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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Corps, Rituel et temporalit&#233;</title>
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		<dc:creator>Ang&#233;lica Maria Alves de Carvalho</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Le travail de Matthew Barney &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; (2014), bas&#233; sur &lt;i&gt;Ancient Evenings&lt;/i&gt;, le roman de Norman Mailer, se joint &#224; un op&#233;ra de cinq heures et demie de film et performances r&#233;alis&#233;s sur une p&#233;riode de sept ann&#233;es et &#224; l'installation d'une s&#233;rie de sculptures dans l'espace d'une galerie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1279-9157d.jpg?1772233319' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail de Matthew Barney &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; (2014), bas&#233; sur &lt;i&gt;Ancient Evenings&lt;/i&gt;, le roman de Norman Mailer, se joint &#224; un op&#233;ra de cinq heures et demie de film et performances r&#233;alis&#233;s sur une p&#233;riode de sept ann&#233;es et &#224; l'installation d'une s&#233;rie de sculptures dans l'espace d'une galerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Film&#233;s dans trois villes, souvent dans des espaces publics, les performances pouvaient int&#233;grer les interf&#233;rences des passants, pour &#234;tre par la suite ins&#233;r&#233;es dans le film qui, selon l'artiste, trouve son lieu de diffusion id&#233;al dans les salles de concert qui sont aveugles et coupent de l'environnement. Cette analyse du travail de Barney r&#233;v&#232;le certaines convergences avec mes propres exp&#233;riences plastiques, concernant son d&#233;ploiement selon diff&#233;rents m&#233;dias et le mode op&#233;ratoire qui utilise un processus d'auto-constitution comme rituel contemporain, d&#233;rivant d'une structure narrative non lin&#233;aire divis&#233;e en diff&#233;rents registres et temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers mes d&#233;placements g&#233;ographiques, ma vie dans diff&#233;rentes maisons ou temporairement chez des &#233;trangers, je me demande dans mon travail &#224; quel point je peux m'approcher de moi-m&#234;me &#224; travers les autres &#8211; m&#234;me si, avec chaque rencontre il devient de plus en plus difficile de parler de l'autre &#224; partir d'un Soi suppos&#233; stable. Dans ma pratique, en d&#233;veloppant mon acc&#232;s aux oscillations des limites perm&#233;ables entre moi et les autres, je me fie &#224; des &#233;v&#233;nements significatifs qui dessinent une carte et me conduisent &#224; poursuivre une histoire non lin&#233;aire. Je rassemble des vestiges pour construire des images dans un &#233;tat de &#171; symbolisme ouvert &#187;, comme le pensait Bachelard quand il dit que &#171; l'immuable h&#233;raldique ne peut conserver que des valeurs esth&#233;tiques tomb&#233;es en d&#233;su&#233;tude &#187; (1988b, p. 151). Le symbolique ici ne provient pas de l'intentionnalit&#233; d'un sujet, puisque, selon le philosophe, l'acte po&#233;tique n'a pas de pass&#233;, du moins de pass&#233; sur lequel nous pourrions accompagner sa pr&#233;paration et son av&#232;nement (1993, p.1). Ainsi, bien que la concr&#233;tisation du fait plastique passe par une &#233;laboration rationnelle, il n'y a pas de d&#233;roulement d&#233;fini pour ce que je recherche, ni pour les actions que je conduis au cours de chaque rencontre car ma m&#233;thode s'&#233;labore au fur et &#224; mesure de mes exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que mon travail &#233;volue dans la perspective d'un symbolisme ouvert au sein du territoire po&#233;tique&#8230; je ne suis pas ferm&#233;e &#224; une lecture de &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; sur la base d'aspects purement culturels qui nous concernent, mais je me demande si cette lecture n'est pas trop partielle et ceci est renforc&#233; par l'hypoth&#232;se que je fais de la perception de la dur&#233;e comme une continuit&#233;. Je r&#233;fl&#233;chis ici &#224; la dimension agr&#233;g&#233;e des valeurs symboliques manifest&#233;e par la structure narrative adopt&#233;e dans le travail de Matthew Barney qui, dans sa succession rapide de signes, ne nous permet pas de les interpr&#233;ter. Dans ce contexte, je pense &#224; la plasticit&#233; du temps discontinu dans une narration non lin&#233;aire dessin&#233;e sur un temps interrompu non seulement par la succession de plusieurs signes, mais aussi, dans le travail de Barney, par la diffusion du travail dans diff&#233;rents m&#233;dias, espaces et temps. Cette variation des enregistrements adopt&#233;e dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; et sa distribution dans la dur&#233;e