dimanche 21 décembre 2014

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Dix 10

Un voyage au cœur de la production de l’art

, Jean-Louis Poitevin

Si vous arrivez quelque part, chez des gens qui collectionnent ou rassemblent des œuvres d’art ou dans un lieu quelconque et que vous voyez un Dix 10, vous ne pourrez le confondre avec aucune autre œuvre d’aucun autre artiste.

Si vous arrivez quelque part…

Si vous arrivez quelque part, chez des gens qui collectionnent ou rassemblent des œuvres d’art ou dans un lieu quelconque et que vous voyez un Dix 10, vous ne pourrez le confondre avec aucune autre œuvre d’aucun autre artiste. Il vaut mieux dire un Dix 10 plutôt qu’une œuvre de Dix 10, car au fond, le carton peint par exemple que vous pouvez voir devant vous, n’est qu’un élément qui a été extrait de ce qui constitue l’œuvre véritable.

Ce n’est pas l’exposition non plus qui, comme on pourrait le croire trop vite, constituerait l’œuvre par un jeu de passe-passe. Pour les deux artistes qui forment depuis 1982 le groupe Dix 10, Roma Napoli et JJ Dow Jones, l’œuvre est un processus. Plus exactement, c’est l’ensemble du processus qui va de l’idée à la production et à la mise à disposition de ce qui a été produit dans un lieu qui, quel que soit sa fonction d’origine, galerie, appartement ou musée, est transformé pour l’occasion en boutique.

Un Dix 10 se caractérise par la présence de trois éléments visuels, un élément peint, apparaissant souvent dans un cadre peint sur le support, les mots servant à désigner l’objet représenté et le signe mathématique de proportion 10/10. Ce n’est donc pas ce dernier qui constitue à lui seul la signature de Dix 10 comme on pourrait le penser, mais bien l’articulation des trois éléments : la chose représentée, les mots qui la désignent et ces deux chiffres. Ces deux chiffres sont séparés et unis par une barre qui désigne une proportion et implique que par un calcul mental implicite nous l’accomplissions. Nous pensons alors 10/10 égal 1, mais dans le même temps nous associons ce signe à ce qu’il signifiait lorsqu’on allait à l’école primaire, il y a longtemps, c’est-à-dire l’excellence.

Chez Dix 10, l’œuvre est donc un mélange complexe, la signature en faisant partie intégrante sans être le moyen par lequel un sujet créateur affirme en être l’auteur. C’est pourquoi il nomme cela prodige !

L’ensemble des paramètres de Dix 10 est en place lors de leur première grande action, le supermarché de l’art qui se tient en janvier 1983. Pendant les six mois qui précèdent ils se sont attelés à produire plus de quatre mille œuvres. Cela représente en fait six mois de travail acharné. Les œuvres consistent en des éléments peints sur carton et emballés par eux sous plastique. Chaque œuvre « représente » un objet, un produit ou un aliment et l’ensemble constitue un véritable supermarché, c’est-à-dire qu’on peut y retrouver tout ce que l’on trouverait réellement dans un tel endroit.
Ils ont pris possession d’un atelier sis au 74 rue de la Verrerie à Paris et y ont installé sur deux étages des bacs dans lesquels étaient entassés, en vrac le plus souvent, les « peintures » des divers produits.

À la caisse, bien sûr, il y avait Roma Napoli et JJ Dow Jones. Leur intention était avant tout de montrer que la vie et le travail de l’artiste ne s’arrêtent pas une fois les « tableaux » peints. Pour eux, les artistes travaillent aussi pendant l’exposition.
Non seulement cette exposition a été un succès, puisqu’ils ont tout vendu, mais il ont trouvé des acheteurs qui ont joué le jeu. Ainsi quelqu’un est-il venu chaque midi acheter son repas sous forme de cartons sous cellophane sur lesquels pouvait être peint et écrit, beefsteak, carottes, tomates, ou boisson par exemple.

