dimanche 15 décembre 2013

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Epithapheïon

, Werner Lambersy

Je fus poète
Qui le saura
Ça ne fait rien
Je fus poète

Si tu viens pour prier
Qu’il te suffise de rire
Pour te moquer de toi
Si tu crois les prières

Si vous voyez mon chat
Ne le chassez pas d’ici !
Je n’ai rien d’autre à dire

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Elle éleva seule
Ses trois enfants
La misère seule
Resta un amant

Fonctionnaire général
Des impôts, ma place
Ne devrait pas être ici

Vous m’avez vu écrire
Et cessant d’écrire, la
Mort a choisi pour moi

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J’étais ton épouse
Fidèle, ton esclave
Soumise : me voici
Jalouse la mort est
Une femme qu’on
Dit de mauvaise vie

Même cette pierre
J’ai dû l’emprunter
C’est pourquoi mon
Nom n’y figure pas

J’ai connu Alexandre le
Grec. Alexandre le Grec
M’a-t-il connu ? La mort
Seule gardera le secret

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Il était pauvre
Et vieux, il respectait
le vin, plus que le vin
ne l’a respecté

Si cette tombe paraît
Si petite c’est qu’une
Petite fille voulait sa
Poupée à côté d’elle

A voir tant d’hommes
En tuer tant d’autres
Il tua Dieu puis se tut

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Maîtres éclusiers et
Gardiens de phares
Ont disparu ; je suis
Venu pour être seul

Démétrius n’eut que
Des filles c’est donc
La dernière fois que
Vous verrez ce nom

J’ai demandé que l’on
M’oublie ; c’est inutile !
Ici, la mort ne célèbre
Jamais qu’elle-même !

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Passants ne pleurez
Pas ! Trois fois je fus
Marié. Enfin, plus de
Mots, sauf le dernier

J’allais sur les 100
Ans et fis tailler ce
Marbre mais je ne
L’ai pas vu achevé

Je fus soldat et
J’avais 20 ans : mères
N’enfantez pas

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Invisible en vivant
Voici qu’on s’arrête
Pour relire qui est
Cet homme inconnu

Ne passez pas
La frontière il n’y a
Rien à voir, tout
Est ici devant vous

Ce fut une belle fête
Qui dura longtemps
Puis ce fut la gueule
De bois pour toujours

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