exigent l'activation de la m&#233;moire du spectateur pour articuler les diff&#233;rentes parties du travail, re&#231;ues de fa&#231;on fragmentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la temporalit&#233; interrompue, qui utilise la m&#233;moire dans l'espace m&#234;me de l'&#339;uvre (&lt;i&gt;Osborne&lt;/i&gt;, 2013, p. 190), je clos cette analyse en &#233;tudiant la fonction ritualiste du rythme, consid&#233;rant la notion d'intervalle (&lt;i&gt;Tiberghien&lt;/i&gt;, 2008) &#233;galement pr&#233;sente dans mon travail. Je commence par utiliser mes d&#233;placements g&#233;ographiques et mes changements de routine d'une rencontre &#224; une autre, et mes actions qui impliquent l'activation d'objets et de rencontres, dans des lieux et selon des m&#233;dias diff&#233;rents. Dans l'op&#233;ra de Barney, la r&#233;p&#233;tition donn&#233;e par un cycle de r&#233;surrection et de mort ; le mode d'apparition des images et les mat&#233;riaux r&#233;currents sont des portes d'entr&#233;e qui cr&#233;ent des rituels d'activation de la pr&#233;sence et d'activation du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- le corps en tant que mat&#233;riau dans un symbolisme ouvert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le conservateur Okwui Enwezor (&lt;i&gt;Haus der Kunst&lt;/i&gt;, 2016), la sculpture &#233;tant la langue pr&#233;dominante de Barney, c'est &#224; partir de ce territoire que l'artiste articule ses proc&#233;dures, les faisant travailler dans un contexte narratif, soit dans l'espace de la galerie, soit dans ses films. Affirmation qui se r&#233;f&#232;re &#224; un mode de fonctionnement qui implique la dimension du corps dans la construction du langage. Tout d'abord, il est important de noter que la sculpture, compte tenu de la perspective historique du terme, peut &#233;galement &#234;tre comprise dans un champ plus &#233;tendu (Krauss, 1979-2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la pens&#233;e proc&#233;durale qui d&#233;coule de son contexte historique pourrait fonder l'implication du corps dans l'espace, autant que dans la distribution spatiale de l'&#339;uvre et dans sa production, sans pr&#233;senter dans son processus, contrairement aux autres m&#233;dias, une pr&#233;dominance de la vision. Ainsi, dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt;, mais aussi dans d'autres &#339;uvres de Barney dans lesquelles le corps est impliqu&#233;, ne serait-ce que dans le titre, comme dans le cycle &lt;i&gt;Cremaster&lt;/i&gt;, la figure du corps est la mat&#233;rialit&#233; de l'existence corporelle et elle conduit ses proc&#233;dures de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche, en opposition &#224; l'h&#233;g&#233;monie de la pens&#233;e comme extension quasi exclusive de la vision et au d&#233;liement de la mat&#233;rialit&#233; de la vie que cela provoque, propose une inversion. Selon lui, nous ne sommes pas un simple appareil, le corps doit &#234;tre impliqu&#233; dans l'&#233;mergence du langage &#224; son origine. Dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt;, l'artiste incite le spectateur &#224; confronter le corporel sous plusieurs aspects &#8211; par exemple, dans la sc&#232;ne o&#249; les morts, en qu&#234;te de r&#233;incarnation, doivent traverser une rivi&#232;re de mati&#232;res f&#233;cales comme une proc&#233;dure rituelle ; ou dans la disponibilit&#233; du corps du spectateur &#8211; une condition requise par la dur&#233;e de presque six heures du film. L'id&#233;e de l'activation de l'exp&#233;rience corporelle peut nous conduire &#224; un &#233;tat de perte de soi, &#224; un &#233;tat de perte d'un &#171; Moi &#187; concentr&#233; dans un corps suppos&#233; coh&#233;rent, entretenu dans les limites exp&#233;riment&#233;es et connues par l'habitude ; exp&#233;rience corporelle qui dynamise un &#233;tat de perception li&#233;e &#224; la mat&#233;rialit&#233; des choses, nous soustrayant &#224; la connaissance purement contemplative du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination mat&#233;rielle, selon Bachelard, ne rel&#232;ve pas de la contemplation, mais op&#232;re plut&#244;t &#171; en contact &#233;troit avec la mat&#233;rialit&#233; du monde &#187; (1994, p. 19). Pour cette raison, lorsqu'il parle de l'action de l'artiste, &#171; l'imagination mat&#233;rielle n'a rien &#224; voir avec une ph&#233;nom&#233;nologie, mais avec une dynamique : c'est un jeu de forces, un affrontement entre forces humaines et forces naturelles &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Bachelard ait explor&#233; dans son ouvrage la puissance de la cr&#233;ation artistique li&#233;e aux quatre &#233;l&#233;ments de la mati&#232;re, le philosophe rompt avec cette notion, qui lui para&#238;t insuffisante dans &lt;i&gt;La Po&#233;tique de l'espace&lt;/i&gt; (1993).