L’œuvre n’est pas le tableau

Avant d’en venir au prodige proprement-dit, il est important de rappeler ici quels étaient et quels sont encore aujourd’hui les partis-pris concrets qui font une œuvre de Dix 10.

Le premier point consiste à répondre à une sorte de sollicitation du monde environnant. C’est une manière simple et efficace de se situer dans le courant, non pas celui de la mode, mais bien celui du monde, de ce qui s’y passe, de ce qui l’agite, le transforme, le fait. C’est une manière d’affirmer que l’art ne peut ni ne doit être hors du monde, mais tout autant que sa manière d’être dans le monde est une manière distanciée, critique et pour Dix 10, humoristique.

Le deuxième point, c’est le choix de la présentation des « œuvres ». Bien sûr, Dix 10 produit des œuvres, mais ils choisissent dès le supermarché de l’art de NE PAS les montrer accrochées au mur. Ils refusent cette confrontation qui passe pour être l’une des conditions de la reconnaissance d’une œuvre ou d’un objet comme objet d’art, à savoir qu’il soit accroché au mur et présenté frontalement à un spectateur. L’art de Dix 10 n’est pas un art pour spectateur, mais pour les consommateurs du XXe siècle, pour le public. Les œuvres d’art doivent se glisser dans la vie comme eux se glissent dans le flux du monde

L’œuvre n’est pas le tableau. Elle est l’ensemble du processus vivant qui conduit de la production à la vente et à la dispersion. Et s’il y a bien des œuvres, ce sont littéralement des morceaux que l’on extrait de ce grand flux de production pour les faire entrer dans un nouveau circuit.

Le troisième point, c’est le choix de leur nom qui fonctionne comme un signe complexe composé de chiffres et de lettres, mais surtout comme le nom d’une marque et le logo de cette même marque. Faire de l’art, c’est se confronter aux exigences et à la domination du marché par des formes d’échange complexes. En aucun cas, l’art ne peut pouvoir prétendre échapper aux circuits marchands. Il y a une hypocrisie absolue qu’ils entendent dénoncer non par des mots mais par leur pratique même.

Le quatrième point c’est la remise en cause du statut de l’artiste comme ego dominator, maître de lui-même et de ses productions, qui ne peuvent et ne doivent refléter que les secrets de l’âme de leur créateur. En formant un groupe de deux personnes, en réalisant des œuvres dans un NON STYLE manifeste empruntant aux mouvances de l’époque sans pour autant les copier mais les mimant de manière ironique et distanciée, Dix 10 ne garde rien de la figure ou de la stature de l’artiste dans sa manière d’envisager sa position et son devenir. Signe de cette position, le fait qu’ils réalisent leurs œuvres avec un sens très précis d’un certain laisser-aller qui, vu sur vingt-cinq ans, révèle une réelle maîtrise.

Le cinquième point tient en la critique de la représentation. En effet, ce qui caractérise une peinture de Dix 10, c’est le fait qu’elle ne représente pas des objets. En ce sens elle n’est pas figurative. Certes vous pourrez voir peint sur le carton sous cellophane que vous avez pu acheter au Supermarché de l’art, des tomates ou un aspirateur, une bouteille d’eau ou un morceau de réglisse, mais ce qui est peint ne représente pas la chose ou l’objet lui-même. C’est l’image de cette chose telle qu’elle apparaît par exemple dans la vitrine ou dans le présentoir qui est en jeu. De plus, à cet objet peint est associé son nom, ou plus exactement sa désignation linguistique. Pour Dix 10, la représentation en tant que telle n’existe pas, en tout cas dans notre fonctionnement psychique. C’est pourquoi ils choisissent de mettre en relation sur la surface peinte, non tant le mot et la chose, que la présentation, sur une surface, de l’image de la chose telle qu’elle est présente comme marchandise, et de sa désignation. Pour Dix 10 la conscience d’être dans le langage est primordiale et ils entendent, eux, ne pas l’effacer du champ de la représentation. C’est aussi une manière de marquer la supercherie qui anime notre croyance en une représentation « pure », déliée de tout lien avec les mots.

