dimanche 30 octobre 2016

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Dé-Croire : une conclusion

, Jean-Louis Poitevin

Dans ces deux courts texte Jean-Louis Poitevin émet un double message. Le premier vers la terre où la création semble prise dans la boucle rétroactive d’une dénonciation permanente d’impossibilités fictives, et un autre vers la terre encore en prenant non le point de vue du cosmos mais celui de l’envol. Ce qui conduit à constater combien même si l’on se projette dans des conditions d’ouverture, l’exfiltration hors des zones de combat semble extrêmement difficile.

Description d’une œuvre

Dans cette œuvre (radicale) aux accents radicalement subversifs, la honte semble bue et les excès devenus chose commune. La subversion, quotidienne, une orgie de mots dans un jardin d’images qu’on piétine pour avancer, ne sert de schéma d’orientation qu’à ceux qui cherchent encore la sortie.
Sur les visages devinés, mais peut-être ne s’agit-il pas de visages, jouir est une activité bizarre, à somme nulle, presque cohérente avec le ciel sombre, mat.
La difficulté d’établir une cartographie précise des lieux, pourtant surexposés, rend une telle production unique dans le paysage de l’attente généralisée.
Il nous faut tendre l’oreille pour entendre les chuchotements dans une bande son terriblement criarde. En vain cherchons nous à reconnaître quelque chose, tout est trop familier et donnerait presque envie de vomir.
Car tel est l’enjeu réel de cette œuvre, nous montrer qu’il est possible de parvenir à la beauté par l’estomac vidé. Oui, tel est le sens ultime de cette œuvre enfin accessible à un large public.

Quand l’immensité tente de joindre la terre, envois de messages subliminaux, tempêtes gravides, circulations d’atomes ambiguës, carrefours éclatés en myriades de fleurs étoilées, les destinataires reculent et s’enfoncent dans leurs grottes de carton mental.
Quand les pleureuses éclaboussent les rues poussiéreuses de leurs stridences assouplies, le bruit des balles charcute le vide d’un répons amplifié.
Situation sans énigme, même si on s’attendrait plutôt à ce que la terre émette vers le ciel, pas d’effet miroir, ni de reflet.
Les dents gigantesques et acérées que cultivent les hommes dans les villes ne suffisent pas pour mâcher ce qui recule, s’éloigne à chaque pas. Ailleurs, mémoire sableuse, activation salivaire, digestion troublée.
Les doublures se multiplient, les doubles s’absentent. Les enfantements parégoriques ne suffisent plus. Personne ne demande : à quoi ?

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Alain Wagner
OVNI p. 6