jeudi 21 février 2013

Accueil > Les rubriques > Images > Les Petites Ostensions II/IV

Les Petites Ostensions II/IV

Fantaisie longue d’Hervé Rabot, 2010-2013

, Hervé Rabot

— C’était le 11 janvier, n’est-ce pas ? La nuit où je suis né.

— Oh Sal, tu devrais arrêter de m’interroger là-dessus. Ça s’est passé il y a si longtemps, ça n’a plus d’importance.

— Pour moi, si, tante Clara. Et tu es la seule à pouvoir me le raconter. Tu comprends ? Tu es la seule, tante Clara.

— Tu n’as pas besoin de crier. Je t’entends parfaitement, Salomon. Pas la peine de me bousculer ni de dire des gros mots.

— Je ne te bouscule pas. J’essaie simplement de te poser une question.

— Tu connais déjà la réponse. Elle m’a échappé il y a un instant, et maintenant je le regrette.

— Tu ne dois pas le regretter. L’important, c’est de dire la vérité. Il n’y a rien de plus important.

— C’est que ça paraît si… si… je ne veux pas que tu penses que j’invente. J’étais près d’elle dans sa chambre cette nuit là, vois-tu. Molly Sharp et moi, nous y étions toutes les deux, on attendait l’arrivée du docteur, et Elisabeth criait et se débattait si fort qu’il me semblait que la maison allait s’écrouler.

— Que criait-elle ?

— Des choses affreuses. Ça me rend malade d’y penser.

— Raconte-moi, tante Clara.

— Elle criait tout le temps : « Il essaie de me tuer. Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. »

— Elle parlait de moi ?

— Oui, du bébé. Ne me demande pas comment elle savait qu’il s’agissait d’un garçon, mais c’est comme ça. Le moment approchait, et toujours pas de docteur. Molly et moi, nous tentions de la faire s’étendre sur son lit, de la cajoler pour qu’elle se mette en bonne position, mais elle refusait de coopérer. « Écarte les jambes, on lui disait, ça fera moins mal. » Mais Elisabeth ne voulait pas. Dieu sait où elle trouvait tant d’énergie. Elle nous échappait pour courir vers la porte, et répétait sans cesse ces hurlements terribles : « Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » Finalement, nous l’avons installé de force sur le lit, je devrais plutôt dire Molly, avec un petit peu d’aide de ma part — cette Molly Sharp était un bœuf — mais une fois-là, elle a refusé d’ouvrir les jambes. « Je ne le laisserai pas sortir, criait-elle. Je l’étoufferai d’abord là-dedans. Enfant monstre, enfant monstre. Je ne le laisserai pas sortir avant de l’avoir tué. » Nous avons voulu l’obliger à écarter les jambes, mais Elisabeth se dérobait, elle ruait et se débattait, tant et si bien que Molly s’est mise à la gifler — vlan, vlan, vlan ! aussi fort qu’elle pouvait — ce qui a mis Elisabeth dans une telle colère qu’après ça, elle n’a plus été capable que de hurler comme un bébé, le visage tout rouge, avec des cris perçants à réveiller les morts.

— Bon Dieu.

— De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de pire.

— C’est pour ça que je voulais t’en parler.

— Enfin, je suis tout de même sorti, n’est-ce-pas ?

Paul AUSTER, 1989, Moon Palace, éditions Actes Sud, 1990 pour la traduction française, traduit de l’américain par Christine LE BOEUF.

JPEG - 25.7 ko

alors comme un poisson vivant je remonte à leurs sources bêcheur en rond croyez-moi en cet appel un peu con encore fondu expert au fromage du jeu et de la réalité comme l’ours à la cote des tricots de l’esprit folio essais premier dépôt légal dans la collection janvier deux mille deux je louange pas béat l’art des maux qui m’aille à l’orfèvrerie saint-éloitesque des chasses et reliquaires chrétien au vie sous la haute bénédiction de la culotte à l’envers redoublée moi aussi un peu dagobert

JPEG - 34.6 ko

à sa vie non crétin pour autant un peu le suggérait mon père généreux toutefois à la réussite de mon certificat d’études inquiet année chaque pour une progéniture déconcentrée au pays du savoir chaloupé souvent aux devoirs familiaux des lettres maternelles pour le moins classiques des missions éducatives principales je croyais mon père rugueux à l’époque empalée aux principes saint rapporté à quelques fritures de limoges chapelat forgeron jamais fatigué envoyé auprès de bobon royal en la matière m’envoyant citronné pointu loyal aux bonbons acidulés la bite de mon regard amarré aux fruits suggérés d’elles mémorés des paquets mémérés de l’enfance achetés à l’épicerie de campagne mérités d’une course effrénée à vélo de tourisme pas encore là fraisé à leurs sexes

