233;licat peintre florentin, illustre cette &#233;volution du &#171; mythe de Prom&#233;th&#233;e &#187; dans une sorte de bande dessin&#233;e en deux volets, un diptyque &#233;parpill&#233; entre deux institutions, et malheureusement c'est presque toujours le cas quand il s'agit de diptyque ou de triptyque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/promethee_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/promethee_2-306fb.jpg?1772188019' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier tableau, dans la partie gauche, on voit Prom&#233;th&#233;e fa&#231;onnant l'homme en la pr&#233;sence &#233;merveill&#233;e d'&#201;pim&#233;th&#233;e, puis, au centre, la sculpture achev&#233;e sur un socle, un &#233;ph&#232;be, et enfin sur la gauche Minerve invitant Prom&#233;th&#233;e &#224; l'accompagner suivi de leur envol &#224; tous deux vers l'Olympe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le second tableau, profitant de sa mont&#233;e au ciel, alors au centre d'un gros nuage moutonneux, Prom&#233;th&#233;e d&#233;robe un peu de feu &#224; une roue du char du soleil puis, sur la gauche, il donne le souffle de vie &#224; la statue de l'homme en approchant de son c&#339;ur le roseau qui contient ce feu vol&#233;. D&#233;j&#224; la peau n'a plus une teinte argileuse et l'homme parait s'animer. Sur la droite, Prom&#233;th&#233;e est li&#233; &#233;troitement au tronc d'un arbre effeuill&#233;, ce qui renvoie au bois de la crucifixion, sur une branche duquel le &#171; chien ail&#233; de Zeus &#187;, l'aigle, attend f&#233;brilement de lui d&#233;vorer le foie. Au centre, au milieu d'une petite assembl&#233;e, Minerve pr&#233;sente une Pandora langoureuse &#224; &#201;pim&#233;th&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/promethee_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/promethee_3-05b8a.jpg?1772188019' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Christianisation du mythe certes mais Prom&#233;th&#233;e n'est pas le Christ pour autant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Flahault rappelle fort justement que pratiquement toujours &lt;i&gt;&#171; dans la trag&#233;die grecque, la fronti&#232;re qui s&#233;pare le juste et l'injuste, l'innocence et la culpabilit&#233;, ne passe pas entre deux personnages, elle n'oppose pas le bon et le m&#233;chant ; cette fronti&#232;re passe &#224; l'int&#233;rieur d'un personnage... &#187;&lt;/i&gt; Ce sont les autres qui voient et disent ce que lui-m&#234;me ne veut pas voir. D&#233;j&#224; chez Eschyle, les visiteurs de Prom&#233;th&#233;e sur son rocher le mettent en garde contre ses propos inconsid&#233;r&#233;s. Le ch&#339;ur compos&#233; des filles d'Oc&#233;an : &lt;i&gt;&#171; Toujours de l'audace ! Malgr&#233; cette am&#232;re infortune ne vouloir rien c&#233;der ! Ton langage est bien t&#233;m&#233;raire ! ... Quel est ton espoir ? Ne vois-tu pas que tu as manqu&#233; de sagesse ?... &#187;&lt;/i&gt; Oc&#233;an lui-m&#234;me, dieu plus ancien que Zeus : &lt;i&gt;&#171; ... Rentre en toi-m&#234;me ; forme-toi un nouveau caract&#232;re... Plus d'outrages, plus de traits ac&#233;r&#233;s : prends garde... j'ai l&#224; devant moi les fruits qu'on tire d'une langue trop pr&#233;somptueuse... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eschyle (525-456 avant notre &#232;re) - Prom&#233;th&#233;e enchain&#233;.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; Ce qui est reproch&#233; &#224; Prom&#233;th&#233;e c'est son arrogance et son orgueil, en un mot son HUBRIS, sa d&#233;mesure. L'hubris, le grand mot est jet&#233;, qui va traverser toutes les &#233;poques et pratiquement tous les hommes... et bien des femmes aussi !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L274xH512/promethee_6-1540c.jpg?1739713470' width='274' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e cr&#233;ateur de l'homme et pourvoyeur de la Connaissance se positionne de facto comme LE concurrent de Zeus. Il remet en question le dieu supr&#234;me puisqu'il remplit une partie de ses fonctions, la cr&#233;ation, celle de l'homme, et qu'il s'est empar&#233; de son attribut majeur, le feu ou la foudre, tout en &#233;tant celui qui voit dans le futur, par opposition &#224; &#201;pim&#233;th&#233;e, &#171; celui qui pense apr&#232;s &#187;, et aux autres dieux aussi qui n'ont pas le don de voyance. Prom&#233;th&#233;e s&#233;pare le dieu supr&#234;me de l'homme tout en le reliant &#224; lui par la Connaissance. C'est ici d&#233;j&#224; une sacr&#233;e br&#232;che ouverte dans la transcendance ! Il ne reste plus qu'&#224; op&#233;rer le glissement de Prom&#233;th&#233;e &#224; l'Homme, lui faire profiter de cette br&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre connaissant c'est &#234;tre conscient, et &#234;tre conscient c'est avoir la capacit&#233; de penser. &#192; partir de l&#224; qu'est-ce qui pourrait emp&#234;cher de penser l'Infini ? Fran&#231;ois Flahault cite Ludwig Feuerbach : &lt;i&gt;&#171; La religion, du moins la chr&#233;tienne, est la relation de l'homme &#224; lui-m&#234;me... l'&#234;tre conscient a pour objet l'infinit&#233; de sa propre conscience &#187; et puis &#171; Homo homini deus est &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ludwig Feuerbach (1804-1872) - L'Essence du Christianisme (1841).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'homme est un dieu pour l'homme car &#233;tant un &#234;tre conscient il peut penser l'Infini. Dieu pense le monde et le cr&#233;e en m&#234;me temps. La cr&#233;ation c'est ce qui d&#233;finit l'artiste. Donc Dieu est un artiste, l'Artiste ! Dieu peut mettre une id&#233;e dans l'esprit de l'homme, et celui-ci, r&#233;alise alors une imitation de l'id&#233;e, ici c'est un artisan, mais l'homme peut aussi &lt;i&gt;&#171; concevoir une id&#233;e qui n'existait pas avant lui &#187;&lt;/i&gt; et quand il la r&#233;alise cette id&#233;e il y a non plus imitation mais cr&#233;ation. Il y a donc similitude entre l'homme et Dieu. La qu&#234;te de l'homme connaissant c'est conna&#238;tre ce que connait Dieu, comprendre l'univers qu'a cr&#233;&#233; Dieu, accro&#238;tre sa parent&#233; avec lui puisque l'homme a &#233;t&#233; fait &#224; l'image de Dieu. Pour les philosophes, et les th&#233;ologiens, &#234;tres connaissants par d&#233;finition, la religion ne peut donc plus se r&#233;sumer &#224; une simple sot&#233;riologie, une doctrine de salut de l'&#226;me. Il faut d&#233;coupler le corps et l'esprit, la mati&#232;re et l'&#226;me. Le corps est corruptible mais l'&#226;me est immortelle. L'&#226;me c'est le &#171; sujet pensant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Saint-Augustin, il existe une &lt;i&gt;&#171; parent&#233; entre personne humaine et personne divine &#187;&lt;/i&gt;, ce qui peut constituer une premi&#232;re formulation du Cogito mais demeure la &lt;i&gt;&#171; d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Pour Descartes l'&#226;me est bien s&#251;r cr&#233;&#233;e par Dieu mais &lt;i&gt;&#171; l'&#234;tre se r&#233;alise dans le conna&#238;tre &#187;&lt;/i&gt;, et il va plus loin encore, Descartes, en d&#233;clarant qu'il faut &lt;i&gt;&#171; se rendre comme ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Descartes (1596-1650) - Discours de la m&#233;thode.