dimanche 22 mai 2011

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TK-21 L’association

, Comité de rédaction

En 2005, Jean-Louis Poitevin et les membres du groupe Novembre ont décidé de se retrouver régulièrement dans une recherche autour de la question de l’image. Afin de donner un cadre à leurs activités, ils ont fondé l’association TK-21, et ont décidé de se retrouver une fois par mois, d’octobre à juin, pour travailler sur des textes théoriques sur la photographie.

Photographes plasticiens, les membres du Groupe Novembre ne se satisfaisaient pas des théories en cours sur la photographie en général ni sur celle concernant la photographie plasticienne à laquelle ils se rattachent. Le déclic qui a présidé à leurs rencontres a eu lieu lors de la découverte des textes de Vilém Flusser.
Ils ont commencé à travailler sur son livre, Pour une philosophie de la photographie. Neuf chapitres, neuf séances et une tentative modeste de « déplier » ce texte afin d’en appréhender toutes les implications : telle fut la première année de travail dans ce séminaire.
Pour le dire d’un mot, les thèses de Flusser sont à l’opposé des thèses de Barthes, qui constituent aujourd’hui une sorte de vulgate dans laquelle nombre de discours sur la photographie, en particulier en France, continuent à s’enliser.
Ces thèses leur semblaient devoir ouvrir des pistes de réflexion sensiblement nouvelles. En tout cas, elles permettaient de tenter une sortie de cette conception faisant de l’image photographique un indice de la réalité et montrait l’urgence de questionner l’image sous tous ses aspects, à la fois en tant qu’objet, mais en relation avec celui qui la produit, les appareils qu’il utilise pour cela et enfin en fonction de l’impact des images produites sur le psychisme tant de celui qui les a réalisées que de ceux qui les voient.
Pour eux, s’ouvrit alors un champ d’analyse différent de celui des célèbres studium et punctum et de la relation de l’image au passé à travers la formule du « ça a été ». Par contre, ils se trouvèrent confrontés à la question des relations entre texte(s) et image(s) qu’il devenait possible d’inscrire dans une perspective généalogique.
Cette perspective mettait en question notre croyance en l’immuabilité de la conscience. Ainsi de la question de l’image, il fallut déployer une analyse de la conscience à partir d’un point de vue généalogique. Cette interrogation passait par des textes qui ne concernaient pas directement la photographie comme le livre de Julian Jaynes, La naissance de la conscience dans l’effondrement de l’esprit bicaméral.
Grâce à ce lien avec les temps d’avant l’histoire s’est mise en place une réflexion dont l’image constitue à la fois le centre et l’opérateur majeur. L’image qu’il fallait alors interroger était l’image vidéo. Elle s’est trouvée au centre du questionnement à travers des textes de ces grands inventeurs de l’art vidéo que sont Nam June Paik, Garry Hill ou Bill Viola.
La parenté entre certaines remarques sur ces images et certaines conceptions en vigueur dans le monde de la préhistoire permit de tisser des ponts avec des éléments saillants de notre époque, celle de la post-histoire, au sens que Flusser donne à ce terme.
Ces séminaires sont donc un lieu de réflexion sur l’image dans la mesure où l’on entend par image l’ensemble des productions visuelles signifiantes nées des appareils de toutes sortes et produites en particulier dans les mégapoles de la planète.
Au cours des six années durant lesquelles ce séminaire s’est tenu, nous avons vécu une évolution radicale de notre questionnement. C’est ce qui nous a conduit à fonder TK-21 la revue.
Durant ces années, le séminaire s’est tenu dans des lieux divers, le plus souvent des galeries d’art ou chez des particuliers. Le « nomadisme urbain » est une des caractéristiques de l’aspect non institutionnel de cette entreprise. Il est important de rendre ici hommage à ceux qui nous accueillis le plus souvent, la Galerie Sycomore art (Camille De Bayser et Rose Burki) devenue depuis Whiteproject(s), Le Musée des Arts derniers (Olivier Sultan), Project-room Café au Lit (J. Emil Sennewald et Andrea Weisbrod) et la galerie Images de fer (Alain Pras). Il faut aussi remercier les participants de ce séminaire qui par leur présence active et assidue en ont fait un lieu de réflexion associé à une généreuse convivialité. Sans eux, cette aventure ne pourrait exister. Ils ont aussi permis par leur aide financière à Pierre Benielli, Jean-Louis Poitevin et Martial Verdier de fonder TK-21 la revue.