JPEG - 19.2 ko

non aveugles voir sans être caché dieu s’est fait piquer sa caméra dit GW je comme on regarde partout sous toutes les coutures tout à voir de l’ombre en l’extension que je veux aclinique de l’œil qu’est l’appareil je m’évade en cet apocalypse du regard en pleine lumière des prisons fauxculsltiennes prêt aux fers quoique des biens pensants masqués à leurs orgies mentales saint universel guérandé à la déculottée privilégié petite quéquette missionnaire qui se retire au domaine de son sol lit gnac j’abats en une pulsion scopique de premier choix stoïque en la mission d’évangélisation d’un sacré territoire païen les zezettes dit nelly compagne citée verte enfin c’est comme si je n’existe pas dit-elle en campagne toujours à m’élever enfermé au bagne avarié de mon im-monde culture débile à toute relation politique elle tique de trente ans née pas commune comme un bucheron en ces temps forts hachés je steak aux chevets bien crus des conciliantes n’y touchent aux images saintes que j’enchâsse

JPEG - 16.4 ko

sublimes faisons pas moi tout seul monter la louange en une litanie démoniaque de vapeurs clamées à l’assistance chantée au prout de mon insistance pour autrui e dit le petit cochon au tir plus leste à ouvrir les bouteilles que les terroirs de la connaissance répétitives prières en des chapelets d’images apéritives d’elles remontant pas perdu à l’échancrure poison de ma cure je guerline en chœur seulement là c’est tout seul grâce aux ostensions limousines qui communiquent avec la terre pays de l’eau moi le pas très saint martial que je vous éconduit une bonne fois pour toute à nous désaltérer aux offices fumées des saintes invocationnées pour les honorées dis-je prétentieux pas moisies sûr en six cent soixante à l’heure où j’écris les mots croyant ostensiblement à la source comme l’archer zen j’ostendere ma vie attendant le tombeau de mon rayonnement

JPEG - 42.1 ko

ne pas oublier prendre l’abonnement à se mettre au trou jamais normand dans le message de leurs béatitudes de leurs actions de grâces à l’exhibition d’elles protecteur chouchoutées à se montrer ouvertes plaies d’un jeu du visible et du caché ça ne laid pas de la présence et de l’absence de l’apparition et de la disparition abîme avalée sauvage des plis pénétrés vers l’intime sur fond de mélancolie au torticolis aldente de son origine je déplie au doliprane codéiné la mémoire géologique moirée crochue aux draps froissés de la relation entre le corps et la terre craquelée de l’esprit j’écarte au forceps de l’urgence la connaissance endormie de l’oubli aux taies d’oreiller j’épie les intimes pliures caquetantes sur les traces d’une vie zippée entre intériorité l’autre en face sillon suggéré tracé d’un mental éclair à la fermeture du mi-lieu tout le monde s’est mis au vert mine de rien dit l’historien MP

JPEG - 33 ko

moi je dis elles de tout se montrent ouvertes en un étalage indiscret séismique de leur avantage cherchant se faire à elles-mêmes seulement remarquer d’abord je partage la même faiblesse à venir en d’autres images pour la couleur qui cache bien au tapis vert des dés je tais mes numéros en rendent plus d’un de rage à la roulette de leurs classes colorées pivert je bec les poubelles que je cherche dans ma tête que je voudrais nature je chine proprement contrairement aux apparences d’encre comme le beurre au palais de ma grand-mère au gosier vert de rouge à mon enfance fermée aux bocages normands c’est une sacré paire de manche cette passion vertueuse pour la peinture si petite même photographique endimanché tous les quinze jours à la campagne entubé à la liturgie de cette couleur moyenne ramonée aux messes ordinaires de saint jean aussi des champs toujours pleuvait bon seulement en ces temps les pommes acides les vaches aux prénoms tachées marron maintenant déplacé de ce contexte bouché en ces célébrations fermentées pastorales je cidre au vert broutant je trinque à leurs prairies appétissantes sans morale abêtissante certains exigent d’être certifié de la mienne eux tringlés à la

JPEG - 14.8 ko

pornographie infalsifiable de leur carte de pensée jamais à celles sacrées d’une trop pure obscénité je les chaine à leur purin d’idées me met à votre service en ces beaux vices cieux bleus eaux vertes couleurs que je creuse je me comme le journal rend conspirateur de cette fantaisie première du douze juin deux mille dix corrigée deuxième du dix sept aout deux mille onze donc pas la même année pour que vingt et plus se beurre dans la foi à la fête de mes citées tartinées à la table des couleurs ouvertes seulement moi un peu bleu n’en jetez plus à la mère qui aime les eaux troubles pas seulement du limousin je grenouille à elles en cette posture épinglée au tableau de la transgression je brèche les digues qui rompent à la turbulence d’elles pas délavées à la lumière de la publicité aux pieds de ma mandarine maltaises pas artificielles d’aise aux lumières poisons corrosives le t’outvert s’efface tout bon le premier aux regards chimiques des cons gelés pas embrasés à son exposition je tends au fil à plomb les cibles sacrifiées en cette époque modélisée aux papiers peints pochés de veaux moutons et moutonnes paissant le convenable

JPEG - 21.3 ko