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; C'est cette formule quasi programmatique qui pose LE probl&#232;me ! L'homme connaissant se croit en position d'ext&#233;riorit&#233; par rapport au monde mat&#233;riel, la Nature, comme il se sentira plus tard en position d'ext&#233;riorit&#233; par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. Hubris ! Il va s'agir de chercher &#224; conna&#238;tre les lois de la Nature pour s'approprier celle-ci. Certains diront qu'il y a un &lt;i&gt;&#171; pouvoir naturel d'appropriation &#187;&lt;/i&gt; ... de la Nature. Parall&#232;lement, il y a construction et d&#233;veloppement de l'Id&#233;e de Soi et aussi de &#171; l'individu prom&#233;th&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on a oubli&#233; c'est que plus on joue avec le feu plus on risque de se br&#251;ler. Tout ceci ne peut que tr&#232;s mal finir. C'est pour cette raison que Fran&#231;ois Flahault consacre quelques lignes de son introduction &#224; l'&#233;vocation de la catastrophe de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH358/promethee_4-fbec8.jpg?1739713470' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ao&#251;t 2024&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Flahault, &lt;i&gt;Le cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;, Contribution &#224; une histoire de la d&#233;mesure humaine (Mille et une nuits, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Louis M&#233;nard (1822-1901), Prom&#233;th&#233;e d&#233;livr&#233; in &lt;i&gt;Po&#235;mes&lt;/i&gt; (1863), cit&#233; par Fran&#231;ois Flahault dans &lt;i&gt;Le cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Pseudo-Apollodore (Ier ou IIe si&#232;cle) - Biblioth&#232;que - Livre I - Chapitre VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;siode (VIIe si&#232;cle avant notre &#232;re) &#8211; &lt;i&gt;Les Travaux et les Jours&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chapitre traitant du &lt;i&gt;Popol Vuh&lt;/i&gt; (Le livre du Conseil) dans mon texte le Th&#233;&#226;tre de Dieu in &lt;i&gt;Autour de la Cosmogonie-Cosmologie de Hildegarde von Bingen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eschyle (525-456 avant notre &#232;re) - &lt;i&gt;Prom&#233;th&#233;e enchain&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ludwig Feuerbach (1804-1872) - &lt;i&gt;L'Essence du Christianisme&lt;/i&gt; (1841).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Descartes (1596-1650) - &lt;i&gt;Discours de la m&#233;thode&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Re&#769;sistances</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Re%CC%81sistances</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; Lille, le 3 novembre 2024, sous l'&#233;gide de l'association Cit&#233;Philo, s'est d&#233;roul&#233;e une s&#233;ance de r&#233;flexion et de d&#233;bat portant sur le th&#232;me : &lt;i&gt;R&#233;sistances de l'art contemporain,&lt;/i&gt; ce dernier &#233;tant pens&#233; sous les esp&#232;ces des arts plastiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2581-c4501.jpg?1772187179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Lille, le 3 novembre 2024, sous l'&#233;gide de l'association Cit&#233;Philo, s'est d&#233;roul&#233;e une s&#233;ance de r&#233;flexion et de d&#233;bat portant sur le th&#232;me : &lt;i&gt;R&#233;sistances de l'art contemporain,&lt;/i&gt; ce dernier &#233;tant pens&#233; sous les esp&#232;ces des arts plastiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La m&#233;diation de Stanislas d'Ornano, docteur en sciences politiques, enseignant en philosophie du droit &#224; l'Universit&#233; d'Artois, a permis &#224; Laurent Buffet, professeur de philosophie de l'art &#224; l'&#201;cole sup&#233;rieure d'art de Caen, et Christian Ruby, docteur en philosophie, membre de l'Observatoire de la libert&#233; de cr&#233;ation, de s'attacher, par voix et visuels, &#224; pr&#233;senter leurs recherches &#8212; ayant rev&#234;tu la forme de deux ouvrages publi&#233;s r&#233;cemment : pour Laurent Buffet, &lt;i&gt;Captation et subversion, L'art &#224; l'&#233;preuve du capitalisme tardif,&lt;/i&gt; Dijon, les presses du r&#233;el ; et pour Christian Ruby, &lt;i&gt;La f&#233;condit&#233; du vide, Essai sur l'existence, la politique et la cr&#233;ation,&lt;/i&gt; Paris, MkF &#8212; recherches orient&#233;es sur l'art contemporain de notre temps et sa capacit&#233; &#224; inventer des pratiques sans surplomb des regardeurs, d&#233;jouant de surcro&#238;t les convocations &#224; l'animation culturelle. Ils ont tent&#233; de r&#233;pondre &#224; trois questions propos&#233;es par Stanislas d'Ornano :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Quels sont les enjeux du d&#233;ploiement de l'&#171; art contemporain &#187; de nos jours ? &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelles sont les r&#233;sistances de l'art contemporain ainsi que ses formes ? &lt;/li&gt;&lt;li&gt; En quoi certaines &#339;uvres d'art contemporain peuvent-elles &#224; la fois exprimer et susciter une &#233;mancipation chez le spectateur/la spectatrice et la citoyenne ou le citoyen ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces questions visaient aussi bien les artistes de l'aventure contemporaine que le(s) public(s), spectateurs/spectatrices/regardeurs, et les institutions culturelles et artistiques dans leurs partis pris &#233;ducativo-politiques. Il est m&#234;me difficile de ne pas reconna&#238;tre qu'elles sont centrales de nos jours, puisqu'elles soulignent la n&#233;cessit&#233; pour les arts de maintenir vivante l'adresse &#224; n'importe qui, de rester en contact avec le public potentiel, m&#234;me s'il est encore souvent m&#233;pris&#233; (&#171; inculte &#187;, &#171; ignorant &#187;, &#171; absent &#187;&#8230;), surtout &#224; l'&#233;poque o&#249; s'&#233;tendent les projets de d&#233;sint&#233;gration d'une sph&#232;re culturelle qui organise malgr&#233; tout des ouvertures sur le public, projets conduits soit par l'extr&#234;me-droite, soit du fait des diminutions de cr&#233;dits impos&#233;es par le gouvernement, soit par les multiplications de demandes de censure d'&#339;uvres contemporaines de la part de tel ou tel groupe de pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'examen de soi des milieux culturels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; beaucoup discutent ou plut&#244;t re-discutent de questions non moins centrales quant