samedi 1er octobre 2016

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La photo, une image à commenter

Interview de Mme Dominique de Font-Réaulx 2/2

, Dominique de Font-Réaulx , Hervé Bernard et Jean-Louis Poitevin

Dans le seconde partie de l’entretien que Madame Dominique de Font-Réaulx, Conservateur général, directrice du musée Eugène-Delacroix a accordé à TK-21 LaRevue elle évoque avec une liberté de ton tout à fait joyeuse aussi bien des questions relatives à l’histoire de la photographie, son domaine de prédilection que des questions relatives notre rapport actuel aux images photographiques.

Interview de Mme Dominique de Font-Réaulx, 2/2, la photo, une image à commenter from BERNARD Hervé (rvb) on Vimeo.

En partant de la consubstantialité entre image et subterfuge au sens ou le subterfuge est co-essentiel au théâtre, elle nous raconte comment la convention de la perspective hérité de la peinture aurait pu être abandonnée, qu’elle ne l’a pas été et qu’elle a en fait modifier le rapport que la peinture entretenait avec ses sujets, ses thèmes ses motifs.

En nous expliquant comment le portrait est au cœur de la « révolution » sociale à laquelle la photographie donne lieu, elle interroge pour nous aussi bien la réalité nécessairement composite d’une image comme celle du petit Aylan dont le cadavre sur la plage de Lesbos a suscité tant de commentaires, que le statut et la fonction des selfies en particulier auprès des jeunes gens.

Alors, c’est toute la question de ce qui fait notre identité qui se trouve mise en perspective et nous voyons que malgré les avancées techniques, nous en savons toujours aussi peu sur nous-même. Nous sommes toujours hantés par le fait de donner à travers un choix d’images finalement restreint une image de nous-même qui corresponde à celle que flatteuse, mais inexacte parce que partielle, nous nous faisons de nous-même.

De l’image au quotidien à celles qui sous le nom de peintures vivent dans les musées, nous n’avons toujours pas su faire le pas qui nous conduirait à un apprentissage ouvert mais réel de la lecture des images.

Car aucune image ne trouve sa place en nous si elle n’a pas été accompagnée par les mots qui la commentent. Seuls ces mots nous permettent d’en ingérer et d’en intégrer les effets. Car l’image toujours reste un choc que seuls les mots, actifs dans notre chair même, nous permettent de transformer en une partie vivante de nous-même.