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que l'auteur parle d'images po&#233;tiques comme &#171; variables &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;). Quelque chose qui ne peut &#234;tre d&#233;termin&#233; de mani&#232;re d&#233;finitive, qui ne peut &#234;tre r&#233;duit &#224; une op&#233;ration linguistique rationnelle et objective. Il faut &#234;tre pr&#233;sent &#224; l'image d&#232;s qu'elle appara&#238;t comme un rehaussement subit de la psych&#233;, mettant l'expression en mouvement par notre adh&#233;sion imm&#233;diate, appr&#233;hend&#233;e dans l'engagement du corps dans l'aspect concret des choses (1994, p.8). &#192; travers l'imagination mat&#233;rielle, le corps est rendu &#224; l'&#233;mergence du langage, en tant que force transformatrice qui cr&#233;e dans le processus de son geste, entra&#238;n&#233; par une volont&#233; de puissance. L'objet et celui qui le manipule sont transform&#233;s, crois&#233;s, ressentis dans toute leur mat&#233;rialit&#233; - les sens sont immerg&#233;s dans une exp&#233;rience mondiale dans laquelle l'urgence de nommer ce qui est connu est &#233;tablie - devenant ainsi une &#233;mergence du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, les images consid&#233;r&#233;es selon un symbolisme ouvert demandent une infid&#233;lit&#233; aux embl&#232;mes, que nous pourrions consid&#233;rer comme un retour au monde. Le corps est &#233;galement retourn&#233; au monde et participe &#224; une impr&#233;gnation, car notre subjectivit&#233;, inform&#233;e par diff&#233;rents m&#233;dias, semble devoir &#234;tre une image pour &#234;tre r&#233;alis&#233;e. Matthew Barney s'approprie les actions rituelles d&#233;riv&#233;es de r&#233;f&#233;rences culturelles, mais ne les r&#233;p&#232;te pas - il peut les utiliser comme base, mais il les retire de leur contexte historique et sacr&#233;, les ramenant au monde &#224; travers la production d'images. L'image d'un fleuve appara&#238;t &#224; plusieurs reprises dans le film comme une all&#233;gorie visuelle aux sens multiples. Le territoire de cette rivi&#232;re mythique est une menace de dilution et d'enterrement, mais aussi une force de purification et de renaissance. Son eau rejoint les mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que Barney adopte pour fonder un symbolisme ouvert. Le soufre, par exemple, utilis&#233; dans plusieurs de ses sculptures, est un &#233;l&#233;ment essentiel de la vie animale et v&#233;g&#233;tale, mais c'est aussi un &#233;l&#233;ment hautement r&#233;actif et potentiellement destructeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mat&#233;riaux entrent en action tout comme le corps, qui est immerg&#233; et p&#233;n&#233;tr&#233; par les mat&#233;riaux, dans l'exp&#233;rience de la proximit&#233; du corps avec le monde. L'entre-deux, dans un sens de transition entre le moi et le devenir, est affect&#233; par le geste n&#233;cessaire pour nous amener &#224; la limite entre un corps et un autre, entre la vie et la mort, entre l'homme et la machine. C'est l'intangible, c'est la limite m&#234;me - la proximit&#233; souhait&#233;e qui nous fait passer de la vue au toucher, car &#171; toucher c'est toucher une limite &#187; (Derrida, 2005, 103).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/2_levy-0cf57.jpg?1772189511' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;River of Fundament, vide&#769;ogramme, Matthew Barney, 2014.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-ce dans cette intangibilit&#233; de la limite que r&#233;side le d&#233;sir m&#234;me de proximit&#233; &#8211; cette chose sans corps dont Derrida nous parle, en train de toucher l'intouchable &#8211; un contact qui nous fait ressentir (cr&#233;er) un autre toujours irr&#233;alisable, un autre qui est aussi moi-m&#234;me, bien que ce &#171; je &#187; ne puisse pas &#234;tre quelque chose de fixe ; une question que Jean Luc-Nancy aborde dans cette citation de Derrida : &#171; [...] Ce &#034;je&#034; est pr&#233;cis&#233;ment la question, la vieille question : qu'est-ce que ce sujet d'&#233;nonciation ? Toujours &#233;tranger &#224; son propre discours, qui s'impose n&#233;cessairement &#224; lui [...] &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p.97) &#8211; Ces pens&#233;es de Nancy, suite &#224; une transplantation cardiaque qu'il avait subie, ne concernent plus seulement la relation &#224; notre propre corps et aux rencontres significatives qui l'auront influenc&#233;, mais elles parlent d'une incision, de &#171; l'&#233;tranget&#233; de ma propre identit&#233; &#187;. Il affirme que jamais l'&#233;tranget&#233; de sa propre identit&#233;, qu'au demeurant il avait toujours trouv&#233;e inqui&#233;tante, ne l'avait atteint avec cette