au rapport des arts au &#171; peuple &#187; et plus globalement quant au statut des &#339;uvres artistiques et culturelles de nos jours dans leur rapport au politique (institutionnel ou immanent aux &#339;uvres), cette s&#233;ance d&#233;calait cependant les propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions, dans lesquelles sourd fr&#233;quemment un pessimisme radical, portant sur la mani&#232;re dont le monde des arts et de la culture se serait vou&#233; progressivement &#224; l'entre-soi, ou s'engagerait actuellement dans des options morales probl&#233;matiques par rejet des exigences politiques avant-gardistes, et parfois se laisserait aller &#224; substituer le d&#233;ploiement, en tout cas en France, d'une &#201;ducation artistique et culturelle, en lieu et place d'une &#233;ducation politique, contiennent implicitement des critiques incontournables, accentu&#233;es dans le contexte impact&#233; par le r&#233;cent soutien apport&#233; par des &#233;lecteurs &#224; l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/02_-cd6a1.jpg?1772193609' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'entre soi du monde de l'art ? Vue de vernissage (AFIAC 2011, photo Ruby)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces discussions, internes au milieu artistique et culturel, mais r&#233;cup&#233;r&#233;es parfois par les politiques, prennent le risque d'une r&#233;p&#233;tition lassante, puisque les m&#234;mes soucis semblent se r&#233;p&#233;ter depuis 1950 et qu'aucun r&#233;sultat concret n'en sort sinon des explications qui ne sont pas des compr&#233;hensions. Par cons&#233;quent, elles engagent, au final, une autre discussion. Celle de savoir ce que repr&#233;sentent ces questions et pourquoi ces milieux ont besoin de ces m&#234;mes d&#233;bats de mani&#232;re r&#233;p&#233;titive. Pourquoi reprendre, par identification nominale, des &#233;nonc&#233;s ant&#233;rieurs, et dans les m&#234;mes termes qu'auparavant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bien examin&#233;s, n&#233;anmoins, ces remplois, qui nous poussent &#224; restreindre l'analyse &#224; des &#233;v&#233;nements de langage d&#233;connect&#233;s des r&#233;alit&#233;s, ne visent sans doute pas une nostalgie r&#233;gressive, ou &#224; ramener le pr&#233;sent &#224; l'ancien, par r&#233;duction, en controuvant son objet. Mais ils n'arrivent pas toujours &#224; faire comprendre la distance qui les s&#233;pare, en fonction de ce qu'il est possible de reformuler dans les m&#234;mes termes qu'auparavant dans un autre contexte. Ce pourquoi il est essentiel d'examiner &#224; chaque fois le profil &#233;pist&#233;mologique &#8212; &#233;tat linguistique, cadre th&#233;orique, coefficient de r&#233;alit&#233;, etc. &#8212; d'une expression identique &#224; chacune de ses &#233;poques d'entr&#233;e en usage. Un exemple ? Th. W. Adorno remarquait que &#171; baroque &#187;, notion &#233;labor&#233;e au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e vers un usage g&#233;n&#233;ralisant, qui nivelle le sens de ce terme et fait montre d'une conscience esth&#233;tique affaiblie, en impactant a contrario sa source (en en faussant la v&#233;rit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus g&#233;n&#233;ralement, &#224; propos d'une expression identique (l'entre-soi, la &#171; conqu&#234;te &#187; du &#171; peuple &#187;) &#224; plusieurs moments de l'histoire (ici culturelle), il ne devrait pas &#234;tre envisag&#233; de laisser croire qu'un th&#232;me passe d'une &#233;poque &#224; une autre sans volont&#233; de s'approprier une force suppos&#233;e des mots. Il devrait plut&#244;t &#234;tre question de mieux comprendre des logiques discursives dans des fonctions diff&#233;rentes, et donc la mani&#232;re dont chaque discours se construit, f&#251;t-ce avec les m&#234;mes mots, les hypoth&#232;ses sur lesquelles il se fonde, les proc&#233;d&#233;s d'argumentation mis en &#339;uvre, les concepts mobilis&#233;s, et de faire jouer l'intertextualit&#233; d'un discours &#224; un autre (prestige de la premi&#232;re fois, par exemple). Il devrait donc &#234;tre question surtout d'interroger la r&#233;&#233;criture de notions, leur transposition, engageant une double conscience probl&#233;matique : une conscience du pass&#233;, sans doute affaiblie, et une conscience du pr&#233;sent, pi&#233;g&#233;e par un rapport &#224; soi qui voudrait bien avoir la m&#234;me force que pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art contemporain ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, la s&#233;ance organis&#233;e par Cit&#233;Philo investissait le champ des discussions en se maintenant dans l'examen n&#233;cessaire de notre contexte culturel (publics, spectateurs/trices et citoyen(ne)s) et de notre &#233;poque. Revenons donc sur le th&#232;me propos&#233; : &lt;i&gt;R&#233;sistances de l'art contemporain,&lt;/i&gt; sous les esp&#232;ces des arts plastiques. Il est comment&#233; ici &#224; partir de ma communication, laquelle ne saurait prendre la parole &#224; la place de mes coll&#232;gues de table de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH431/04_-606d4.jpg?1732107040' width='500' height='431' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait donc question de notre &#233;poque, que, de fait, de nombreuses &#339;uvres contemporaines, &#224; c&#244;t&#233; de discours pr&#233;gnants (soci&#233;t&#233; &#171; liquide &#187;, fin de la &#171; modernit&#233; &#187;, d&#233;liaison de tout, d&#233;sespoir, &#171; capitalisme artiste &#187;), m&#233;taphorisent de mani&#232;re critique par des figures d'errements, au sens d'Abraham Poincheval (nous &#171; flottons &#187; dans l'&#233;poque), ou de baisse d'&#233;nergie, au sens de Claes Oldenburg lorsqu'il se propose de prendre la temp&#233;rature de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L491xH800/05_-e6d39.jpg?1732107040' width='491' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; des pratiques d&#233;sign&#233;es par l'expression &#171; art contemporain &#187;, si d&#233;licate &#224; manier, nous projette en dehors de la repr&#233;sentation (l&#233;gu&#233;e par le Quattrocento) et de la pr&#233;sence (moderniste, avant-gardiste), de l'exposition type White Cube, tout en maintenant la destitution n&#233;cessaire de la dictature sociale et consum&#233;riste du &#171; beau &#187;, mais aussi en dehors de &#171; l'art vivant &#187; (toutes &#339;uvres d'un(e) artiste vivant). En quoi le ou les publics sont engag&#233;s en ces pratiques, comme les citoyennes et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, il ne convient pas de d&#233;finir l'art contemporain &#224; partir d'une essence, r&#233;pondant &#224; la question : &lt;i&gt;qu'est-ce que&lt;/i&gt; l'art contemporain ? pr&#233;tendant en r&#233;v&#233;ler le myst&#232;re ou le secret &#233;ternels. Ceux qui composent (th&#233;oriciens ou artistes) ou ceux qui s'interrogent (le public) &#224; partir d'une telle essence, pr&#244;nent l'imposition d'un discours univoque et globalisant, parfois rassurant si on l'associe &#224; des compl&#233;ments : l'art contemporain, c'est g&#233;nial ou l'art contemporain, c'est n'importe quoi. Ils cherchent &#224; se donner le confort gr&#226;ce auquel ils vont droit aux expositions ou n'ont pas &#224; regarder ce qu'ils ont enferm&#233; dans un terme p&#233;trifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, ce jeu de la d&#233;finition d&#233;termine &#224; imposer &#224; chacune et chacun, aux spectatrices et spectateurs, voire aux regardeurs, des crit&#232;res r&#233;put&#233;s stables &#8212; &#171; voil&#224; le bon art &#187;, et seulement cela ! &#8212; gr&#226;ce auxquels ils pourraient identifier l'Art sous les esp&#232;ces de &#171; bonnes &#187; ou &#171; moches &#187; &#339;uvres. Ils pourraient alors soutenir ou s'&#233;lever contre la diffusion de telle (autre) &#339;uvre ou &#339;uvre autre, notamment des cr&#233;ations contemporaines. Mais tous finalement signifient un &#233;tat du monde de l'art qui ne se soumet plus au primat de l'&#339;il et &#224; une instance du beau (le figuratif, l'all&#233;gorie), ou &#224; la force des avant-gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Position dogmatique des plus conservateurs &#224; l'endroit des pratiques habituelles d'une &#233;ducation traditionnelle (l'art m&#233;di&#233;val en r&#233;f&#233;rence biblique ou l'art perspectiviste soumis &#224; l'&#339;il) ! Leurs crit&#232;res ne sont autres que les formes du pass&#233;, les d&#233;crets des acad&#233;mies, que l'on ne saurait bouleverser sans d&#233;truire &#171; la &#187; civilisation. Quand ils ne sortent pas l'arme absolue que serait la pr&#233;servation du &#171; beau &#187; forc&#233;ment classique, moral, &#233;ducatif et civilis&#233;, comme ce fut entendu &#224; propos des &#339;uvres de la c&#233;r&#233;monie d'ouverture des Jeux Olympiques 2024, au d&#233;faut de laquelle il conviendrait de dresser les moyens de la censure. C'est pour partie ce qu'avait &#233;nonc&#233; Alain Finkielkraut &#224; l'adresse de cette c&#233;r&#233;monie : &#171; O&#249; &#233;tait le go&#251;t, la gr&#226;ce, la l&#233;g&#232;ret&#233;, la d&#233;licatesse, l'&#233;l&#233;gance, la beaut&#233; m&#234;me ? La beaut&#233; n'existe plus ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sur Radio Notre-Dame, le 27 juillet 2024&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que par une d&#233;finition qui &#233;noncerait sa v&#233;rit&#233; ou sa nature, je cerne l'art contemporain &#8212; dont la notion n'est pas exclusive de notre &#233;poque, mais accompagne chaque &#233;cart artistique dans une &#233;poque donn&#233;e &#8212; par les pratiques d'un &lt;strong&gt;anachronisme d'un futur dans un pr&#233;sent,&lt;/strong&gt; ainsi que ce fut montr&#233; dans mon ouvrage &lt;i&gt;Devenir contemporain, La couleur du temps au prisme de l'art&lt;/i&gt; (Paris, Le F&#233;lin, 2007), et se trouve encore corrobor&#233; r&#233;cemment par Marc Goldschmit, dans &lt;i&gt;L'effraction esth&#233;tique&lt;/i&gt; (Paris, Kim&#233;, 2024, p. 20), l&#224; o&#249; il pense le geste moderne comme &#171; &#233;v&#233;nement anachronique &#187; dans son &#233;poque. &#192; ce titre, et pour &#233;voquer &#224; nouveau mon ouvrage &lt;i&gt;La f&#233;condit&#233; du vide,&lt;/i&gt; ce que j'appelle &#171; art contemporain &#187;, pour nos jours, est travaill&#233; par [&#8230;] et travaille &lt;i&gt;sur le vide&lt;/i&gt; de fondement et de fondation des affaires humaines (dans la nature, en Dieu, dans le peuple, la civilisation, etc.), au sens o&#249; il se lib&#232;re de ces cl&#244;tures ; il &lt;i&gt;vide&lt;/i&gt; les canons de la repr&#233;sentation classique et les expositions modernes de l'art port&#233;es &#224; leurs limites, ainsi que l'opposition sensible/intelligible (il est anti-platonicien) ou les rejets du concept ; il &lt;i&gt;&#233;vide&lt;/i&gt; les certitudes pleines comme l'art con&#231;u en absolu ; et il tente de faire le vide des politiques (culturelles et artistiques &#224; tout le moins) de surplomb et leurs grands r&#233;cits. Cette formule propos&#233;e pour en cerner les pratiques corrobore &#233;videmment la n&#233;gativit&#233; fonci&#232;re que l'on peut attendre des arts par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; (certes capitaliste).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/06_-226f4.jpg?1772193610' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sistance &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; et r&#233;sistance &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une r&#233;f&#233;rence pour commencer. Une r&#233;cente exposition propos&#233;e par Clara Darrason &#224; POUSH (lieu de soutien &#224; la cr&#233;ation regroupant un centre d'art et des ateliers d'artistes, Aubervilliers), intitul&#233;e &lt;i&gt;Strat&#233;gies de r&#233;sistance,&lt;/i&gt; s'articule fort bien &#224; la Biennale de Venise 2024, laquelle s'intitulait : &lt;i&gt;Foreigners Everywhere&lt;/i&gt; (un titre emprunt&#233; &#224; l'artiste Claire Fontaine), et portait sur les r&#233;sistances indig&#232;nes aux colonisations (pass&#233;es et pr&#233;sentes). Les deux expositions sur ce th&#232;me des r&#233;sistances de l'art contemporain sont marqu&#233;es au sceau des interrogations de ce d&#233;bat d&#233;ploy&#233; &#224; Cit&#233;-Philo, hant&#233;es par le constat selon lequel l'art contemporain ne semble plus assumer la fin politique d'une radicalit&#233; moderniste de l'art relativement &#224; la soci&#233;t&#233; et au public. Mais c'est pour mieux entendre qu'il conserve le principe d'une n&#233;gativit&#233; par rapport &#224; la r&#233;alit&#233;, ce qui rel&#232;ve d'une politicit&#233; immanente des oeuvres. Mircea Cantor l'a mise en sc&#232;ne par un gar&#231;on au visage ang&#233;lique qui mart&#232;le : &lt;i&gt;I decided not to save the world&lt;/i&gt; (j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas sauver le monde), mais au prix de continuer &#224; &#339;uvrer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/07_-4101d.jpg?1732107040' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Visuel de l'exposition &#224; POUSH, 2024 (&#169; Clara Imbert)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces deux expositions imposent judicieusement d'insister sur la distinction entre r&#233;sistance &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; l'art contemporain (le rapport des spectateurs aux &#339;uvres) et r&#233;sistance &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; l'art contemporain (intrins&#232;que, sa caract&#233;ristique, ses actions), c'est-&#224;-dire finalement sur les pr&#233;positions propos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la