vendredi 30 août 2013

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My spilt eye

, Daphné Le Sergent

Le travail de Daphné Le Sergent est déconcertant dans le sens où il travaille les "raccords" de la subjectivité, ces glissements constants entre une perception intérieure et une appréhension extériorisée.

Daphné Le Sergent enseigne la photographie à l’Université Paris 8, où elle mène des recherches artistiques et théoriques autour de la notion de schize et de frontière. Auteure de L’image-charnière ou le récit d’un regard, Paris, L’Harmattan, 2009, elle est membre de l’AICA. Artiste, son travail est représenté par la galerie Metropolis et ses vidéos sont distribuées par le Collectif Jeune Cinema.

Née en Corée et adoptée en France, Daphné Le Sergent aborde la question de la partition politique de la Corée au travers d’un point de vue subjectif et personnel, non pas celui de la séparation douloureuse et du déracinement, mais celui d’une expérience de scission entre apparence asiatique et appartenance française. Aussi la frontière n’est elle pas seulement présentée sous un éclairage géopolitique que comme installée en chaque individu, conséquence qu’un territoire divisé imposerait aux gestes quotidiens qui y sont rattachés et à la conscience que l’on a de soi.
Le travail de Daphné Le Sergent est déconcertant dans le sens où il travaille les "raccords" de la subjectivité, ces glissements constants entre une perception intérieure et une appréhension extériorisée. Il est une mise à mal des certitudes liées au souvenir comme conservation des images des choses ; tout, ici, semble en perpétuel mouvement, comme glissant "bord à bord", frontières des mots sur le réel.
Ses photos, dessins, vidéo, installations tant par l’objet que par l’aspect formel sont centrés sur les questions de mémoire, de sensation, de flou, de construction imaginaire et d’emprise sur le réel.

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