L’art de Dix 10 est un art de la conscience pour la conscience.

Alors même que se mettait en place une nouvelle forme de société, née sur les cendres du double drame d’Hiroshima et des camps d’extermination, on a vu apparaître, parée de nouveaux atours, la marchandise, nom générique qui commençait à devenir celui de chaque chose. En elle se trouvent synthétisés les quatre pôles qui faisaient l’œuvre et c’est sans doute à cela qu’elle doit sa puissance irrésistible de fasciner les foules comme les individus. C’est en son nom en effet qu’ont été commis les crimes qui ont jalonné l’histoire de la planète depuis lors. Elle est surtout le masque derrière lequel chaque chose, chaque pratique, chaque individu, chaque geste a dû se réfugier s’il voulait continuer à exister dans le flux des échanges. C’est alors que le peuple a commencé à disparaître derrière le masque insécable du public. C’est au public que Dix 10 a décidé de s’adresser.

Le prodige, l’artiste

Le prodige est leur réponse à cette situation. Il ne faut pas s’y tromper, le prodige n’est pas un autre nom pour œuvre d’art, mais le nom de ce dispositif complexe qui caractérise chaque item produit par Dix 10. C’est donc le nom de ce qui en chacun d’eux en fait à la fois une présence et une absence, la désignation d’une chose qui en fait à la fois un objet et un symbole et qui comme objet se voit diminué de sa dimension de signe et comme signe diminué de sa dimension symbolique, mais qui comme unité des trois est un élément qui exprime l’idée même de valeur. Or l’enjeu pour Dix 10, c’est d’exprimer l’inquantifiable de toute valeur dans le moment où elle se manifeste comme le masque qui préside à l’infinie mascarade du monde de la marchandise.

Voir un Dix 10, c’est donc être confronté à la complexité de ce jeu entre une forme dessinée qui n’est pas celle d’un objet mais celle d’un objet présenté comme marchandise et son nom, entre ce nom et le signe de la valeur qui est aussi nom, logo et signature. C’est devoir reconnaître l’existence d’une multiplicité d’entrée dans la signification possible d’un objet et ne jamais pouvoir la refermer sur une signification ou un symbole unique qui serait le garant et de l’unité du sujet et de l’unité de l’objet.
Dans un texte intitulé Étant le prodige, Dix 10 remarque aussi que « l’artiste tel le géant Sisyphe est le forçat de l’absurde et c’est bien toujours déjà le paradoxal de la catastrophe qui énonce le motif fascinant qui attend dans le miroir ».

Être artiste, c’est moins briser le miroir qu’en déplier l’infinité des facettes. Au même titre que le monde marchand multiplie les facettes de la marchandise, en essayant de nous faire croire à sa diversité réelle et de nous empêcher d’accéder à l’évidence de son unité tyrannique, Dix 10 déploie l’infinité des facettes de la production artistique sans cesser de nous montrer l’unité incernable mais réelle qui existe dans ses reflets indéfiniment diffractés. Cette unité n’est pas celle du mot ou de l’image, du nom ou de la forme, mais celle de leur entrelacement sans fin défait et sans fin recomposé.

Buren à l’envers

Si toutes leurs expositions ont lieu dans des boutiques, ils feront une exception pour répondre à la proposition de Lidwij Edelkoont, une créatrice de cahiers de tendance qui leur proposera d’exposer dans un appartement. Cette année-là, la polémique fait rage autour des colonnes de Buren. Soutenu par le ministre contre les opposants de tous bords, Buren est sur toutes les langues. Dix 10 se glisse dans la polémique en exposant des lithoraphies de Buren. Ce sont de vraies fausses lithographies, vraies dans la mesure où chacune est une œuvre unique réalisée par Dix 10 et fausses dans la mesure où, outre l’aspect singulièrement ivre des bandes qui sont la marque, le logo et la signature de Buren, ce ne sont pas des lithographies de Buren, mais bien des lithographies de Dix 10 jouant avec « l’image » de Buren.