premi&#232;re (&#224;), les r&#233;sistances &#224; l'art contemporain, on en trouve de nombreuses qui se marquent &#224; la fois dans les corps (refus de voir, d&#233;tournement, col&#232;re) et dans le langage (&#171; c'est n'importe quoi ! &#187;, &#171; est-ce encore de l'art ? &#187;) devant telle production artistique contemporaine, alors qu'elle pr&#233;tend &#224; l'&#233;vidence &#224; une autre l&#233;gislation artistique que l'habituelle, ou &#224; une l&#233;gislation artistique modifi&#233;e, indubitablement immanente. Les pratiques d'art contemporain, effectivement, ne r&#233;pondent plus aux &#233;chelles de valeur institu&#233;es par les classiques ou les modernes, ou &#224; la hi&#233;rarchie des genres ou aux logiques d'avant-garde. Elles d&#233;jouent les habitudes esth&#233;tiques, d&#233;stabilisent les &#233;vidences et les pr&#233;suppos&#233;s esth&#233;tiques des spectateurs, bref interrompent le jeu ordinaire, individuel et collectif, du sensible. Ceci fut d&#233;velopp&#233; d&#233;j&#224; par deux fois, dans mon livre sur &lt;i&gt;Les r&#233;sistances &#224; l'art contemporain&lt;/i&gt; (Labor, 2002), et dans &lt;i&gt;L'Ab&#233;c&#233;daire des arts et de la culture&lt;/i&gt; (L'Attribut, 2015), &#224; propos des r&#233;sistances culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances de l'art contemporain sont non moins essentielles &#224; analyser. Elles rel&#232;vent en revanche de la politique immanente des &#339;uvres, justement li&#233;e &#224; cette r&#233;sistance &#224; la l&#233;gislation ant&#233;rieure de l'Art (r&#233;put&#233; &#171; bon art &#187;). Dans cette deuxi&#232;me formule la r&#233;sistance devient en quelque sorte l'atout strat&#233;gique de l'art contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des telles r&#233;sistances, il est possible d'en cerner de deux sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, et sans doute les plus importantes, des r&#233;sistances aux cat&#233;gories philosophiques dans lesquelles on a longtemps enferm&#233; les arts, d'aucuns diraient &#171; arraisonn&#233; &#187; l'art : le spirituel (Hegel, Kandinsky), le mat&#233;riel (S&#232;ve) ou les supports techniques (Debray), les valeurs symboliques (le Noir, le Rouge, le Verts&#8230;), le recueillement de l'&#234;tre (Heidegger), la fulgurance d'une essence (Malraux), la volont&#233; de rendre le monde habitable (Merleau-Ponty), l'impr&#233;sentable (Lyotard), l'emprise du capitalisme, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, et la liste est non-exhaustive, des r&#233;sistances aux divers devenirs/objets sociaux particuliers, auxquels chaque artiste peut vouloir s'en prendre, dans une dispersion infinie. Par exemple l'esprit du temps chez Julien Pr&#233;vieux, la consommation chez Matthieu Laurette, le m&#233;pris des banlieues chez Mohammed Bourouissa, la colonisation chez William Kentridge, les fronti&#232;res chez Francis Al&#255;s, l'oubli chez Anselm Kiefer, la situation sociale chez Laurent Lacotte, le masculin chez Anna Hulacova, l'identit&#233; chez Orlan, le cri chez J&#233;r&#244;me Grivel, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re liste (infinie), mais r&#233;ductrice par rapport &#224; la notion de r&#233;sistance, a d'ailleurs suscit&#233; nombre de tentatives de rep&#233;rages ou de &#171; classifications &#187;, dont celle-ci : l'art contemporain se diviserait en un art explicitement critique de la soci&#233;t&#233; contemporaine (Hans Haacke, Barbara Kr&#252;ger, Antoni Muntadas, Krzysztof Wodiczko), un art qui fait de la politique &#224; partir d'une critique de l'image (Alfredo Jarr, Liam Gillick, Thomas Hirschhorn), un art qui cherche &#224; inventer des pratiques nouvelles de l'art (Pierre Huyghe, Bruno Serralongue, Sophie Calle, Jochen Gerz), un art plus explicitement li&#233; &#224; des interf&#233;rences entre les spectateurs (J&#233;r&#244;me Grivel, participatif, collaboratif). &#192; cela pourtant il manque une articulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'articulation politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il reste en effet que le d&#233;bat sur l'art contemporain pousse &#224; insister sur la question des rapports sp&#233;cifiques art contemporain/politique. Question qui en g&#233;n&#233;ral confine rapidement &#224; d&#233;battre des seuls soucis du pr&#233;sent, par exemple l'&#233;cologie et l'anthropoc&#232;ne, voire les dictatures. Si ces soucis sont tr&#232;s loin d'&#234;tre n&#233;gligeables, ils ne suffisent pas &#224; traiter le probl&#232;me. Il est non moins facile de r&#233;pondre que l'on assiste parfois dans l'art contemporain &#224; la m&#234;me option que celle que d&#233;veloppe Marielle Mac&#233; en litt&#233;rature : chercher &#224; habiter le monde autrement (&lt;i&gt;Nos cabanes,&lt;/i&gt; 2019 ; &lt;i&gt;Respire,&lt;/i&gt; 2023).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/08_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/08_-acd57.jpg?1772193610' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Le propos doit prendre un autre tour, contribuant &#224; parler artisticit&#233; et politique des &#339;uvres, c'est-&#224;-dire de l'adresse ind&#233;termin&#233;e &#224; n'importe qui. &#192; en parler surtout en suspendant deux &#233;vidences : la premi&#232;re, celle du rapport &#224; l'esth&#233;tique qui est trop souvent appel&#233;e en renfort d'une m&#233;taphysique laissant croire que l'art d&#233;tient la clef de notre existence en frayant avec l'absolu ou en d&#233;passant toutes nos limites ; la seconde, celle de la politique toujours pens&#233;e en termes de gouvernement, &#233;lection ou conqu&#234;te du pouvoir. Cette suspension permet d'insister sur la v&#233;ritable politicit&#233; des &#339;uvres d'art, laquelle leur est immanente, se d&#233;c&#232;le dans la diss&#233;mination de ses formes et la critique des dispositifs artistiques ordinaires, et ouvre derechef sur un rapport renouvel&#233; aux spectateurs par un autre respect de l'adresse, ce principe acquis depuis la Renaissance. Elle prend forme dans la proposition d'une confrontation non extatique aux &#339;uvres, ces derni&#232;res pr&#233;sentant aux spectateurs/trices une tentative d'ajuster un exercice diff&#233;rent du monde social, passant au-del&#224; de la seule perception sensible, en activit&#233;, parfois collective, susceptible de r&#233;organiser le corps social sans surplomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce sens, pour insister sur la &#171; politique &#187;, elle peut bien n'&#234;tre pas ce que l'on croit, ainsi que l'&#233;nonce le philosophe Jacques Ranci&#232;re. Et d'ailleurs, dans la politique institutionnelle, la r&#233;f&#233;rence &#224; l'Art (au beau, &#224; l'unit&#233; esth&#233;tique) est une forme de politique &#233;tatique qui vise &#224; c&#233;l&#233;brer