acuit&#233;. M&#234;me si le toucher est une incision, une invasion, un contact int&#233;rieur, il touche toujours une surface, touchant une fronti&#232;re &#8211; ce qui est intouchable. Il en va de m&#234;me pour l'immersion &#8211; la totalit&#233; d'un corps immerg&#233; est n&#233;anmoins l'atteinte d'une limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immersion dans les excr&#233;ments, dans les images du film, ou l'enrobage du corps dans de l'or, le m&#234;me or qui sort de la bouche, montrent une int&#233;riorit&#233; (mais toujours la surface de l'int&#233;rieur) ; les f&#232;ces qui sortent de l'anus, le sang et d'autres fluides, pris comme produits de la corpor&#233;it&#233; humaine, semblent interroger la possibilit&#233; d'identification &#224; quelqu'un, &#224; une substance min&#233;rale ou organique qui nous d&#233;finit par proximit&#233;, par intimit&#233;, aussi pr&#232;s que possible, et malgr&#233; tout, une impossibilit&#233;. Ce qui reste donc, c'est le sublime impossible : toucher une fronti&#232;re. Barney consid&#232;re les processus organiques et visc&#233;raux du corps comme des proc&#233;dures sculpturales. Pour ses &lt;i&gt;Water cast series&lt;/i&gt;, l'artiste verse du m&#233;tal fondu dans la rivi&#232;re et, comme le m&#233;tal est refroidi par l'eau, il prend la forme de son contact. Ces sculptures sont peut-&#234;tre la mat&#233;rialisation la plus proche de l'instant pr&#233;cis o&#249; le m&#233;tal a touch&#233; la fronti&#232;re entre lui-m&#234;me et l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;131&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_levy-1f3bc.jpg?1535559952' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Eau coule&#769;e. River of Fundament, Matthew Barney, Geffen Contemporary au MOCA - Muse&#769;e d'Art Contemporain, Los Angeles, 2015/2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;131&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/4_levy-7d0f9.jpg?1772189511' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Eau coule&#769;e. River of Fundament, Matthew Barney, Geffen Contemporary au MOCA - Muse&#769;e d'Art Contemporain, Los Angeles, 2015/2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- temporalit&#233; et rituel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de penser &#224; la structure narrative de &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; comme une dynamique qui ne nous permet pas d'interpr&#233;ter d&#233;finitivement ses images. Pourtant, bien qu'elles traitent d'un r&#233;el contingent &#8211; objets, villes, histoires comme la vie m&#234;me de l'auteur du roman qui est joint &#224; l'&#339;uvre &#8211; ce r&#233;el est ajout&#233; aux actions et aux objets embl&#233;matiques, activ&#233;s dans un r&#233;cit non lin&#233;aire. L'activation se fait par retrait de tout contexte &#8211; les objets et les actions sont soustraits &#224; leur r&#244;le habituel, sans &#234;tre au service d'une signification impos&#233;e par l'artiste, mais d&#233;di&#233;s &#224; l'exp&#233;rience, voire l'invention d'un rite. La fragmentation et parfois le chevauchement des temporalit&#233;s utilis&#233;es ne nous permettent pas d'arr&#234;ter une signification &#8211; le r&#233;cit compte donc sur un rythme n&#233; des interruptions et des distractions qui font partie de l'ensemble du travail. Cette multiple temporalit&#233; dans l'art contemporain est compar&#233;e par Peter Osborne (2013, p. 188, ma traduction) &#224; une constellation de formes de r&#233;ception ou de temporalit&#233;s d'attention qui naviguent entre ennui, distraction, immersion et absorption. Osborne &#233;tudie l'id&#233;e de dur&#233;e, du territoire de l'art, en tant que construction : &lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] Dans les mots de Bachelard, la continuit&#233; psychique n'est pas donn&#233;e mais construite &#224; partir de la structure temporelle des relations entre les actes : &#171; ce qui dure le plus, c'est ce qu'il vaut mieux recommencer. &#187; La dur&#233;e est un processus dialectique de la continuit&#233;, l'interruption et le red&#233;marrage &#8211; toujours un red&#233;marrage. Le concept fondamental du temps n'est donc pas la continuit&#233; (comme le pensait Bergson), mais la temporisation (timing) comme un rythme.