jeudi 30 juin 2016

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Entretien avec Maurice Mimoun, Corps et identité 2/2

, Hervé Bernard et Jean-Louis Poitevin

Le professeur Maurice Mimoun nous a accordé en mars 2016 un long entretien dont nous publions aujourd’hui la seconde partie.
Conférencier, écrivain mais aussi développant une pratique de photographe, Maurice Mimoun est chef du nouveau service de chirurgie plastique, reconstructrice, esthétique et de brûlologie de l’hôpital Saint-Louis de Paris

Corps et Identité, Entretien avec Maurice Mimoun 2/2 from BERNARD Hervé (rvb) on Vimeo.

Dans cette seconde partie Maurice Mimoun évoque avec précision ce qu’il en est de l’image de soi. À partir d’une réflexion sur le corps comme ensemble de parties dont certaines peuvent venir à manquer, il évoque aussi la situation inverse, celle où une partie du corps a fait défaut dès la naissance et où alors le manque ne se fait pas sentir, l’élément absent n’ayant pas été inscrit sur la carte mentale que chacun a de son corps.

Se fait jour alors une sorte de conflit dont chacun de nous est l’otage mais qui affecte bien plus directement tous ceux qui ont affaire directement au regard des autres, la relation à trois qui détermine notre identité, entre celui que nous croyons être, celui que les autres disent voir et celui que nous voulons être pour répondre à la demande, voire à l’exigence des autres.
L’identité étant donc une question de contexte, elle n’est jamais acquise, la pression des autres pouvant changer dans l’histoire de chacun. Et c’est à cela qu’il fait face quand on vient le voir pour lui demander de changer de tête ! Nous ne sommes des monstres que dans le regard des autres ou en fonction de ce regard.

C’est bien ce que le photographe Joel-Peter Witkin montre dans ses photographies, lui qui a fait de la rencontre avec la monstruosité sa marque de fabrique, comme en témoigne l’entretien qu’il a accordé à TK-21 LaRevue et qui a été publié dans le numéro 44.

Le second moment important de cet entretien porte sur la question de l’éternité et de la possibilité aujourd’hui de pouvoir non seulement imaginer, on l’a fait depuis toujours mais raisonnablement penser qu’il sera d’ici peu possible de vivre éternellement.

La transformation de soi n’étant qu’un aspect de la transformation du monde qui l’entoure, activité à laquelle l’homme s’adonne depuis qu’il existe, l’accès à une vie longue voire éternelle, en tout cas rapportée aux critères qui sont les nôtres aujourd’hui pour évaluer la durée de la vie, constitue une donnée qui va modifier profondément notre rapport à nous-mêmes et aux autres.
Ce sont les yeux des enfants, ces yeux qui l’ont conduit à agir dans le cadre de missions humanitaires, qu’évoque pour conclure Maurice Mimoun, message profondément optimiste, tant il est vrai que sans ce regard de l’autre, des autres, la vie n’aurait pas de sens.