Il ne pouvait en aller autrement : Buren a essayé de les poursuivre à cause de l’usage non autorisé de son nom, mais il a fini par abandonner. Que prouver face à de telles œuvres qui à l’évidence sont des œuvres qui ne peuvent pas être de lui précisément parce que désignant leur auteur supposé, elles indiquent alors qu’il ne l’est pas.

L’importance de ces lithographies de Buren tient en ceci qu’elles redoublent dans l’ironie le jeu complexe du représenté, du signifié et du signifiant qui est le sujet même de la réflexion et des œuvres de Dix 10.

Le ressort de ces œuvres, c’est bien sur le jeu avec les mots, le jeu sur leur signification. En fait, deux « propositions » peuvent être, séparément, vraies et fausses à partir du moment où elles sont mises en relation. Dix 10 fait en quelque sorte jouer le principe de non-contradiction contre lui-même. Ces œuvres ne sont pas des lithographies de Buren mais des œuvres originales de 10/10. Elles sont en effet signées par Dix 10 et il est, de plus, manifeste qu’elles ne sont pas de Buren et pourtant, ce qui est écrit sur l’œuvre même atteste de la véracité de ce qui s’y trouve représenté. Et les éléments plastiques tendent à accréditer la véracité des mots, on dirait bien du Buren, à cause des bandes, et en même temps il reste impossible que ce soit du Buren, dans la mesure même où ces bandes qui l’évoquent ne ressemblent pas à de vraies bandes de Buren.

Mémoire, art, histoire

La fonction de la mémoire reste une constante dans leurs œuvres et l’exposition Mémoire vive, qui a lieu à Clermont-Ferrand en 1999, en témoigne. Ces fragments de fresque peints sur du marbre cassé représentent en effet les traces encore vivantes de morceaux de passé disparus. Une telle exposition est à mettre en relation avec celles qui concernent par exemple les artistes morts, comme Modigliani, Beuys ou Duchamp.

Le questionnement sur la mémoire est en fait une manière d’interroger la question centrale de cette époque, celle de la narration. En effet, deux camps se sont opposés durant les deux dernières décennies de la fin du XXe siècle. Il y avait d’une part ceux qui, pour des raisons souvent très éloignées, s’opposaient à la narration comme moteur, sinon principe, des œuvres d’art et ceux, moins nombreux à l’époque, qui maintenaient la nécessité de faire exister une œuvre dans un cadre narratif plus large. Dix 10 a en quelque sorte opté pour le camp de ceux qui étaient opposés à la présence d’éléments narratifs dans les œuvres, mais dans la mesure même où ils reconnaissaient l’existence d’une sorte de méta-narration qui était l’histoire même.
Cette complexité se retrouve dans leur dispositif. En effet, s’ils refusent l’idée qu’une œuvre, un tableau ou un dessin, soit narrative, parce que finalement le récit ne mène à rien, même si finalement il faut bien reconnaître qu’un témoignage est narratif, ils reconnaissent que la narration est dans l’installation parce que l’installation relie grande et petite histoire. L’installation, et n’oublions pas que l’œuvre pour Dix 10 c’est l’exposition dans son ensemble, est donc narration, mais l’œuvre, au sens de l’élément vendable qu’on peut extraire du flux, y échappe dans la mesure même où, étant acquise par quelqu’un, elle est extraite du cours de l’histoire.

Le tableau acquiert ainsi une fonction particulière, celle d’être une sorte d’entité concrète et abstraite à la fois, la forme de la conscience à laquelle celui qui a acquis le tableau sera confronté en tant qu’il est lui-même une conscience en devenir.
Ne pas tenir l’œuvre matérielle, le tableau, le dessin, pour le « lieu » même où se croisent l’histoire et la conscience, mais pour un fragment de conscience extrait du cours du temps, c’est cela qui caractérise la position de Dix 10 et qui contribue à la fois à la puissance de leur œuvre et à sa singularité.