des normes et &#224; les diffuser dans le corps social sous pr&#233;texte d'&#233;ducation, mais en r&#233;alit&#233; en imposition d'une identit&#233; collective. Si l'on met cela de c&#244;t&#233;, il peut devenir central de comprendre que les &#339;uvres ou les pratiques artistiques sont politiques en un autre sens, par la mani&#232;re dont elles font effraction dans le sensible ordinaire, dans ce quotidien et ces habitudes, dont elles red&#233;coupent le rapport aux autres, et en appellent &#224; des collectifs. Question de pr&#233;sence (et pas forc&#233;ment d'effraction, au sens de Malraux), par laquelle l'&#339;uvre suspend les exp&#233;riences ordinaires, en proposant un exercice de soi qui op&#232;re d'autres d&#233;coupages que les d&#233;coupages v&#233;cus dans des espaces bloqu&#233;s (usine, bureau, priv&#233;, lieu public&#8230;) et des communs format&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sistance et &#233;mancipation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s lors, si tel est bien le cas, &#224; savoir la pratique de l'interruption par des &#339;uvres d'art, il faut encore relever un point. Il porte sur la signification et la puissance du terme &#171; r&#233;sistance &#187;, lesquelles ne sont pas les m&#234;mes selon les &#171; &#233;poques &#187; de l'histoire de l'art. Et pourtant, dans cette m&#234;me histoire, elles s'expriment le plus souvent par le terme &#171; &#233;mancipation &#187;. Il est par cons&#233;quent d&#233;cisif de pr&#233;ciser ceci (m&#234;me si nous r&#233;duisons les optiques) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation artistique pr&#244;n&#233;e par les Lumi&#232;res demeure port&#233;e par la r&#233;sistance d'une &#233;lite &#224; l'endroit de l'esth&#233;tisation du pouvoir et par sa volont&#233; d'&#233;duquer &#171; le peuple &#187; en ce sens ; l'&#233;mancipation d&#233;ploy&#233;e par le bloc de la n&#233;gativit&#233; moderniste (Marxisme, &#201;cole de Francfort, Peter Weiss) reste promue par des avant-gardes qui r&#233;sistent &#224; l'esth&#233;tisation de la politique (nazisme, stalinisme) tout en se penchant sur le &#171; peuple &#187; ; l'&#233;mancipation red&#233;finie par Jacques Ranci&#232;re proc&#232;de d'une subjectivation qui, contrairement &#224; celle de Michel Foucault, est conduite dans des pratiques m&#234;mes, ces deux subjectivations n&#233;anmoins r&#233;sistant &#224; la politique esth&#233;tis&#233;e r&#233;publicaine. Et si l'on peut affirmer que l'&#233;mancipation co&#239;ncide avec l'exercice qui suspend l'exp&#233;rience ordinaire du monde et du collectif, et promeut un examen de soi, la figure de Bartelby (selon Herman Melville : &lt;i&gt;I would prefer not to,&lt;/i&gt; je pr&#233;f&#232;rerai ne pas) pourrait encore figurer au titre d'un type de r&#233;sistance &#224; la politique esth&#233;tique civique en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, et pour revenir aux questions &#233;nonc&#233;es ci-dessus mais mises de c&#244;t&#233;, du point de vue des arts et de l'art contemporain, nous vivons en quelque sorte une r&#233;sistance malgr&#233; tout, d&#233;plac&#233;e vers la critique du milieu de l'art et de ses acteurs, de leurs m&#233;pris, vers l'analyse des r&#232;gles officielles qui structurent ce monde : galeries, mus&#233;es, collectionneurs, et sur la critique de la domination d'une certaine histoire de l'art (progr&#232;s, &#233;ducation mod&#233;lis&#233;e)&#8230; Enfin, m&#234;me si l'art contemporain n'exprime plus ses options (politiques) en termes de &#171; Non &#187;, il s'investit dans les mani&#232;res dont les publics se saisissent des propositions artistiques, surtout &#224; l'&#233;poque des droits culturels selon l'article 5 de la &lt;i&gt;D&#233;claration universelle sur la diversit&#233; culturelle :&lt;/i&gt; &#171; Toute personne doit pouvoir participer &#224; la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles, dans les limites qu'imposent le respect des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales &#187;&#8230; des hybridations, m&#233;langes, m&#233;tissages, cr&#233;olisations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art contemporain, mais restons vigilants sur cette notion, b&#233;n&#233;ficie du partage classique du face &#224; face acquis dans les conditions de l'adresse ind&#233;termin&#233;e &#224; chacune et chacun, &#224; n'importe qui ; il sait que l'&#339;uvre contient d'abord une n&#233;cessit&#233; d'exister (selon le mot de Novalis) ; il b&#233;n&#233;ficie non moins de l'exp&#233;rience du sublime moderne. Mais il se voue &#224; l'interf&#233;rence, dans laquelle il fait jouer le savoir de son histoire : en sachant que l'&#339;uvre qui n&#233;gligerait compl&#232;tement sa responsabilit&#233; envers elle-m&#234;me serait incons&#233;quente, que l'&#339;uvre est au travail de sa propre r&#233;alisation, que le public n'est pas le crit&#232;re de la v&#233;rit&#233; de l'&#339;uvre, que l'&#339;uvre d&#233;fie m&#234;me le public mais ne peut s'en d&#233;partir, encore moins de nos jours pour les raisons &#233;voqu&#233;es ci-dessus. Ce pourquoi sans doute, il compl&#232;te ces savoirs par un id&#233;al de d&#233;mocratie participative : loin d'e&#770;tre un simple face-a&#768;-face, une relation de producteur a&#768; r&#233;cepteur &#8212; ou&#768; ce dernier n'est qu'un destinataire &#8212;, artistes et citadins co-construisent une interaction sociale sp&#233;cifique (mais pas n&#233;cessairement les &#339;uvres). L'analyse de ces propositions et en filigrane les processus, qui voient l'&#233;mergence de nouveaux crit&#232;res et valeurs esthe&#769;tiques, sont l'occasion d'interroger ces moments critiques de l'&#233;laboration et de l'appr&#233;ciation esth&#233;tique, qui r&#233;v&#232;lent la capacit&#233; des cre&#769;ateurs d'une part, des r&#233;cepteurs d'autre part, de modifier notre relation a&#768; l'art et a&#768; la ville.