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Osborne consid&#232;re le spectateur lui-m&#234;me comme un domaine o&#249; la continuit&#233; du travail est incarn&#233;e. C'est l'activation de la m&#233;moire du spectateur qui rassemble la succession d'images interrompues, en tenant compte non seulement de l'apparence et du mode de d&#233;clenchement du film, mais aussi de la r&#233;partition des pi&#232;ces en fonction de l'architecture de la galerie et du non-isolement visuel d&#251; au choix d'une salle de concert pour la projection du film, plut&#244;t que d'une salle de projection. La sollicitation de la m&#233;moire du spectateur est d'autant plus importante dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt; que l'on consid&#232;re que la dur&#233;e du travail qui s'&#233;tend aux performances fut de sept ann&#233;es. Consid&#233;rant le rythme &#224; travers la conception bachelardienne de la dur&#233;e, Osborne illustre &#233;galement cette notion de &#171; timing &#187; &#224; partir des travaux de Matthew Barney les mettant en valeur en tant que dispositifs op&#233;rationnels des technologies num&#233;riques temporelles. Les technologies qui cr&#233;ent les non-lieux des villes informatis&#233;es, qui, selon l'auteur, peuvent offrir une cl&#233; pour comprendre les possibilit&#233;s inh&#233;rentes aux exp&#233;riences du temps dans le domaine de l'art (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 190), &#233;tat de la perception oscillante &#8211; dans la dialectique entre l'attention, l'ennui et la distraction, impr&#233;gn&#233;e par l'exc&#232;s d'images. Osborne nous dit que chaque &#339;uvre ne peut fonctionner que si elle prend en compte le m&#234;me contexte. Ainsi, &#171; les galeries contemporaines reproduisent au mieux la multiplicit&#233; antagoniste de notre espace-image social&#233; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 185).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sorganisation temporelle, la pause et la construction de la dur&#233;e apparaissent dans mon propre travail comme des proc&#233;dures adopt&#233;es au cours du processus de cr&#233;ation, elles sont &#233;galement probl&#233;matis&#233;es dans la mat&#233;rialisation plastique. D&#232;s le d&#233;but de mon processus, le choix du voyage et de l'immersion dans diff&#233;rentes maisons r&#233;pond au d&#233;sir d'&#233;tudier la possibilit&#233; d'une construction d'identit&#233; fluide, prenant comme mat&#233;riau le reflet qui se produit dans le processus. Le voyage lui-m&#234;me constitue un temps d'attente qui nous s&#233;pare de l'inconnu et qui, selon Gilles Tiberghien (2008, 196), &#171; permet de r&#233;fl&#233;chir aux intervalles, aux pauses du discours, entre deux lieux, entre deux temps, entre soi et l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompre la routine devait me permettre de d&#233;sidentifier un soi suppos&#233; stable. L'immersion dans un nouveau lieu devait me permettre une rupture avec mes rep&#232;res familiers, cr&#233;ant l'espace n&#233;cessaire &#224; la pause et les conditions pour &#233;tablir un nouveau rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment de r&#233;tr&#233;cissement spatio-temporel amen&#233; par les nouvelles technologies semble corroborer l'exp&#233;rience de ce non-lieu mentionn&#233; par Osborne, comme une possibilit&#233; d'identification avec quelque chose ou quelqu'un qui ne semble &#234;tre distant que g&#233;ographiquement. Habiter le non-espace des nouvelles technologies peut nous amener &#224; nous disperser, mais elles &#233;largissent &#233;galement notre champ de contact avec les autres. Tout comme il y a un changement dans notre perception de l'espace-temps de par le logement &#233;tendu &#224; ce non espace, les fronti&#232;res entre soi et l'autre semblent de plus en plus brouill&#233;es. Bien que ces limites dans les relations interpersonnelles au sein de notre communaut&#233; d'origine ne puissent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme totalement d&#233;finissables la cr&#233;ation d'identit&#233; s'ajoute &#224; l'espace fluide d'internet dans l'&#233;largissement de nos interactions avec diverses autres communaut&#233;s. Ces consid&#233;rations apparaissent comme une indication pour la mat&#233;rialisation de mon travail sur la toile mais elles ont &#233;t&#233; &#233;largies par mes voyages, avec des interruptions dues au quotidien, les d&#233;placements, les rencontres qui se sont produits au cours du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage a commenc&#233; &#224; se pr&#233;senter comme essentiel &#224; la cons&#233;cration d'un nouveau d&#233;part : pr&#233;paratifs ; mise en cause du corps (compte tenu de la dur&#233;e du d&#233;placement et de l'adaptation biologique &#224; un autre fuseau horaire) ; d&#233;stabilisation des r&#233;f&#233;rences spatio-temporelles ; attente, constitution d'un nouveau rythme. Toutes ces conditions impliquent un effort initial et une s&#233;quence d'actes suppl&#233;mentaires capables d'engager une dur&#233;e (Bachelard, 1988a, p. 43). En ce sens, le voyage, comme &#171; dans les multiples romans de formation, dont l'objet n'est autre que le sujet lui-m&#234;me &#187; (Tiberghien, 2011, p. 10, traduit par mes soins) est