Utopie, Dystopie, Ultratopie

Pour leur avant-dernière exposition en date, dans la galerie Le cabinet d’amateur avec laquelle ils travaillent régulièrement ces dernières années, Dix 10 a tenté une excursion dans un domaine radicalement nouveau non plus en reliant les œuvres à une question d’actualité, mais en les faisant naître d’une réflexion et d’un concept qu’ils ont inventés, celui d’ultratopie. Cette notion se situe à l’exact point de disjonction entre celle d’utopie et celle de dystopie.

Une dystopie est en fait une contre-utopie, c’est-à-dire un récit de fiction dans lequel est décrite une société imaginaire, qui est organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres non seulement d’atteindre le bonheur mais qu’elle les prive de toute possibilité de penser voire de vivre le bonheur. L’enjeu est bien sûr à travers de telles descriptions de mettre en garde le lecteur contre l’avènement d’une telle société.
La dystopie, qui présente donc un monde sous ses pires aspects, s’oppose à l’utopie qui présente, elle, un monde censé être parfait et dans lequel règne l’harmonie.
Mais l’ultratopie, elle, tente de nous montrer en quoi la vie que nous connaissons pourrait être simplement différente et meilleure.

L’ultratopie de Dix 10 est une sorte de matrice non pas tant de plaisir ou de jouissance sans limite, que d’attention imaginante portée à l’autre ou aux autres par le biais de l’humour, de la distance critique et de la modification par petites touches des composants de la réalité. Ainsi, des objets du quotidien nous sont-ils présentés sur de petits tableaux, morceaux de papiers peints accrochés sur un morceau de bois et affublés de mots ou d’expressions, de destinations ou de fonctions nouvelles. Ce rapport entre mot et chose ici n’est plus seulement de l’ordre de la désignation, le bouquet de fleurs étant nommé bouquet de fleurs, mais bien de l’ordre de la proposition, la boussole par exemple ayant sur son cadran des mots comme ceux d’absolu ou de plaisir par exemple.

La relation entre le mot et la chose est donc sensiblement plus riche dans l’ultratopie et elle met en branle l’imagination. Mais elle permet aussi de désigner des « états » mentaux ou comportementaux qui nous rapprochent de l’autre et qui correspondent à des sortes de moments précieux de calme absolu ou en tout cas font signe vers eux.
La désignation est à la fois signifiante et sans but, aléatoire et efficace, ouverte et précise. Ce qui est visé, c’est l’autre en tant que destinataire de l’attention et facteur déclenchant dans la révélation des possibles contenus dans les situations.
On se trouve donc avec ces œuvres les plus récentes dans une situation où tout Dix 10 est présent, où rien n’a été renié de la méthode ou de la manière et pourtant on est face à une mutation profonde et significative de l’œuvre.

Dix 10 a basé sa démarche sur le refus du nom propre et, on le sait, les noms de Napoli Roma et de JJ Dow Jones sont évidemment des noms d’emprunt. Ce refus était l’expression non tant d’une posture que d’un mode de vie. Ils étaient déjà des artistes avant Dix 10 et avaient atteint un niveau d’exigence formelle. En renonçant à leur nom de famille comme artistes, ils ouvraient la porte à l’exercice de la puissance du langage non seulement dans l’œuvre d’art mais dans la vie même. C’est ce renoncement qui revient se manifester ici comme puissance créatrice multipliée par celle du langage qui est et reste notre seul « site », et par celle de l’attention à l’autre qui est notre seule chance de faire exister du bonheur dans cette vie.

Chacun de ces tableaux d’Ultratopie est une sorte de cadeau possible et de cadeau du possible que nous pouvons nous faire les uns aux autres. C’est en tout cas la proposition de Dix 10 de faire jouer le langage au-delà de ses limites et de lui faire rencontrer non plus la seule désignation d’une forme représentée mais la désignation d’un devenir possible. L’œuvre rejoint l’histoire en épousant au plus près le flux même du temps.

Dix 10 un art conceptuel pour tous
Roma Napoli et J.J. Dow Jones SOMOGY editions d’art
www.dix10.net
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