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;****&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il convient, pour conclure d'insister sur la volont&#233; de penser le temps pr&#233;sent des intervenants de Cit&#233;Philo. Et surtout le lien entre art et public, sans soumission, ni m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien un enjeu dans la vieille exp&#233;rience intellectuelle de vouloir penser le pr&#233;sent et les mutations de la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle on appartient. Disons depuis Emmanuel Kant. Mais elle est vers&#233;e d&#233;sormais dans le trouble ou le d&#233;sarroi devant l'absence de transcendance, les &#233;checs de l'histoire-progr&#232;s, la diss&#233;mination des grands r&#233;cits, etc. Elle se heurte &#224; une question centrale : que faire de l'humain, et qu'est-il, face &#224; l'&#233;cologie, l'anthropoc&#232;ne, le biologique, les non-humains, les th&#232;mes de l'&#233;poque. Sommes-nous condamn&#233;s &#224; remettre en sc&#232;ne en permanence la derni&#232;re image du film &lt;i&gt;La plan&#232;te des singes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il convient de saluer d'autant plus ces tentatives d'y voir clair, de d&#233;celer une coh&#233;rence sans syst&#232;me, de rendre compte de mouvements g&#233;n&#233;raux de l'&#233;poque en public et en publications, souvent hors des milieux professionnels, notamment dans la sph&#232;re de la culture en constante mutation&#8230; et plus pr&#233;cis&#233;ment concernant les affaires esth&#233;tiques et les affaires artistiques. Chacun(e) pose une hypoth&#232;se et Myl&#232;ne Farmer pousse un chant d&#233;sesp&#233;r&#233; autour d'elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;sur Radio Notre-Dame, le 27 juillet 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : photos de s&#233;ance &#169; Caroline, de Cit&#233;Philo&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;mocratie est un th&#233;&#226;tre</title>
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		<dc:date>2024-01-01T12:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2389-71f96.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre a ses sc&#232;nes, il a ses acteurs, il a ses spectateurs, il conna&#238;t son texte. Il est un art &#8212; parfois &#8212; une m&#233;moire souvent qui na&#238;t d'une longue histoire. Son texte est la variation reconduite de ce souvenir. Quel est ce souvenir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/kratos.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH357/kratos-f5dbb.jpg?1701616598' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Kratos
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre rappelle que Kratos &#8212; Pouvoir &#8212; est un ogre d&#233;fi&#233; par D&#233;mos &#8212; Peuple &#8212; ; cette opposition est sans fin. Contradiction violente ou apais&#233;e, elle est irr&#233;ductible, apor&#233;tique. Le th&#233;&#226;tre dit &#224; la D&#233;mocratie que cet &#233;cart peut se parler, mais non se r&#233;duire jusqu'&#224; s'effacer. Le th&#233;&#226;tre &#8212; le th&#233;&#226;tre, pas le spectacle &#8212; a l'exp&#233;rience quotidienne de s'adresser &#224; une assembl&#233;e qui n'est pas une communaut&#233; pr&#233;alable ni un corps homog&#232;ne. Il est l'exp&#233;rience de &#171; l'entre &#187;, de l'&#233;cart qui subsiste entre chacun des spectateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assembl&#233;e est cet ensemble diff&#233;renci&#233; qui ne fait pas masse. La masse est un assemblement sans &#233;cart, un groupe sans autre. Le th&#233;&#226;tre est art par la cr&#233;ation d'un vide (d'un &#171; entre &#187;), d'un espace entre ceux qui font d&#233;mos. Kratos veut le plein : il ne con&#231;oit le d&#233;mos qu'unifi&#233; en un corps (Holisme). C'est une d&#233;finition du pouvoir tyrannique ou totalitaire. Or le peuple n'est d&#233;mocratique que d&#233;membr&#233;. La tyrannie, c'est le mensonge de l'unit&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste, &#8212; l'acteur, l'&#233;crivain, le peintre &#8212; occupe la place solitaire de l'unicit&#233; au sein du groupe, non pour lui d&#233;nier sa l&#233;gitimit&#233;, mais pour lui rendre la dignit&#233; du multiple. L'artiste ne cr&#233;e pas l'&#233;cart du vivant ; il rend visible le vide qui en est la vie. L'artiste est cet amant qui voit au c&#339;ur de son amour le plus vif, dans son d&#233;sir m&#234;me, le secret des corps amoureux : le vide, l'espace irr&#233;ductible, ce que la pudeur nomme la diff&#233;rence. Il rend &#224; la sensibilit&#233; commune ce que la philosophie d'Aristote &#224; Rousseau appr&#233;hende difficilement ; la pr&#233;sence n&#233;cessaire de l'affect au c&#339;ur de la raison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre a ceci de particulier ; il est le travail d'un groupe adress&#233; &#224; un groupe &#233;tranger. Son partage est l'ouverture de l'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interpr&#233;tation : un art antitotalitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne dispose que de m&#233;taphores approximatives pour r&#233;pondre &#224; cette question : qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; peintre, qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; acteur ? Le peintre troue le visible et ouvre &#224; la visibilit&#233;. L'acteur incarne le vide qu'il cr&#233;e entre le personnage et lui. L'acteur est le corps r&#233;el d'une hypoth&#232;se incarn&#233;e. Sa pr&#233;sence tient &#224; l'interpr&#233;tation d'un espace vide, car il n'est pas le personnage qu'il incarne. Personnage, rappelons-le, vient du latin &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; qui signifie masque. C'est pourquoi au th&#233;&#226;tre comme ailleurs, voir c'est interpr&#233;ter ce que l'on regarde. L'interpr&#233;tation est une hypoth&#232;se qui en suppose d'autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce sens tr&#232;s simple que le th&#233;&#226;tre, comme la peinture ou la litt&#233;rature, interroge la d&#233;mocratie et la met face &#224; son aporie. L'art dit &#224; la d&#233;mocratie toujours tent&#233;e, infest&#233;e, pollu&#233;e, d&#233;tourn&#233;e par la d&#233;magogie : attention, il n'y a pas de dernier mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, tout litt&#233;ralisme, tout refus de la pluralit&#233; du sens, est un totalitarisme. Le fondamentalisme est un litt&#233;ralisme politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art est plus qu'une proposition : il est l'exp&#233;rience de cette pluralit&#233;, il en est le vacillement ou l'incertitude ; il exige de la d&#233;mocratie la mise en forme du doute qui la traverse, l'inqui&#232;te ; il fait l'exp&#233;rience de l'inachev&#233;. L'exp&#233;rience renouvel&#233;e de l'interpr&#233;tation participe du possiblement commun, prol&#233;gom&#232;nes &#224; toute citoyennet&#233;, con&#231;ue comme le devenir possible du commun. Offrant &#224; partager ce qui partage &#8212; nous ne voyons pas tous la m&#234;me chose de ce qui est &#224; voir &#8212; cette exp&#233;rience du d&#233;saccord est une exp&#233;rience d&#233;mocratique, la manifestation vivante de l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, entre le th&#233;&#226;tre et la d&#233;mocratie, se met en jeu l'art de la parole. La d&#233;mocratie na&#238;t, &#224; Ath&#232;nes, d'une mise en jeu et d'une lib&#233;ration de la parole. C'est dangereux. Une parole libre, le droit &#224; la parole offert &#224; chaque citoyen permet de s'exon&#233;rer de l'argumentation et d'un souci de v&#233;rit&#233;. Aujourd'hui plus que nagu&#232;re lorsque la parole se lib&#232;re des v&#233;rit&#233;s de fait et se r&#233;clame de ce qui ne se justifie plus que par &#171; mon &#187; opinion. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interpr&#233;tation est irr&#233;ductible &#224; l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez-ffea3.jpg?1772213022' width='500' height='589' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le film de Barbet Schr&#246;der, &lt;i&gt;Ricardo et la peinture&lt;/i&gt;, lors d'une s&#233;quence, s'arr&#234;te devant un portrait du pape Innocent X par Vel&#225;zquez. La cam&#233;ra s'approche du regard du pape. C'est alors que ceux qui regardent voient dans ce regard du pape une inqui&#233;tude et se demandent : est-ce son pouvoir qui l'inqui&#232;te, est-ce l'inqui&#233;tude du pouvoir, ou est-il inquiet de d&#233;voiler ce que nous pourrions voir et interpr&#233;ter de ce regard ? Le moment est beau. Il confronte Kratos &#224; D&#233;mos et rend visible le danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience d&#233;mocratique nous permet de comprendre que l'antinomie du pouvoir et du peuple est, non ce qu'il faut d&#233;faire, dissimuler, &#233;touffer, mais bien ce qu'il faut conserver et r&#233;duire, sachant que le projet n'a pas de fin. Ce que l'art sait depuis toujours ! Et ce par quoi se dit que l'art n'est pas la propri&#233;t&#233; d'une culture, il est la manifestation vivante de la porosit&#233; des cultures, l'avertissement renouvel&#233; que tout enfermement &#171; communautaire &#187; est signe de haine, de guerre, de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je ne sais pas si l'obscurantisme na&#238;t ou r&#233;sulte de l'inculture, mais je sais bien s&#251;r que c'est un projet politique, lequel se confond avec cette n&#233;gation d'un &#171; illimit&#233; &#187; humain, d'une &#171; trans-immanence &#187; qui distingue encore l'Homme cr&#233;ateur (d'&#339;uvres ou de lui-m&#234;me) de son horrible double. La haine de l'art est un projet de mise &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;cembre 2023&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;a href=&#034;https://www.solitairesintempestifs.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les livres sont publi&#233;s aux &#233;ditions les Solitaires Intempestifs&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/IMG/png/solitaires_logo2.png' width=&#034;349&#034; height=&#034;154&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peinture et catastrophe</title>
		<link>http://www.tk-21.com/Peinture-et-catastrophe</link>
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		<dc:date>2024-01-01T11:40:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Que faut-il &#224; la peinture, &#224; son apparition pour qu'elle parle autrement ? Gilles Deleuze cr&#233;e dans huit cours du d&#233;but des ann&#233;es 80 une ouverture paradoxale qui donne acc&#232;s &#224; un envers du monde, &#224; une r&#233;gion de la dissemblance. Le philosophe regarde autrement la peinture afin que nous n'en saisissions jamais les tenants et les aboutissants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH92/arton2374-d4d8a.jpg?1772269676' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que faut-il &#224; la peinture, &#224; son apparition pour qu'elle parle autrement ? Gilles Deleuze cr&#233;e dans huit cours du d&#233;but des ann&#233;es 80 une ouverture paradoxale qui donne acc&#232;s &#224; un envers du monde, &#224; une r&#233;gion de la dissemblance. Le philosophe regarde autrement la peinture afin que nous n'en saisissions jamais les tenants et les aboutissants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'essentiel ne tient pas &#224; la possibilit&#233; que la peinture ait quelque chose &#224; apporter &#224; la philosophie mais &#224; ce que la philosophie peut attendre de la peinture et que seule elle peut lui donner.&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Partant autant de l'espace &#233;gyptien et grec, des textes de Jean-Jacques Rousseau ou de Klee, et en passant par les &#339;uvres de C&#233;zanne, Van Gogh, Michel-Ange, Turner, Klee, Pollock, Mondrian, Bacon, Delacroix, Gauguin ou le Caravage, Deleuze convoque des concepts philosophiques tels que &lt;i&gt;diagramme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;code&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;digital et analogique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;modulation&lt;/i&gt; pour les renouveler et bouleverser la compr&#233;hension de l'activit&#233; cr&#233;atrice en arts plastiques.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de comprendre comment conjurer la grisaille (Klee) en abordant la couleur, de comprendre aussi ce qu'est une ligne sans contour, un plan, un espace optique pur, un r&#233;gime de couleur. Mais il y a plus, Deleuze envisage le rapport que la peinture entretient avec la catastrophe et chaos.&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Se fondant sur des peintres d'une &#233;poque relativement r&#233;cente (Turner, C&#233;zanne, Van Gogh, Paul Klee et Bacon) il montre comment ces ma&#238;tres ont peint une catastrophe, des tableaux d'avalanche, tableaux de temp&#234;te, etc. pour g&#233;n&#233;raliser des esp&#232;ces d'espaces de d&#233;s&#233;quilibre, de choses qui tombent, de chutes. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Deleuze la peinture est toujours l'histoire de tels mouvements. En effet, si un tableau est une &lt;i&gt;composition&lt;/i&gt;, ce terme n'est l&#224; que pour qualifier une d&#233;sagr&#233;gation qu'il d&#233;finit comme &#171; le point de chute, un verre dont on dirait qu'il va se renverser, un rideau dont on dirait qu'il va retomber &#187;. C'est donc l&#224; le paradoxe qui court en ces huit s&#233;ances qui ne cessent de remettre en cause la vision de la peinture devenant un principe de d&#233;s&#233;quilibre g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Deleuze, au plus profond de lui-m&#234;me l'acte de peindre comprend la catastrophe, m&#234;me lorsque ce qui est repr&#233;sent&#233; n'en n'est pas une. &#171; En effet, les poteries de C&#233;zanne, ce n'est pas une catastrophe, il n'y a pas un tremblement de terre. Les verres de Rembrandt, il n'y a pas une catastrophe. &#187; N&#233;anmoins, pour lui, une catastrophe toujours plus profonde affecte l'acte de peindre si bien qu'il ne pourrait pas &#234;tre d&#233;fini autrement. Deleuze fait donc de tout peintre le pendant d'un Beckett pour qui la &#171; Catastrophe &#187; reste le ma&#238;tre mot de la qu&#234;te existentielle et esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L401xH650/deleuze-685cd.jpg?1702291222' width='401' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Sur la peinture&lt;/i&gt;, &#233;dition pr&#233;par&#233;e par David Lapoujade, &#201;ditions de Minuit, 2023, 352 pages, 26.00 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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