l'activation d'une pr&#233;paration psychologique. Ainsi, j'ai trouv&#233;, dans une temporalit&#233; structur&#233;e par des rythmes, une proc&#233;dure essentielle &#224; mon travail de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'apparition des images de Matthew Barney, la mat&#233;rialisation plastique dans diff&#233;rents registres, la structure narrative non lin&#233;aire au sein d'un symbolisme ouvert et la possibilit&#233; de distendre la dur&#233;e &#224; travers la r&#233;p&#233;tition et la pause au sein de l'&#339;uvre, soulignent plusieurs moyens de mat&#233;rialisation plastique du temps construit par des rythmes. Barney utilise &#233;galement le rythme dans la perspective du rituel : la r&#233;p&#233;tition d'un objet, ou d'un &#233;l&#233;ment activ&#233; par la performance, cr&#233;e la possibilit&#233; d'ouvrir des significations par un m&#233;canisme d'impr&#233;gnation &#8211; les multiples r&#233;p&#233;titions d'un objet ou d'un mat&#233;riau dans diff&#233;rentes actions, sans connexion rationalis&#233;e, activent une qualit&#233; de vibration qui les fait sortir de leur condition objectiv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'op&#233;ra de Barney, l'auteur du roman, Norman Mailer, traverse un cycle de renaissance et de mort, revenant dans l'une de ses r&#233;incarnations en tant qu'automobile anthropomorphe &#8211; une image symbolique qui appara&#238;t dans d'autres films de Barney. Dans une interview sur &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt;, l'artiste souligne son identification avec l'auteur du roman. Mailer a en outre jou&#233; le r&#244;le de l'illusionniste Harry Houdini dans le cycle &lt;i&gt;Cremaster&lt;/i&gt;. Barney convoque des &#233;l&#233;ments biographiques concernant le romancier, comme le toit de la maison o&#249; il vivait, qui dans le film est renvers&#233;, tel une coque bateau, avec des r&#233;f&#233;rences r&#233;currentes dans ses autres &#339;uvres. Barney apporte par la r&#233;p&#233;tition l'&#233;laboration d'un sch&#233;ma temporel discontinu, puisqu'il nous fait saisir un objet, en l'occurrence l'automobile, dans une existence interrompue. Son symbolisme est renforc&#233; par une saturation &#233;prouv&#233;e par le spectateur lui-m&#234;me. Le m&#234;me mode de fonctionnement est r&#233;p&#233;t&#233; et interrompu. Ce sont des images qui acqui&#232;rent une persistance et sont appr&#233;hend&#233;es par nous, par le rythme. Ce mode op&#233;rationnel m'aide &#224; r&#233;fl&#233;chir aux m&#233;canismes qui g&#233;n&#232;rent mon histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/5_levy-f9de5.jpg?1772189511' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;The boat of Ra, 2014. Installation. River of Fundament, Haus der Kunst, 2014.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal, j'ai d&#233;couvert ce que l'on appelle les &#171; plantes invasives &#187;. J'&#233;tudie la morphologie et les diff&#233;rentes potentialit&#233;s de ces plantes en les reliant &#224; moi-m&#234;me. En commen&#231;ant par les fleurs de Cassia, j'ai trouv&#233; dans leur gousse ouverte des similitudes avec l'&#233;pine dorsale. Configuration que j'ai retrouv&#233;e dans une excavation &#224; c&#244;t&#233; de la maison o&#249; j'ai s&#233;journ&#233; &#224; Besan&#231;on. Les fouilles avaient commenc&#233; quelques jours avant mon arriv&#233;e. Le trou b&#233;ant dans la terre fut referm&#233; la veille de mon d&#233;part. Ces r&#233;p&#233;titions agissent par saturation, car elles peuvent &#233;tablir des r&#233;currences &#224; partir de relations formelles et linguistiques, introduisant la pr&#233;sence symbolique du corps dans l'&#339;uvre (unissant la forme de la gousse et le phallus, la graine et le sperme, la gousse ouverte et la colonne vert&#233;brale). Alors, en r&#233;fl&#233;chissant &#224; la mani&#232;re d'&#233;laborer une dur&#233;e bien construite par la r&#233;p&#233;tition et la pause, je me souviens des propos de Bachelard sur l'unit&#233; que nous assignons &#224; un objet d&#232;s lors que nous pouvons le saisir dans l'unit&#233; d'une action et sur la diversit&#233; de l'objet r&#233;sultant de notre dispersion, de la multiplication des actions dans lesquelles il est impliqu&#233;, et de notre capacit&#233; &#224; concevoir ces actions comme distinctes. Pour Bachelard, le sch&#233;ma d'analyse temporelle d'une action complexe est n&#233;cessairement discontinu (Bachelard, 1988a, p. 26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de construction d'une dur&#233;e m'int&#233;resse parce je pense qu'il ouvre un espace propre &#224; cr&#233;er une existence mall&#233;able, consciente de la plasticit&#233; identitaire, d&#233;plac&#233;e dans sa dynamique par les forces qui l'influencent. Je commence &#224; me demander si le d&#233;placement peut intensifier le plan du al&#233;atoire recherch&#233;, en me rendant disponible pour des &#233;v&#233;nements qui r&#233;affirment une rencontre significative et je deviens donc accessible &#224; une &#233;piphanie pa&#239;enne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L419xH713/6_levy-50f22.jpg?1535559952' width='419' height='713' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;While de sea se le&#768;ve, photographie, Ange&#769;lica de Carvalho, Besanc&#807;on, 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_levy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/7_levy-d83b9.jpg?1772189511' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;While de sea se le&#768;ve, cadrage du film, Ange&#769;lica de Carvalho, Besanc&#807;on, 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'immensit&#233; temporelle construite dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt;, la perm&#233;abilit&#233; entre diff&#233;rents m&#233;dias &#8211; performance, sculpture, cin&#233;ma, et ce que chaque m&#233;dium &#233;largi transporte vers un autre territoire &#8211; je consid&#232;re la port&#233;e de l'art comme un rituel. Les choix de Barney pourraient se traduire par une possible confluence entre les syst&#232;mes artistiques et les c&#233;l&#233;brations liturgiques, un retour aux rituels en tant qu'exp&#233;rience et cr&#233;ation de langage. La dramatisation dans les c&#233;r&#233;monies religieuses, caract&#233;ris&#233;e par la repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale en masse, les processions (parall&#232;lement aux repr&#233;sentations film&#233;es dans la rue), les tableaux vivants, entre autres, peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des anc&#234;tres des op&#233;ras apparus au XVIIe si&#232;cle. Cependant, dans &lt;i&gt;River of Fundament&lt;/i&gt;, m&#234;me les performances dans les espaces publics, pouvant int&#233;grer l'interaction avec les passants et l'implication du corps dans l'exp&#233;rience, sont encore tr&#232;s centr&#233;es sur l'action des acteurs et des chanteurs. La r&#233;f&#233;rence de Barney &#224; la mise en acte de l'exp&#233;rience corporelle du public se limite au temps (et &#224; l'inconfort potentiel) consacr&#233; &#224; la dur&#233;e du film et &#224; la perception de l'espace, tant dans la galerie que dans la salle de concert. Comment une &#339;uvre d'art pourrait-elle fonctionner de mani&#232;re &#224; engager efficacement le visiteur d'une mani&#232;re comparable &#224; l'implication dans un rituel liturgique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait soutenir que les concerts de musique comme le rock ou tout type de musique qui oblige le corps &#224; se d&#233;placer dans son rythme ont un effet similaire aux masses les plus charismatiques, ce qui est vrai, mais comme dans le cas de beaucoup de c&#233;r&#233;monies religieuses, la configuration spatiale des salles de concert laisse le public dans un espace s&#233;par&#233; de celui des musiciens. De plus, le corps est activ&#233; par un mythe construit du dehors qui, comme ce qui se passe avec le travail de Barney, n'est pas sp&#233;cifiquement contenu dans ce lieu et cette heure : la dur&#233;e d&#233;passe les limites du concert elle vient des diff&#233;rents contacts avec le public organis&#233;s par diff&#233;rents m&#233;dias, par la publicit&#233;, les informations concernant l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fonctionne sur la logique du spectacle. J'en arrive &#224; cette conclusion en interrogeant la construction d'un rituel contemporain, en pensant aux formes de participation de l'autre dans lesquelles son propre corps et son histoire atteignent la limite o&#249; ils peuvent &#234;tre touch&#233;s. Apr&#232;s l'exp&#233;rience de la pr&#233;sence li&#233;e &#224; la performance, les visiteurs peuvent &#233;tablir un contact avec l'artiste qui propose un lieu pour une rencontre. Mais cette exp&#233;rience peut aussi se d&#233;rouler dans l'espace fluide du web, au fil du temps ; une &#339;uvre qui n'est pas seulement une repr&#233;sentation, mais un rituel d'activation pour l'artiste et pour les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANDRADE, Daniel Pereira, &lt;i&gt;Nietzsche : a experi&#234;ncia de si como transgress&#227;o (loucura e normalidade)&lt;/i&gt;, S&#227;o Paulo : Annablume, Fapesp, 2007.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BACHELARD, Gaston, &lt;i&gt;A dial&#233;tica da dura&#231;&#227;o&lt;/i&gt;, trad. Marcelo Coelho. S&#227;o Paulo : Editora &#193;tica, 1988a.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BACHELARD, Gaston, &lt;i&gt;A po&#233;tica do espa&#231;o&lt;/i&gt;, trad. Antonio de P&#225;dua Danesi. 1&#170; edi&#231;&#227;o. S&#227;o Paulo : Martins Fontes, 1993.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BACHELARD, Gaston, &lt;i&gt;A po&#233;tica do devaneio&lt;/i&gt;, trad. Antonio de P&#225;dua Danesi. 1&#170; edi&#231;&#227;o. S&#227;o Paulo : Martins Fontes, 1988b.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BACHELARD, Gaston, &lt;i&gt;O direito de sonhar&lt;/i&gt;, trad. Jos&#233; Am&#233;rico Motta Pessanha et al. 4&#170; edi&#231;&#227;o. Rio de Janeiro : Bertrand Brasil, 1994.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DERRIDA, Jacques, &lt;i&gt;On Touching &#8211; Jean-Luc Nancy&lt;/i&gt;, trad. Christine Irizarry. California : Stanford University Press, 2005.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIAS, Rosa Maria, &lt;i&gt;Nietzsche, vida como obra de arte&lt;/i&gt;, Rio de Janeiro : Civiliza&#231;&#227;o Brasileira, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#225;vea, revista do Curso de Especializa&#231;&#227;o em Hist&#243;ria da Arte e Arquitetura no Brasil, da PUC-Rio, em 1984 (87-93). Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://monoskop.org/images/b/bc/Krauss_Rosalind_1979_2008_A_escultura_no_campo_ampliado.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://monoskop.org/images/b/bc/Kr...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso : 9/09/2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haus der Kunst, &lt;i&gt;Exhibition &#8211; Matthew Barney : River of Fundament&lt;/i&gt;. Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0Z4-6caP9KQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=0Z4...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso em 15/08/2016 &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INGOLD, Tim, &#171; Trazendo as coisas de volta &#224; vida : emaranhados criativos num mundo de materiais &#187;, &lt;i&gt;Horizontes Antropol&#243;gicos&lt;/i&gt;, Porto Alegre, ano 18, n. 37, p. 25-44, jan./jun. 2012.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MALTEN, Willem, Rethinking a Weed : the Truth about Amaranth. Our World. United Nations University. Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://ourworld.unu.edu/en/rethinking-a-weed-the-truth-about-amaranth&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://ourworld.unu.edu/en/rethink...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso em 16/08/2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MATTHEWS, Sue, &lt;i&gt;Am&#233;rica do sul invadida : a crescente amea&#231;a das esp&#233;cies ex&#243;ticas invasoras&lt;/i&gt;, Programa Global de Esp&#233;cies Invasoras. Trad. Gisele Bolzani, Secretaria do GISP, 2005. Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.institutohorus.org.br/download/gispSAmericapo.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.institutohorus.org.br/do...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso em 16/08/2016.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NIETZSCHE, Friedrich Wilhelm, &lt;i&gt;Obras Incompletas&lt;/i&gt;, trad. Rubens Rodrigues Torres Filho &#8211; 3.ed &#8211; S&#227;o Paulo : Abril Cultural, 1983&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;OSBORNE, Peter, &lt;i&gt;Anywhere or not at all : philosophy of contemporary art&lt;/i&gt;, London : Verso, 2013. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;DAMBROT, Shana Nys, &lt;i&gt;Inside Matthew Barney's Solid Gold Shit Show&lt;/i&gt;.The Creators Project, Setembro, 2015. Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://thecreatorsproject.vice.com/blog/inside-matthew-barneys-solid-gold-shit-show&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://thecreatorsproject.vice.com/...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso em : 16/08/2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;TIBERGHIEN, Gilles, &lt;i&gt;Les Principes de l'axolotl &amp; suppl&#233;ments&lt;/i&gt;, essai sur les voyages. Arles : Actes Sud, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIBERGHIEN, Gilles,( ) trad. In&#234;s de Araujo. Revista USP, S&#227;o Paulo, n.77, p. 195-199, mar&#231;o/maio 2008. Dispon&#237;vel em : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.revistas.usp.br/revusp/article/view/13667/15485&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.revistas.usp.br/revusp/a...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; Acesso em : 13/8/2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Pascale Weber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couverture : &lt;i&gt;Trans America&lt;/i&gt;, 2014, soufre fondu, re&#769;sine e&#769;poxy et bois. Installation de River of Fundament, Matthew Barney, Geffen Contemporary au MOCA - Muse&#769;e d'art contemporain, Los Angeles, 2015/2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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